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Production locale de lait : Des entreprises prêtes à se lancer
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Production locale de lait : Des entreprises prêtes à se lancer
Hausse des prix oblige, la production locale de lait est d?actualité. Plusieurs entreprises ont signifié leur intérêt pour la production laitière à l?échelle commerciale. Et le concept de villages laitiers a été proposé afin d?encourager les petits éleveurs à se regrouper. Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a d?ailleurs souligné avoir pour objectif, d?ici 2015, une production de 15 millions de litres par an.
Un premier village laitier a déjà été mis sur pied à Nouvelle-Découverte, sur 70 arpents. Cela, à travers la Cow Breeders Cooperative Society de la localité, établie depuis 1998. Elle rassemble 11 petits éleveurs avec leurs 250 vaches. Le taux de production est d?environ 800 litres de lait par jour. Et chaque jour, la coopérative de Nouvelle-Découverte en vend environ 150 litres à l?Agricultural Marketing Board (AMB). Le reste va à des hôtels et à un producteur local de fromage.
La coopérative de Nouvelle-Découverte a, cette année, bénéficié d?un soutien financier de Rs 4 millions du Decentralised Cooperation Programme des Nations unies pour l?aménagement d?une route de 1,2 kilomètre et d?un système plus performant de distribution d?eau.
<B>Moins cher que le prix du marché</B>
Une production commerciale dépendra cependant d?investissements conséquents et de projets d?envergure. L?Etat a identifié certains terrains pour la création de fermes laitières commerciales dans plusieurs régions de l?île. Une surface totale de 314 arpents est concernée et les sites sont notamment à Salazie, La Brasserie, Petit-Merlo, Grand-Merlo, Herbereau et Cannelière.
«Aujourd?hui, on parle de passer à un stade commercial. Le faire avec des éleveurs qui n?ont qu?une ou deux vaches n?est pas économiquement viable. Il faut, pour cela, atteindre une masse critique qui est d?au moins 20 à 50 vaches laitières», fait ressortir Jean-Cyril Monty, responsable du desk de la diversification à la Chambre d?Agriculture de Maurice.
Plusieurs entreprises ont des projets de fermes laitières. Parmi ceux qui se précisent, celui de la compagnie SKC Surat Co. Ltd, géant de l?importation de fruits et légumes.«Cinq ans de cela, nous n?aurions pas envisagé un projet laitier mais aujourd?hui, nous voyons là une opportunité», confie Suren Surat, managing director de la compagnie. «Nous avons récemment investi dans un nouvel entrepôt à Wooton et nous avions prévu de la place en plus. Nous avons aussi déjà les capacités de chambre froide et une vingtaine de camions réfrigérés», poursuit-il.
Pour ce projet, SKC Surat Co. Ltd souhaite s?associer à un partenaire sud africain ayant de l?expérience dans la production laitière. Stuart MacKenzie, représentant de ce partenaire potentiel, est d?ailleurs à Maurice afin de finaliser le projet. «Nous comptons produire du lait frais qui sera pasteurisé et vendu en bidons», explique Suren Surat. Pour lui, le facteur prix sera déterminant. «Notre produit sera d?au moins 25 % moins cher que les prix sur le marché.»
SKC Surat Co. Ltd a pour objectif de produire, dans un premier temps, 10 000 litres de lait par jour, d?ici septembre 2008. Au long terme, l?objectif serait de 20 000 litres par jour. «Il faudrait donc qu?on se lance d?ici décembre ou janvier. La balle est maintenant dans le camp des autorités», soutient Suren Surat. «Le problème, c?est qu?il n?y a pas assez de terrain», ajoute-t-il. L?entreprise a, en effet, un terrain de 250 arpents. Elle compte faire venir 1 000 vaches laitières pour commencer et avoir éventuellement un cheptel de 2 000 vaches.
Le groupe Food and Allied Industries Ltd (FAIL) est aussi une des entreprises avec des projets de production laitière. FAIL a un projet de ferme laitière dans la région de St-Pierre. D?autres entreprises ont aussi soumis des projets à l?Etat, dont plusieurs joint ventures entre des firmes mauriciennes et indiennes.
Dans le passé, plusieurs tentatives de production laitière sur une échelle commerciale ont échoué. Le cas le plus récent a été celui de Cream Bell qui a lancé, cette année, une ferme laitière sur un terrain de l?Etat de 172 arpents à Salazie. Le projet, né d?un partenariat sud-africain, indien et mauricien, a cependant été abandonné après quelques mois. La raison avancée : le retrait du partenaire sud-africain.
<B>Dumping du lait européen</B>
Plusieurs compagnies sucrières avaient, elles aussi, durant les années 80, tenté de développer la production laitière sur une échelle commerciale, notamment le groupe Union, Mon Trésor Mon Désert, Savannah SE et New Belle Ile Estate.
Ces initiatives ont échoué. Les feuilles de cannes utilisées comme fourrage n?ont pas donné le rendement attendu en termes de taux de production. De plus, le lait mauricien n?a pu concurrencer le lait importé. «Il y a eu du dumping du lait en provenance d?Europe. A l?époque, les éleveurs européens bénéficiaient de subsides. Le lait importé se vendait ici à Rs 5 le litre alors que le lait local coûtait Rs 7 le litre. Au départ, nous étions battus», se rappelle Jean-Cyril Monty.
Actuellement, la production laitière locale assurée par de petits éleveurs reste minime. Ces dernières années, elle a d?ailleurs chuté de manière drastique. L?AMB, qui récolte le lait frais, le pasteurise et le met en sachet, recevait environ 2 700 litres de lait par jour en 2006. Cette année, il n?en reçoit qu?à peu près 500 litres. De plus, entre 2000 et 2006, le nombre d?éleveurs a chuté de32,50 %, et le nombre de vaches de 38,79 %.
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