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La mise en liquidation de St.-Félix met 122 artisans sur le pavé

1 novembre 2007, 00:00

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L?asphyxie. L?usine sucrière de St.-Félix dépose son bilan. Elle n?est plus en état de poursuivre ses activités, faute de moyens financiers. Le conseil d?administration de la société, la Compagnie usinière de St.-Félix (CUSF), a approuvé hier une recommandation de mise en liquidation de celle-ci. Ce développement intervient deux ans après que la sucrerie a été contrainte au chômage technique. 122 artisans sont sur le pavé et les compensations dues sont fortement compromises.

La CUSF avait fait une demande de fermeture auprès du gouvernement le 14 octobre 2005. L?entreprise éprouvait de sérieuses difficultés financières et était devenue insolvable. Bien que les autorités aient approuvé le principe de fermeture, elles n?ont pu trouver un accord avec l?usine sur les indemnités qui doivent être payées aux licenciés selon les provisions du Blue Print.

Les choses se sont compliquées avec les retards dans le décaissement des mesures d?accompagnement de l?Union européenne, sur lesquelles la compagnie comptait beaucoup pour payer les compensations.

?En dépit d?une réelle volonté de la CUSF de prendre en compte les impératifs socio-économiques découlant de la fermeture de son usine, aucune solution n?a pu être trouvée, malgré les nombreuses rencontres avec et courriers adressés aux autorités depuis deux ans?, soutient la direction de la sucrerie dans un communiqué émis hier.

Le syndicat des employés ne voit pas les choses de cette manière. ?Je ne crois pas que St.-Félix aurait dû aller à un tel extrême à un moment où le gouvernement et la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) ont indiqué leur volonté de poursuivre les négociations sur la réforme sucre?, s?insurge Lall Deonath, président de l?Artisans and General Workers Union (AGWU).

Les travailleurs craignent vivre un véritable calvaire dans les jours et semaines à venir. Les compensations auxquelles ils devraient être éligibles sous le Blue Print sont remises en cause avec la décision d?aller en liquidation. ?Les employés vivent un véritable traumatisme depuis deux ans. Je fais un appel aux autorités pour que les licenciés puissent toucher leurs indemnités sous le Blue Print, bien que la compagnie ait été mise en liquidation?, dit Lall Deonath.

<B>Ministre ?étonné?</B>

Selon le Blue Print, les salariés qui partent à la retraite prématurément ont droit à des compensations financières équivalant à deux fois et demi le dernier salaire par année de service , avec des lopins de terre d?une superficie de 10 à 16 perches (dépendant de l?âge et du temps de service de l?employé).

Quant à Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, il se dit ?étonné? de la décision de la CUSF de recommander la mise en liquidation, d?autant plus qu?il y a des discussions en cours entre les sucriers et le gouvernement au sujet de la réforme dans le secteur sucrier. ?Quand j?avais rencontré les travailleurs de l?usine deux semaines de cela, je leur avais donné la garantie que j?allais intervenir auprès de la direction de l?usine pour qu?elle honore ses obligations dans le contexte du Blue Print, notamment au sujet de terres et la compensation à accorder aux travailleurs.?

Arvin Boolell souligne que les terres ont déjà été identifiées par la Mauritius Sugar Authority. Il espère que St.-Félix va honorer ses obligations, surtout dans le contexte des négociations entre la Mauritius Sugar Producers Association et le gouvernement. ?Je ne comprends pas la décision de St Félix. Une réunion est prévue samedi avec les représentants de la Société usinière du Sud, le ministère du Travail, le State Law Office et le ministère des Finances pour chercher la voie à suivre?, affirme Arvin Boolell.

<B>Réunion samedi</B>

L?usine n?a généré aucune recette durant ces deux dernières années (la société n?est pas engagée dans d?autres activités, telles l?énergie ou la fabrication d?éthanol), mais a dû payer ses employés pendant tout ce temps. Le président de l?AGWU est d?un avis contraire. ?Il n?est pas correct de dire que les travailleurs étaient en chômage technique. Même s?il n?y avait plus de broyage de canne, les artisans étaient affectés à d?autres postes, par exemple au garage, aux travaux de charpenterie et aux activités de construction.?

Depuis la cessation des opérations de l?usine, les cannes en provenance de la factory zone de St.-Félix sont transférées et traitées par l?usine de St.-Aubin, qui appartient à la Société usinière du Sud (SUDS). La direction de la sucrerie de St.-Félix rappelle que c?est SUDS, en tant que ?receiving miller?, qui doit prendre en charge les coûts du Blue Print. Cette exigence, selon CUSF, n?a pas eu de suite.

En attendant que la situation se débloque, l?usine de St.-Félix avait décidé de maintenir les salaires et autres avantages de ses employés. Cela a été possible grâce au soutien financier de la compagnie Saint Félix Sugar Estates et aux emprunts bancaires à hauteur de Rs 30 millions.

En l?absence de solution au sujet des conditions de la fermeture, les bailleurs de fonds n?ont eu d?autre choix que de fermer les robinets.

Le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, a convoqué une réunion ce samedi avec les représentants de la direction et ceux des travailleurs pour essayer de trouver une solution au problème.

MSPA

<B>De nouvelles propositions pour renouer le dialogue avec l?Etat </B>

■ Les sucriers souhaitent rétablir le pont avec le gouvernement dans les meilleurs délais. La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) a écrit au Premier ministre, Navin Ramgoolam, hier, pour lui faire part de sa décision de présenter de nouvelles propositions sur la réforme sucre. Nous avons expliqué au Premier ministre qu?il y a actuellement plusieurs consultations entre nos membres pour dégager de nouvelles propositions qui soient susceptibles de faire avancer le dialogue et le processus de réforme», indique Jean Li, directeur de la MSPA. Il explique que les idées sont toujours au stade de discussions et n?ont pas encore été finalisées. Les nouvelles propositions seront remises au gouvernement dans le courant de la semaine prochaine, laisse entendre Jean Li. Il explique toutefois que les sucriers essayent de tenir compte des nouvelles demandes du gouvernement au sujet de l?octroi de terres et de la participation des planteurs et salariés de l?industrie au capital des nouveaux clusters sucre.

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