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Krish Hardowar agence tous risques
Il revient du Kenya. Avec une chanson africaine dans la tête et ses deux djembés en quarantaine pour fumigation. Parti pour des vacances «en théorie», Krish Hardowar est de ces hommes qui s?ennuient dès qu?ils font du surplace.
En bonne place dans ses souvenirs de «vacances», le plein de sensations. «J?ai eu peur au Kenya.» Grosse frayeur au cours de l?escalade du Mont Kenya. Pourtant, Dieu sait qu?il a l?habitude de ce type d?aventure, le directeur de Vertical World Ltd. Une société qui propose des activités de team building aux entreprises, notamment en cette période de fin d?année, heure des bilans, heure des bonnes résolutions.
D?une franchise qui vous met à l?épreuve, il explique tout de go : «Les gens croient que le team building c?est comme Harry Potter, que c?est de la magie pour résoudre les problèmes. Mais c?est faux. C?est un outil pas une fin.»
Des outils qui lui ont sculpté des épaules impressionnantes. Car les descentes en rappel, l?escalade, le canyoning, les randonnées à plusieurs en montagne, il connaît. Il n?y a qu?à l?entendre égrener la longue liste de brevets qu?il a passés au cours de sa carrière de moniteur.
A tout juste 30 ans, il est éducateur en montagne, a un brevet d?escalade de la Fédération française brevet initiateur d?escalade décroché à La Réunion, un brevet de technicien de site artificiel d?escalade.
Stop? Mais au fait d?où lui vient son goût du plein air ? De la stimulation physique. Du risque. Car c?est arrivé que Krish voit «des gens mourir». C?était lors de ses six mois dans une unité de montagne où il passait un brevet paramédical à Moosilauke aux Etats-Unis, mais il préfère ne pas trop en parler.
Par contre, rien ne l?arrête quand il raconte son enfance. Celle d?un petit garçon, qui a perdu ses parents trop tôt. Un enfant de 11 ans qui détestait la lecture. A qui une cousine ou une s?ur ? il ne s?en souvient plus qui ? a refilé un jour un exemplaire de Club des cinq. «La moitié était une bande dessinée, l?autre était imprimée». Krish lui, dévore la partie BD. Se passionne pour ces aventures au point d?avoir préparé plusieurs fois son sac pour fuguer, un peu comme les héros d?Enid Blyton. «Après je me demandais où j?allais aller, et puis comme je ne trouvais pas, ben, je restais sagement à la maison.»
Au collège ? il fréquentait celui du Saint Esprit à Quatre-Bornes ? Krish est tout de suite attiré par les activités du National Youth Achievement Award. Tout enthousiaste, il attend patiemment son tour pour descendre en rappel le bel arbre qui se trouve dans la cour du centre de jeunesse de Flic-en-Flac. Mais voilà, on lui dira qu?il est trop petit.
Lui, qui a bien regardé comment faisaient les autres, décide de faire la même chose dans le manguier qui est chez lui. La première fois, cela marche. Mais au deuxième essai, Krish se retrouve sur le dos. «C?est là que je me suis dit qu?il fallait que je sois formé».
«Je me suis rendu compte que les gens qui se disent proches de moi ne s?intéressaient pas à mon projet et que des étrangers sont parfois plus prompts à aider.»
Krish s?accroche au National Youth Achievement Award, finira même par recevoir le Gold Award ? degré ultime ? des mains du duc d?Edimbourgh en 1994. Auparavant il devient moniteur volontaire au ministère de la Jeunesse et des Sports.
A la fin du cycle secondaire sonne l?heure des choix. Krish postule auprès de plusieurs universités pour des études d?ingénieur mécanique. En attendant les réponses, il s?envole pour la Corée du Sud. Le jeune homme a en effet été choisi par le ministère de la Jeunesse et des Sports pour participer à un programme de gestion de camp de jeunes. Il y fera une rencontre inoubliable. Celle d?une amie qui sans rien lui dire, l?inscrit pour une bourse au National Outdoor Leadership School (NOLS) aux Etats-Unis.
Krish rentre de Corée à temps pour apprendre que l?université de Bombay l?attend. Il doit partir dans deux jours. Et d?une, et de deux, Krish renonce à ses études, au grand dam de la famille. Lui, ce qu?il veut, c?est être en plein air. Se râper les coudes aux flancs des montagnes.
Le comble, c?est que Krish décroche la bourse de NOLS. Qui, cependant, ne couvre pas tous les frais. Le jeune homme se résigne. Jamais il ne trouvera au bas mot Rs 1 million pour réaliser son rêve. Jusqu?à ce qu?un proche le convainc de monter un dossier de parrainage. «C?est là que je me suis rendu compte que les gens qui se disent proches de moi ne s?intéressaient pas à mon projet et que des étrangers sont parfois plus prompts à aider.»
Millenium tapant. Krish passe une année aux Etats-Unis. Revient «transformé». Et monte Vertical World Ltd. Belle revanche sur «ces gens du secteur qui à la fin des années 90 disaient que cela n?allait pas marcher. Il n?y a qu?à voir le nombre de domaines qui ont fleuri depuis». Le jeune homme pense déjà à l?année prochaine. Quand il pourra embarquer une équipe de chefs d?entreprise dans une expédition de 14 jours.
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