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Les esprits s?échauffent lors de la PNQ

28 novembre 2007, 00:00

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La Private Notice Question (PNQ) s?est déroulée hier de manière fort inhabituelle. En temps normal, cette séance dure 30 minutes, durant lesquelles le ministre interpellé répond à la question à partir d?une réponse écrite déjà préparée par ses officiers. D?ordinaire, les réponses écrites sont longues, pour que cela laisse très peu de temps aux députés de l?opposition de poser des questions supplémentaires qui peuvent être embarrassantes.

Or, hier, le Premier ministre (PM) répond à la PNQ de Paul Bérenger dans un temps record de trois minutes. Et, en réponse aux questions supplémentaires du leader de l?opposition qui fusent, le Premier ministre garde un ton conciliant. Ses réponses restent brèves et ne provoquent pas beaucoup de réactions.

Jusqu?au moment où Paul Bérenger revient sur sa demande d?instituer une commission d?enquête pour faire la lumière sur les allégations de demandes de protection money des officiers de la Major Crime Investigation Team. Requête que le PM avait déjà refusée en estimant que cela n?était pas nécessaire et que l?Independent Commission against Corruption (ICAC) pouvait très bien enquêter sur ces allégations.

Mais, semble-t-il, le PM attendait que le leader de l?opposition revienne sur ce point car il s?y était préparé. «Le leader de l?opposition et son parti ont l?habitude de jeter de la boue sur les institutions pour les décrédibiliser », lance-t-il en retirant un feuillet de ses dossiers.

Le député du Mouvement militant mauricien (MMM) Rajesh Bhagwan proteste. Mais le speaker le rappelle rapidement à l?ordre. Il répond : «Vous ne pouvez pas me crier dessus. Je ne suis pas un enfant ! «Jean-Claude Barbier s?écrie : «Li pe fer sinema », en parlant du PM.

Navin Ramgoolam est satisfait : «Vous voyez, ils ne sont pas contents quand on parle de cela, mais moi, je me base sur les faits. «Il liste une série d?événements, à commencer par 1984, «quand le MMM a fait beaucoup de tapage, a dit que les téléphones étaient sur écoute et a demandé une commission d?enquête. Mais quand la demande a été agréée, il a refusé d?aller déposer ».

<B>«Mete aster, nou pou vinn depoze»</B>

La même chose se serait passée en 1985, «et quand le gouvernement d?alors a nommé la commission d?enquête à la demande du MMM, toutes les allégations des membres du MMM étaient basées sur des on-dit », dit le PM. Le leader de l?opposition proteste et le PM lance: «C?est écrit dans le rapport, hearsay !««Mete aster, nou pou vinn depoze», rétorque Bérenger.

Navin Ramgoolam continue sa liste ? 1986, 1987, 1994 ? «quand vous avez contesté la constitutionnalité de l?anti-corruption tribunal et puis il y a l?Economic Crime Office (ECO)». Il est interrompu par les rires des membres de l?opposition dès qu?il mentionne l?ECO. Il réagit : «Voyez leur hypocrisie ! Paul Bérenger avait fait appel à moi à l?époque où l?on mettait sur pied l?ECO et m?avait demandé de faire en sorte que la directrice de l?ECO soit assurée d?une sécurité d?emploi (security of tenure), que son poste soit protégé par la Constitution et, quand l?ECO a mené une enquête sur deux de mes ministres, vous vous étiez réjouis et vous aviez applaudi. C?est cela le MMM, monsieur le speaker, l?hypocrisie ! «

Le leader de l?opposition se plaint au speaker que le discours du PM soit «un abus». Navin Ramgoolam le reprend : «Ce n?est pas un abus, je parle des faits. Donc je disais que quand l?ECO a commencé à enquêter sur un de leurs membres, ils ferment l?ECO en l?espace de 24 heures ! «A ce stade, l?hémicycle est noyé par le bruit que font les parlementaires des deux côtés de la chambre et le speaker aura du mal à faire respecter l?ordre.

Navin Ramgoolam élève la voix. «Vous avez fermé l?ECO parce que vous aviez une majorité. Je ne fais qu?énumérer les faits.«Paul Bérenger s?en prend au ministre Vasant Bunwaree et le menace. Jayen Cuttaree, du MMM, regarde le PM et dit «atan to pou kone». Ce dernier continue sur sa lancée. Il rappelle que lors de la nomination de l?ancien magistrat Anil Kumar Ujodah à la tête de l?ICAC, «Paul Bérenger m?avait dit qu?avec cette nomination, nous sommes tout à fait sur la même longueur d?onde. Mais quand l?ICAC commence à enquêter sur un de ses membres, elle n?est plus bonne.»

Le bruit est assourdissant. Le député MMM Ajay Gunness hausse le ton, sa camarade de parti, Françoise Labelle, crie et Paul Bérenger objecte contre «un tas de faussetés et de prétextes pour ne pas nommer une commission d?enquête ». Il déclare ensuite qu?il pensait qu?«Ujodha était un bon choix à un moment mais qu?il a été un échec total». Il faudrait un ancien juge qui inspire «confiance », dit-il

Le PM répond que»quelques fois je me demande si le leader de l?opposition n?est pas lui-même un chicken. Si un juge arrive à des conclusions qui ne sont pas en faveur des gens proches du MMM, alors il est un failure ! C?est l?ICAC qui va enquêter et il faut lui faire confiance !»

«Time is over !»s?écrie le Speaker. Au grand soulagement de beaucoup?

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