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La philosophie du naturel
La quarantaine pimpante, Sophie Halbwachs a conservé la taille de guêpe et le teint de pêche de ses 20 ans. Ses secrets de beauté ? Sophie et son mari, Denis, les fondateurs en 1986 de Friedelsheim, leur société d?importation et de distribution de produits dermo-cosmétiques, se font un devoir de tester une bonne partie des produits qu?ils importent. Histoire de les connaître sur le bout des doigts pour mieux les recommander. «A la base, nous travaillons avec des laboratoires européens réputés et dont la qualité des produits n?est plus à prouver. Mais pour que rien ne nous échappe et être à même de mieux conseiller la clientèle, Denis et moi, nous nous familiarisons à eux et en particulier aux crèmes.»
C?est la fascination des pinceaux qui a mené cette Curepipienne, née Giblot-Ducray, aux métiers de la beauté. En effet, après des études au Collège de Lorette de Curepipe, Sophie veut être artiste-peintre. Son orienteur l?en dissuade, et lui conseille plutôt «de peindre sur le visage des gens». Elle s?envole ainsi pour la France pour étudier l?esthétique à l?Ecole privée Françoise Maurice. C?est une des meilleures écoles privées d?esthétique de Paris. Elle se familiarise à toutes les techniques de soins du visage et du corps. Et fait sa spécialisation avec les produits Payot.
La coiffure allant de paire avec l?esthétique, Sophie suit une formation au Centre de promotion technique supérieur de Paris. Elle effectuera son stage chez Frank Provost, un des plus grands coiffeurs parisiens chez qui les célébrités françaises et étrangères se bousculent. «Ce fut pour moi la meilleure école car j?étais obligée de me dépasser et de faire face aux exigences de la clientèle des Champs Elysées.»
«Il y a des produits sur le marché qu?on dit avec des plantes, mais qui contiennent moins d?1 % de partie active desdites plantes listées.»
Sophie n?est pas seule dans cette aventure. Pauline, sa cadette de trois ans (mais qui est son double), étudie dans la même école de coiffure en vue de devenir technicienne de couleurs. D?où le surnom : Léonard de Vinci. De retour à Maurice, les s?urs Giblot-Ducray ouvrent un petit salon d?esthétique et de coiffure à la rue Lees, Curepipe. Elles n?auront aucun mal à se faire une clientèle d?habituées.
Sophie épouse l?homme d?affaires Denis Halbwachs et les deux entreprennent la représentation des produits dermo-cosmétiques. Ce sont des produits cosmétiques mais aux propriétés médicinales. Ils se rendent annuellement au Salon de la pharmacie en France pour y choisir leurs fournisseurs. Et découvrent les produits des laboratoires Pierre Fabre. Ils décident de les commercialiser mais les débuts sont plutôt laborieux. Car les pharmaciens et les médecins ne conçoivent pas toujours que la dermo-cosmétique fasse partie intégrante de la médecine.
A force d?explications, de représentations et de lancements, Sophie et son mari arrivent à les convaincre.
Au cours d?un de leurs déplacements outre-mer, So-phie et sa moitié repèrent le laboratoire Phyto, fabricant de produits capillaires à partir de plantes. Ils commercialiseront ces produits à Maurice. Cela à une époque où les soins naturels ne sont pas encore en vogue. «C?est vrai que c?était assez avant-gardiste mais j?ai toujours cru dans les bienfaits des plantes.»
Face à ces produits, il y a deux types de réactions. Celle, positive, émanant de personnes conscientes des bienfaits des plantes et ne voulant pas s?essayer à autre chose. «Progres-sivement, ce marché-là s?est agrandi», raconte Sophie. Et celle des irréductibles de la médecine allopathique. Les Halbwachs redoublent d?efforts de marketing. Les deux produits Phyto qui finissent par asseoir la réputation de la société Friedelsheim sont les soins pour cheveux secs et les produits anti-chute.
