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MSPA : «Nos propositions visent à donner plus de flexibilité au CEB»
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MSPA : «Nos propositions visent à donner plus de flexibilité au CEB»
La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) est dans l?attente. Elle avait soumis le 19 novembre de nouvelles propositions dans le cadre des négociations avec l?Etat. Le Premier ministre étant rentré au pays hier après sa participation au sommet des chefs d?Etat et de gouvernement du Commonwealth à Ouganda, elle dit maintenant attendre ses réactions.
Dans le document remis par la MSPA, il est prévu qu?aucune nouvelle centrale ne voie le jour dans l?immédiat. La fermeture de deux usines, à savoir St-Aubin et Deep-River-Beau-Champ, devrait également être retardée.
« Nous ne voulons pas que les projets du secteur sucrier soient un passage obligé pour le Central Electricity Board (CEB). Mais, pour éviter toute controverse future, il vaut mieux autant pour les sucriers que pour le CEB de jouer la compétition et la transparence. Nous serions heureux de participer à tout appel d?offres lancé par le CEB », explique Patrick d?Arifat, président de la MSPA. «Nous n?envisageons pas de laisser tomber nos projets, ajoute-t-il. Nos propositions visent à donner beaucoup plus de flexibilité au CEB si ce dernier pense que ce n?est pas le bon moment pour avoir des capacités additionnelles, ou s?il pense obtenir de meilleures conditions avec un autre projet.»
Patrick d?Arifat estime que les propositions de la MSPA ont pour « unique objectif de permettre à la réforme de se réaliser en faisant une importante concession sur le timing des fermetures d?usines».
Il concède que la MSPA a toujours insisté sur le fait que de nouvelles centrales étaient indispensables à la réalisation optimum de la réforme. Mais, explique-t-il, c?est pour cette raison même qu?il a été décidé de retarder les deux dernières centralisations.
«Donner le libre choix au CEB»</B>
Cependant, cette position ne pourrait-elle pas être perçue comme une démarche visant à prendre le pays en otage ? « Absolument pas, rétorque Patrick d?Arifat. La MSPA est toujours sur les rangs si le CEB confirme ses besoins. Loin de tenir le pays en otage, notre initiative permet au CEB d?utiliser au mieux toutes les options dont il dispose. Nous voulons donner le libre choix au CEB», répond Patrick d?Arifat.
Il estime que pour que des projets de grande envergure se réalisent, il faut avoir, non seulement un promoteur prêt à investir, mais aussi un willing buyer. Or, selon Patrick d?Arifat, toutes les récentes prises de position du CEB indiquent que celui-ci ne serait pas un willing buyer des centrales bagasse-charbon.
La MSPA a, pendant plusieurs mois, insisté pour dire que la production d?énergie additionnelle était vitale à la création de clusters. Mais comment réaliser ces clusters sans le faire au détriment du contrat actuel avec le CEB ? Patrick d?Arifat explique que dans tous les cas de figure, il n?est pas envisageable pour la MSPA de ne pas respecter ses obligations contractuelles vis-à-vis du CEB pour la simple raison que cela entraînerait des pénalités importantes et aurait un effet désastreux sur les résultats des compagnies concernées. « En étalant les centralisations, nous pourrons nous permettre, avec nos installations présentes, de fournir les besoins énergétiques des sucreries ainsi que ceux de la raffinerie et d?une distillerie tout en fournissant au CEB toute l?énergie telle c?est prévu dans notre contrat », souligne Patrick d?Arifat.
Qu?en est-il de l?appel d?offres qui ne pourrait forcément qu?être obtenu par le secteur sucrier ? Patrick d?Arifat répond qu?il n?y a aucune raison pour que la CEB limite ses appels d?offres à des projets d?électricité provenant de la bagasse. Selon lui, les appels d?offres permettent l?utilisation de n?importe quel combustible afin d?avoir une vraie compétition.
Cependant, il y a aussi le fait que le secteur sucrier se trouve favorisé car il ne paie pas la bagasse en tant que combustible. «En retour pour la bagasse qu?elle reçoit d?une sucrerie, la centrale, explique Patrick d?Arifat, doit effectuer des investissements importants pour fournir à celle-ci tous ses besoins pour ses opérations, tant en termes de vapeur que d?électricité.» Cela, selon lui, représente une charge directe pour la centrale car c?est autant de capacité de production dans laquelle elle doit investir pour produire des kilowatts-heure (kWh) sans pouvoir les vendre.
Mais il y a aussi la perception que, de par son contrat avec le CEB, le secteur sucrier a obtenu des garanties exagérées sans prendre aucun risque. Réplique de Patrick d?Arifat : le CEB a le monopole de la distribution d?électricité et les producteurs indépendants n?ont qu?un seul acquéreur possible. Pour cette raison, fait-il ressortir, il est tout à fait normal, compte tenu des investissements énormes requis pour une centrale, que les promoteurs aient un contrat qui engage la CEB au moins pour la durée de remboursement des capitaux.
«Si pour n?importe quelle raison, le CEB décidait de ne plus acheter de l?électricité d?un producteur ou de réduire le prix auquel il achète un kWh, ce producteur se retrouverait sans aucun recours. Si tel n?était pas le cas, quel promoteur prendrait un tel risque et quelle banque prêterait de l?argent pour le financer ?»
Patrick d?Arifat ajoute que le CEB est «juge et partie» en même temps. Car non seulement il est producteur et acquéreur, il fait généralement office de régulateur. Si la loi instituant la mise en place d?un régulateur indépendant ? ce que le secteur privé a plusieurs fois réclamé ? avait été promulguée un débat plus éclairé et transparent aurait pu avoir lieu, fait-il valoir.
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