Publicité

Pour faire court

19 novembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Au générique : «l?impression qu?il y a peu ou pas assez de choses». Sentiment de départ de Jean-André Viala, directeur du Centre culturel français. «Finalement on a eu du mal à caser tous les films.»

Palette large pour Ile courts, Festival international du court métrage qui démarre demain. Cinq jours de projection pour «donner un espace de diffusion aux réalisateurs». Ceux qui ne savent pas où montrer leurs films.

Ce festival se veut aussi un espace de rencontre avec une dimension régionale. Une série d?invités est attendue, dont Alain Gili, écrivain français, producteur de littérature et de musique, qui est à la base du Festival du Film d?Afrique et des îles. Olivier Gorce, scénariste qui travaille conjointement pour la télévision et le cinéma. Vincent Garrigues, l?attaché audiovisuel à l?ambassade de France en Afrique du Sud, «celui qui connaît les filières d?aide», indique Jean-André Viala. Sont également invités des réalisateurs des îles de l?océan Indien.

«L?océan Indien n?est pas une zone avec une cinématographie poussée mais il y a une grande richesse de création. Nous avons été étonnés de voir cela notamment dans le cas de Madagascar. L?idée est de créer l?émulation.»

Troisième objectif de cette manifestation à entrée gratuite préparée avec l?association Ile Courts : ouvrir l?imaginaire des créateurs sur d?autres pratiques cinématographiques.

La programmation du festival ( voir hors texte) illustre une volonté de tout montrer. Du neuf comme du déjà vu. Du local, comme du régional. Voire de même des courts de « maîtres » français. Parmi Toute la mémoire du monde d?Alain Resnais ( 1956), L?Ecole des facteurs de Jacques Tati (1947), Tous les garçons s?appellent Patrick de Jean-Luc Godard (1957).

La première séance consacrée aux productions locale ? réunit des fictions telles le Bisanvil de David Constantin, datant de 2005 et le Tanga de Wassim Sookia et Shalini Ramyead, estampillé 2002. Les nouvelles réalisations, signées par des gens qui sont à leur première expérience sont aussi au programme.

Côté documentaire, mélange inégal. On retrouvera ainsi un doc conçu pour une émission éducative de la télé, De l??uf à la poule de Farouk Jaumdally et Margaret Li Yin ( 2002), le même soir que le doc de Philippe Lahausse de Lalouvière sur le cimetière de l?Ouest. Ou encore Le paradis artificiel de Thierry Château, sur le bref passage de Charles Baudelaire à Maurice. Dans pareil contexte, retenons que ce qui compte c?est de commencer. Ensuite de persévérer.

COLLABORATION

Kino, ki été sa ?

C?est un concept qui a démarré au Canada. Le principe : réunir les gens du cinéma, réalisateur, acteur, caméraman, ingénieur du son en groupes de trois à cinq. Ils ont 48 heures pour faire un film. Une ?uvre qui sera projetée le troisième jour. Ce qui implique que les rôles ne sont plus figés. Le caméraman se retrouvera à faire l?acteur dans un groupe, puis preneur de son ailleurs et script dans un troisième groupe. Krishna Luchoomun, artiste-peintre et réalisateur a goûté à ce concept en octobre de l?année dernière. Invité à une session de Kino Kabaret à St Denis de la Réunion et à Salazie. Résultat, il a réalisé «In the dark», court métrage projeté durant sa dernière exposition solo en décembre 2006. Séduit, il a importé le concept en juin de cette année, à l?école des Beaux-Arts du MGI. Leur défi : réaliser un court métrage d?une durée de 25 minutes en une semaine. «Il y a un intérêt pour le kino à Maurice, c?est déjà prévu de rééditer l?expérience l?année prochaine», indique Krishna Luchoomun, notamment grâce à la collaboration avec Kino Réunion «qui a de plus gros moyens».

