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Une bonne ambassadrice pour notre pays
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Une bonne ambassadrice pour notre pays
Jeanne-Andrée Troesler est une des rares touristes qui suit de près le développement de Maurice. Cette Bretonne connaît très bien le pays. Elle a visité l?île pendant? 33 années consécutives.
«Bonjour, ki manier. Tou korek» ! Bien que l?accent soit français, Jeanne-Andrée a appris quelques mots de créole au cours de ses nombreuses visites. Elle est tombée amoureuse de l?île dès sa première visite. La Française et Henri, son mari, étaient hôteliers en France. Après une longue saison éreintante, ils cherchaient un endroit pour se reposer, pour profiter de la mer et «aller là où il fait chaud». L?agence leur propose évidemment l?île Maurice.
La gentillesse et la simplicité des Mauriciens les séduisent. «J?ai été aux Seychelles. C?est plus beau que Maurice. J?ai fait les Maldives, le Bassin méditerranéen et les Antilles, mais je préfère l?île Maurice.» Mais depuis 1988, Jeanne-Andrée vient seule à Maurice. Elle a perdu son mari cette année-là. Mais avant de mourir, il avait réservé un billet d?avion pour que sa femme continue avec la tradition. Et elle lui a promis de venir à Maurice, même sans lui.
Dans le même hôtel
C?est une des plus tristes années de sa vie. Elle visite Maurice avec ses deux filles pour combler ce vide. Une autre fois , elle n?a pas fait le déplacement pour des raisons personnelles. Mais chaque année, elle vient à Maurice. Il y a toujours des amis qui descendent dans le même hôtel, Le Paradis. Elle a bien connu les différents directeurs et les différents styles architecturaux de cet hôtel.
Il y a aussi les marchands qu?elle a connus alors qu?ils étaient encore des gamins. Ils ont grandi? «Il y a ce marchand de fruits qui m?a dit qu?il m?a connue alors qu?il accompagnait sa mère. Elle travaillait sur la plage». Le personnel de l?hôtel témoigne beaucoup de respect à la dame, les anciens surtout. Elle se sent en famille.
Ses impressions : Maurice est plus propre qu?autrefois. Il y a plus de galeries et de boutiques. Mais elle n?est pas en mesure de dire si l?on vit mieux à Maurice. «Je ne fais que quinze jours, alors qu?au début, je restais un mois».
Elle préfère aussi être au Morne à cause de la tranquillité contrairement au littoral du Nord. « Il faut bien comprendre que les touristes ne cherchent pas du béton ou trop d?animation, sinon on serait resté en France». Elle ne profite plus des facilités récréatives de l?hôtel comme autrefois mais elle ne manque pas une journée à la mer. Jeanne-Andrée a été pendant longtemps une ambassadrice de Maurice. Elle avait un «espace mauricien» dans son ancien hôtel, Le St-Paul, en France. Il y avait des paréos et d?autres vêtements achetés à Maurice ainsi que des objets décoratifs. Elle parlaient sans cesse de l?île Maurice à ses clients qui, charmés, sont venus visiter l?île. Il y a un groupe de touristes qui continuent de visiter Maurice.
Elle employait des Mauriciens
Il y a aussi des Mauriciens qui ont visité la France grâce au couple Troesler. Ils ont travaillé pendant une année dans l?hôtel du couple avant de regagner leur pays natal. Il y a Daniel Gervigny, qui est ensuite parti vivre en Australie alors que son ami Lindo est chef dans un des restaurants de Le Paradis. Jeanne-Andrée n?a pas de mauvais souvenirs de Maurice. «Si j?ai passé un mauvais moment, j?ai dû l?oublier à cause des bons souvenirs». Mais elle se souvient du jour où elle a voulu braver les vents d?un cyclone pour s?aventurer sur la plage. «Des noix de coco ont failli m?arracher la tête». Cela dit avec le sourire. Notre plus fidèle touriste quitte Maurice cette semaine. Une 34e visite à Maurice ? «Ah oui ! Si Dieu le veut».
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