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Une Maison de Pêcheurs à Cap Malheureux

28 novembre 2007, 00:00

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Un quart de siècle s?est donc écoulé depuis l?inauguration des Maisons de Pêcheurs de Tamarin et du Cap Malheureux. Nous attendons toujours le bilan de cette expérience de 25 ans. A-t-elle produit les résultats escomptés et rempli ses promesses ? Bien malin qui le dira. Les résultats, fussent-ils... malheureux, méritent pourtant qu?on s?y attarde. Ne serait-ce que pour connaître les causes sous-jacentes à un tel échec. La Maison des Pêcheurs de Cap Malheureux, en dépit de son état apparent, sinon d?abandon, du moins de léthargie, demeure un bel exemple d?architecture mauricienne, avec sa belle toiture en pente et ses hautes murailles en pierres du pays, aux teintes si chaleureuses.

En novembre 1982, c?est pourtant sous le signe de l?enthousiasme et de l?espoir que se déroule l?inauguration de la Maison des Pêcheurs de Cap Malheureux et que démarrent ses activités.

Kishore Deerpalsingh, ministre de l?Agriculture et de la Pêche, y voit la volonté du MMM-PSM de doter les pêcheurs des moyens de mieux gérer leurs activités. Il remplace, en l?occurrence, le ministre des Coopératives, Harish Boodhoo, souffrant. Il insiste sur le désir gouvernemental de libérer les pêcheurs, comme les petits producteurs, de l?emprise des intermédiaires. Le MMM-PSM veut donner aux coopératives de pêcheurs, d?éleveurs, d?agriculteurs, un nouvel essor. Il souligne l?aide précieuse de la France, dans ce domaine. Il exhorte les pêcheurs, encore sous la coupe des banians, d?adhérer au mouvement coopératif afin de bénéficier de tous les avantages qu?il génère.

La Maison des Pêcheurs de Cap Malheureux possède des équipements sophistiqués, permettant la réception, le stockage et la distribution du poisson dans les conditions les plus hygiéniques. Elle a les moyens de mettre en vente du carburant et des accessoires de pêche. Elle servira aussi de lieu de rencontre et de rassemblement pour les pêcheurs de la côte Nord, autrement dit du Trou d?Eau Douce à la Pointe aux Piments.

La France finance à 100% sa construction, en vertu d?une convention, signée le 21 octobre 1981. Elle est d?une valeur de 1,5 million de francs. Le précédent ministre de la Pêche, le travailliste Iswardeo Seetaram, en pose la première pierre. L?architecte Jacques Wiehé se charge de sa conception et de ses plans. Le coopérant français Arthémy Lund, l?ingénieur Iqbal Limbada et l?expert français Jean Gauché l?aident dans sa tâche. Elle est construite par SMEG et Doger de Spéville. Elle couvre une superficie de 250 mètres carrés. Le bâtiment comprend un groupe électrogène de secours, des équipements de climatisation, une machine à fabriquer des paillettes de glace, une chambre froide. Elle doit encore recevoir un véhicule isotherme, une seconde chambre froide et un fumoir à poisson. Elle concerne sept coopératives, comprenant un total de 220 pêcheurs. Leur production annuelle est d?une centaine de tonnes. Un congélateur aidera à conserver les prises de poisson.

La Maison des Pêcheurs de Cap Malheureux abrite, peu après son inauguration, son premier séminaire. Les pêcheurs participants reçoivent une allocation journalière de Rs 40. Il y est notamment question du rôle des coopératives des pêcheurs, des ressources marines dans et hors lagon, la réparation et l?entretien des moteurs, les soins et le sauvetage en mer.

Participent à l?inauguration de la Maison des Pêcheurs de Cap Malheureux, l?ambassadeur de France, Henri Bernard, son chef de mission de coopération, Albert Salon, les représentants du PNUD et de la Fondation Friederich-Ebert, MM. B. Bannismah et D. Freers, le ministre de Rodrigues et des Iles, Serge Clair, les députés Madan Dulloo et Armoogum Pursuramen, les secrétaires permanents Régis Yat Sin (Agriculture) et Philippe Chan Kin (Coopératives) l?expert Jean Gauché.

Pour en revenir à l?absence apparente de bilan officiel sur les 25 premières années d?existence de la Maison des Pêcheurs de Cap Malheureux et ne rien dire de l?absence de toute célébration commémorative pour mettre en exergue le premier jubilé d?argent de cet organisme, déplorons, une fois de plus, l?absence de tout rapport annuel, permettant au public et à l?opinion, via cette presse tant décriée, de pouvoir surveiller le bon ou mauvais fonctionnement d?un service public, utilisant peut-être l?argent des contribuables ou ne produisant pas les revenus financiers escomptés. Politiciens, syndicalistes, forces vives et mêmes journalistes sont à l?affût des détenteurs d?un bail, leur permettant d?occuper des terres de l?Etat, au bord de mer. Plus rares sont ceux à se préoccuper de la sous-utilisation désespérante des bâtiments publics et des terres de l?Etat, pieds dans l?eau, dont des écoles et les fameuses Maisons des Pêcheurs. Les princes qui nous gouvernent voient malheureusement comme une intolérable ingérence la volonté publique à s?intéresser au bon fonctionnement d?un organisme, appartenant pourtant au peuple de Maurice. Et ils osent ensuite se prétendre les bons apôtres de la démocratisation économique. C?est causer pou la bousse pas pi !

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