Lors d?une édition du Salon de la pharmacie, Sophie rencontre la représentante du laboratoire Laroche-Posay. Elle décide de représenter ces produits à Maurice. Mais les Mauriciens n?y adhèrent pas immédiatement. Cependant, la qualité desdits produits finira par convaincre les plus réticents. A ce laboratoire, Sophie et son mari en ajoutent un autre, et non des moindres.
Il s?agit, en effet, d?Arkopharma, fabricant de compléments alimentaires et de vitamines. Les produits de ce laboratoire de phytothérapie (la médecine par les plantes), fondé par le Dr Max Rombi, sont très populaires en France. Notam-ment les produits minceur. C?est, d?ailleurs, cette gamme que les Mauriciens s?arrachent chez Sophie. Elle précise toutefois qu?un produit minceur n?a de réels effets que si l?on modifie, en parallèle, son mode de vie. «Un produit minceur est encore plus efficace quand la personne change son alimentation pour manger plus sainement.»
<B>Produits minceur</B>
A ce stade du développement de leur société, Sophie et Denis estiment qu?il leur faut un point de vente qui valoriserait leurs produits naturels. C?est ainsi que naît le premier «Nature Verte» à la route du Jardin à Curepipe. Le concept accroche tant que Sophie et sa moitié multiplient les parapharmacies «Nature Verte». A celui de la route du Jardin vient donc s?ajouter un coin dans l?enceinte de Monoprix, une enseigne à Médine Mews, une autre à la route Royale de Grand-Baie. D?ici la fin de décembre, il y aura un autre «Nature Verte» au Grand-Baie Plaza, ex-Grand-Baie Store, et au VIP Way de Flacq. «Notre objectif est d?en avoir huit avant la fin 2008.»
La clientèle de «Nature Verte» est surtout mauricienne et féminine, excepté à Grand-Baie. «Beaucoup d?expatriés qui connaissent ces différentes marques à l?étranger, se tournent aussi vers nous.» Elle reconnaît un concurrent en la médecine allopathique mais c?est, dit-elle, avant tout un état d?esprit. Les produits naturels ne coûtent pas forcément plus cher. Mais il faut faire attention. «Il y a des produits sur le marché que l?on dit avec des plantes mais qui contiennent moins d?1 % de partie active desdites plantes listées. Les vrais produits naturels contiennent une importante proportion de partie active des plantes. C?est le cas de nos produits.»
<B>Parfum a base de plantes</B>
Sophie commercialise des produits pour contrôler plusieurs problèmes de santé. Comme ce produit du laboratoire Phyto, qui donne d?excellents résultats sur les symptômes d?inconforts liés à la ménopause. D?ailleurs, beaucoup de gynécologues le prescrivent et les patientes «reviennent faire le plein». Toutefois, dans le cas de complications graves, elle préfère référer le client à son médecin traitant. «Nous ne sommes pas là pour remplacer le médecin.»
Cette année, Sophie a lancé deux nouvelles marques de produits dont elle est très fière. La première : une gamme de produits cosmétiques et diététiques bio à 100 % provenant du laboratoire suisse Weleda. Ils contiennent des actifs végétaux de culture bio, des huiles végétales et des cires naturelles, et sont destinés aux personnes qui jouissent d?une bonne santé et qui veulent la conserver.
L?autre est une gamme de dermo-cosmétiques du laboratoire Lierac. Ce laboratoire, dont les produits sont qualifiés par les connaisseurs de «médicaments de la peau», a été racheté par Phyto en 1980. «Ce sont des produits dermo-cosmétiques pour différentes tranches d?âge et même pour les hommes.»
Elle compte aussi faire une incursion dans la parfumerie à base de plantes avec la commercialisation de plusieurs gammes d?eaux de voyage unisexe présentées dans des flacons en aluminium pour une meilleure conservation des parties actives des plantes. Fabriquées par Comptoir du Sud Pacifique, ces eaux de voyage ont la faveur de célébrités telles que Claudia Schiffer ou Isabelle Adjani.
L?année prochaine, on devrait retrouver Sophie dans un domaine où on ne l?attend pas et dont elle préfère garder le mystère. Du moins, pour l?instant.
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