FOND D?AIDE

David Constantin au Festival d?Amiens

C?est à la 27e édition du Festival international du film d?Amiens ( qui s?est tenu du 9 au 18 novembre), que David Constantin est allé défendre son nouveau projet, «Sans sucre». Il figure sur la liste des 20 projets présentés au 12e Fond d?aide au développement du scénario. Le propos de «Sans sucre» : «Marco, Bissoon et Devi sont les derniers habitants des bâtisses désaffectées du camp sucrier de Nouvelle-Découverte. Leur quotidien est bouleversé par la fermeture du moulin à sucre, poumon du village. Marco et Bissoon, désormais à la retraite, tentent de faire face à l?ennui et à la monotonie de leur nouvelle vie. L?arrivée d?une équipe de tournage leur offre, pour quelques jours une nouvelle bouffée d?air». L?aide au développement du scénario du Festival international du film d?Amiens finance le développement de l?écriture des meilleurs projets de long-métrage du Sud et aide les auteurs à encore mieux défendre leur projet, avec une bourse de 7 600. Le FADS a notamment pour partenaire l?Organisation internationale de la Francophonie. Qui par ailleurs a soutenu David Constantin sur «Les accords de Bella», film de 52 minutes présenté en juillet. A cette occasion, David Constantin affirmait : «Faire un film, ce n?est pas gagner de l?argent, plutôt en perdre.» Habitué du système, lui ne se berce d?aucune illusion. Il sait que les débouchés commerciaux sont minimes. Envisageait de sortir «Les accords de Bella» sur DVD. Affirmait qu?une «diffusion sur TV5 est acquise». Qu?une programmation sur une chaîne de la télévision nationale est éventuelle. Que la présentation dans les festivals plus que probable.

RACCOURCI

Hors champs, des réalisateurs font leur cinéma. Disent leurs galères, leurs envies .

Krishna Luchoomun : «Nous évoluons dans un vide. Quasiment sans structure officielle. C?est uniquement la passion qui nous pousse à continuer. C?est pour cela qu?il n?y a pas de développement majeur dans ce secteur». Les films ne sont même pas diffusés sur la MBC, ils restent dans les tiroirs. Il n?y a aucun suivi après la réalisation d?un film.

Dominique Merven : «Ce que les jeunes réalisateurs ne savent pas ou ne veulent pas savoir c?est que les grands, ceux qui ont percé ont fait 15, 20, 30 courts avant de faire un long métrage. Pour ce qui est de trouver des parrains, je dirais que pour beaucoup de personnes, ceux qui sont dans l?audiovisuel c?est un peu des guignols, qu?ils font cela pour s?amuser. Le plus important, c?est de savoir écrire un dossier. Les gens croient à tort que si on a la capacité de faire des images, on a une chance de percer. Il faut savoir mettre sur papier ses émotions, son projet et convaincre dès les cinq premières lignes.»

Wassim Sookia : «Si j?ai fait des films, c?était pour les concours. C?est une source de motivation pour moi. Je ne vais pas faire un film pour le montrer à mes potes uniquement, mais à un public. Cela me permet de voir ce qu?il en pense. Depuis qu?il n?y a plus de concours de la MFDC, je ne fais pas grand chose.»

RENDEZ-VOUS

Le programme

Mardi 20 novembre 18 h

Fiction Maurice I

Tanga de Wassim Sookia, Shalini Ramyead

Cri de Shiam Persand

Bisanvil de David Constantin

Fiction Maurice II

Le billet de Mamode Beekawoo

Un nuage de Dominique Merven

Sundip de Khooshraj Mohun

Mercredi 21 novembre 18 h

Vidéo Fresnoy

20h Voyage dans l?histoire du cinéma court

Jeudi 22 novembre 18 h

Art vidéo océan Indien

20 h Courts francophones récents

l Vendredi 23 novembre

18 h Documentaires Maurice

Smile you?re on camera de Stéphane Bellerose

Un patrimoine profané de Philippe Lahausse de Lalouvière et Vivek Beergunnot

Derrière le récif de Jean Laval Plaiche

Babie de Benoit Jolicoeur

De l?oeuf à la poule de Farouk Jaumdally et Margaret Li Yin

La Coupe, Krishnaduth Ramrooch

Le paradis artificiel, Thierry Chateau

20 h Courts de Mayotte et La Réunion

Samedi 24 novembre

14 h Reprise Fiction Maurice I

16 h Courts francophones jeunesse

18 h reprise Fiction Maurice II

20h Courts océan Indien

Publicité