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Une motion accentue la tension à Port-Louis

30 novembre 2007, 20:00

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A la ville de Port-Louis, les conseillers municipaux ne sont définitivement pas sur la même longueur d?onde. Lors de la réunion du conseil hier, une motion fortement controversée a été présentée. Face à la résistance, le lord-maire, Fritz Thomas, a dû faire marche arrière et retirer sa motion. Mais ce n?est que partie remise?

«C?est le diktat total. Pourquoi aller jusque-là ? Vous avez été élu démocratiquement et votre première motion bafoue cette élection.» Ehsan Joomun, conseiller municipal travailliste critique ouvertement le lord-maire de la capitale pour avoir présenté une motion lui donnant le pouvoir de prendre des décisions, avec le secrétaire de la ville, sans passer par le conseil municipal.

Quatre autres conseillers critiqueront le lord-maire pour avoir quand même présenté cette motion hier à la réunion du conseil municipal alors qu?il avait été initialement prévu de la laisser tomber. Cela suite au désaccord déjà formulé par des conseillers lors d?une réunion lundi dernier.

<B>«Qui est avec et qui est contre moi»</B>

Jocelyn Gracieuse, conseiller Parti Mauricien Xavier Duval (PMXD), épaule son camarade de conseil. «L?heure est grave. La ville de Port-Louis existe depuis plus de 100 ans et jamais une telle motion n?a été débattue. A chaque fois, quand il y a eu urgence, les conseillers ont toujours répondu présent.»

Mahmade Kodabaccus de reprendre : «Nous avions exprimé notre sentiment lundi. Je m?attendais que, dans un élan de sagesse, cette motion n?allait pas être présentée. Aujourd?hui, je vois qu?elle est même secondée», s?étonne ce conseiller PMXD.

Salim Abbas Mamode avait en effet demandé que «cette motion soit débattue» tout en précisant que «si nous vous avons élu à l?unanimité, c?est que nous avons confiance en vous».

Vu la réaction des uns et des autres, Fritz Thomas finira par retirer sa motion. Après la réunion, ce dernier confiera qu?il reviendra à la charge plus tard, «lorsque les autres seront d?accord». Et d?ajouter, «je me sens plus à l?aise maintenant que je sais qui sont avec et qui sont contre moi».

Quant à Jocelyn Gracieuse, ce dernier devait quitter la réunion avant la fin avec d?autres conseillers. «Nous avons eu à subir des remarques désobligeantes de certains membres du conseil», déclare-t-il pour expliquer son geste.

Hier, le conseil a également élu les présidents et vice-présidents de la dizaine de comités de la ville. Là également, il y a eu désaccord. «C?est la première fois que les mêmes personnes occupent des postes de président et de vice-président. Il n?y a que dix ou douze personnes qui occupent une vingtaine de postes», fait remarquer Ehsan Joomun.

Cet épisode illustre bien la tension et les divergences de vue qui existent au conseil municipal de Port-Louis. La semaine dernière, c?était déjà la vive controverse au moment des élections du lord-maire. Si personne n?a contesté de vive voix l?accession de Fritz Thomas au fauteuil de maire, il y a eu en revanche une polémique autour de celle de l?adjoint au maire. Alors que Sudhir Ramtohul devait être nommé, lors d?une réunion la veille, un ministre travailliste avait dit qu?Ahmed Seegoolam devait être élu.

<B>«Des gens ont crée deux clans»</B>

Le lendemain, des conseillers interrogent le ministre en question pour demander si c?est la direction du Parti travailliste qui en a décidé ainsi. Oui, devait-il répondre. Un autre ministre sera également interrogé sur la question. Celui-ci aurait affirmé ne pas prendre la responsabilité de se prononcer sur la question.

Selon certains conseillers, la source du problème est profonde. «Des gens ont créé deux clans», confie l?un d?entre eux alors qu?un autre soutient qu?en haut lieu, certains «essayent de tirer les ficelles». D?autres controverses se pointent à l?horizon, promettent des membres du conseil.

En attendant, tout au long de la réunion, l?ancien lord-maire, Reza Issack, s?est cantonné au rôle «de simple observateur»?

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