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Chirac mis en examen pour détournements de fonds publics

23 novembre 2007, 00:00

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Six mois après son départ de l?Elysée, l?ancien président Jacques Chirac (photo) a été mis en examen avant-hier pour «détournement de fonds publics» dans un dossier visant la période où il était maire de Paris, de 1977 à 1995, une «première» dans l?histoire de la République française.

Jacques Chirac est mis en cause par la juge Xavière Simeoni pour avoir fait recruter à son cabinet de maire des dizaines de «chargés de mission» payés sur fonds publics mais qui, selon les cas, n?auraient effectué aucun travail ou auraient été à son service personnel.

Cette poursuite judiciaire devrait désormais déboucher sur un procès en correctionnelle, aucun vice de forme ne pouvant plus être soulevé. La Cour de cassation a en effet validé totalement la procédure en juin dernier.

A l?Elysée, lors du compte-rendu du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, s?est refusé à tout commentaire. L?audition de l?ancien président, qui a duré trois heures, s?est passée «dans le meilleur climat», a assuré Me Veil. Elle a porté sur l?organisation de la mairie et sera suivie d?une autre, portant directement sur les emplois litigieux, «dans les prochains mois», a-t-il ajouté.

Dans l?entourage de Jacques Chirac, on reprécise que l?ancien président «trouve naturel, en tant qu?ancien premier magistrat de France, de se tenir à la disposition de la justice et de s?exprimer sur ce point». On ajoute que dans cette affaire, il n?y a «aucun enrichissement personnel».

Arrivée discrètement vers 08h30 au pôle financier avec Mes Jean Veil et François Esclatine et un agent de sécurité, l?ancien chef de l?Etat, qui aura 75 ans à la fin du mois, est parti en évitant les journalistes.

Au moment même de son interrogatoire, le journal Le Monde publiait une «tribune» de sa main, où il proteste de son innocence.

«Jamais les moyens de la Ville de Paris n?ont été mis au service d?autres ambitions que d?agir pour les Parisiennes et les Parisiens. Jamais il n?y a eu d?enrichissement personnel. Jamais il n?y a eu de ?système?», dit-il. «Ces recrutements, je les ai souhaités ou autorisés parce qu?ils étaient légitimes autant que nécessaires», ajoute-t-il.

Il admet toutefois à demi-mots que certains des employés ne travaillaient pas pour la Ville mais pour «faciliter la coordination et l?exercice de (ses) fonctions». Jacques Chirac était à la fois maire, député de la Corrèze, Premier ministre de 1986 à 1988 et président du RPR.

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