Publicité
Minor ou le mythe ? d?or
Dans une île imaginaire perdue en Mer Egée, aux temps très lointains d?avant Homère, Minor, mi-homme mi-cochon, orphelin et muet, file des jours tranquilles dans la douce tiédeur de la porcherie en compagnie de sa bonne amie la Truie. Au cours d?une escapade en forêt mythologique, il fait la rencontre d?un des personnages les plus influents de son époque, le Dieu Pan ? alias Satyre, qui l?initie à sa manière de bouc aux imprévus du paganisme.
Perché sur une branche d?olivier pour épier Clytia, la fille du Patriarche promise au poète Karkos, Minor fait une mauvaise chute et se tue. Comme on est encore au début du film, et que la période le permet, il ressuscite et recouvre la parole. Les villageois éberlués découvrent que non seulement il n?est pas mort, mais qu?il se révèle doué d?un stupéfiant sens de l?éloquence. Sur les conseils du devin, Minor est sacré roi.
Les ennuis commencent...
Sa Majesté Minor est le dernier scénario écrit par Gérard Brach, fidèle complice de Jean-Jacques Annaud (La Guerre du feu, Le Nom de la rose, L?Ours, L?Amant). Egalement connu pour sa fructueuse collaboration avec Roman Polanski (Répulsion, Frantic...), Brach, décédé en 2006, avait également travaillé avec des artistes aussi différents que Claude Berri (Jean de Florette), Bertrand Blier (La Femme de mon pote) ou Michelangelo Antonioni (Identification d?une femme). Il est décédé en septembre 2006, quatre jours après le début du tournage de Sa Majesté Minor à l?âge de 79 ans.
Le film reflète la représentation de la sexualité qui existait dans cette civilisation antique. Le réalisateur de L?Amant précise : «Le christianisme culpabilise la sexualité. Le paganisme la glorifie. Il révère le phallus, le coït, les mamelles, tout ce qui permet à la race de procréer, à chacun de se survivre. Le paganisme honore les récoltes, les semences, la fertilité. La sexualité n?est pas honteuse, elle est joyeuse, elle est la vie. Cet hédonisme radieux m?a toujours enchanté, dans toutes les civilisations ?premières?. Comme on l?apprend à l?école, les dieux de la mythologie copulent avec tout, des rochers, des plantes, des êtres de toute nature. Une sorte d?amour universel.»
José Garcia, qui a été formé, entre autres, à l?école du cirque Fratellini, dont on connaît le goût pour le travestissement (au moins depuis ses numéros de duettistes avec Antoine de Caunes dans Nulle part ailleurs), s?est régalé à interpréter ce personnage hors normes :
«Le projet était fou, onirique, poétique. Une sacrée aventure. Il représente la synthèse de bien des genres, comédie, drame, burlesque, pantomime. C?est un panier garni, un film qui se lie à plein d?étages différents (...) Minor vient du stade animal pour aller jusqu?au stade de l?homme le plus abouti, il vient du point limite le plus négatif pour aller vers le point limite le plus positif. Comment, en conséquence, ne pas tout donner ? C?est un plaisir total, hallucinant d?être dans la féerie, la pure création.»
Publicité
Publicité
Les plus récents