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Multifonctionnel

31 octobre 2007, 00:00

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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, rappelle sans cesse que le sucre représente aujourd?hui, à peine 3 % du produit intérieur brut (PIB). Certes, l?activité sucrière a vu son poids dans l?économie reculer considérablement face à la montée en puissance des autres moteurs de la croissance tels le tourisme, le textile et les services financiers. La part du sucre dans le PIB suit un itinéraire normal. Mais l?industrie sucrière est bel et bien présente aujourd?hui. Et elle compte bien l?être dans les années à venir. Son caractère multifonctionnel lui confère une profondeur qui dépasse, sous plusieurs angles, largement les 3 % du PIB qu?on lui attribue.

L?industrie sucrière de nos jours, c?est aussi les 25 000 salariés et 28 000 petits planteurs. Ces partenaires sont liés à l?industrie par d?autres moyens. En effet, les petits exploitants, les métayers, les salariés et les retraités sont actionnaires dans les sociétés usinières et la production énergétique à travers le Sugar Investment Trust (SIT). Dans peu de secteurs, le destin se croise autant.

Par ailleurs, malgré le processus de diversification engagé depuis plus de 20 ans, les recettes sucrières représentent encore un pourcentage très important de rentrée d?argent dans le pays, soit 30 % des revenus des exportations de biens.

Mais le secteur sucre est à l?aube d?une nouvelle jeunesse ? du moins si les scénarii optimistes se confirment. Si la part de la fabrication du sucre recule considérablement dans la richesse nationale, tel n?est pas le cas pour les nouveaux ?clusters? de la canne. Les perspectives de croissance de ces nouvelles filières n?ont pas grand-chose à voir avec l?économie du sucre en tant que telle.

L?éthanol, par exemple, suit davantage les mutations mondiales dans les biocarburants face à l?explosion des cours pétroliers. L?activité des distilleries, c?est aussi la fabrication des liqueurs ou encore des parfums.

Le sucre blanc et les sucres spéciaux offrent des marchés beaucoup plus rémunérateurs que le sucre roux. La production de l?énergie à partir de la bagasse ? quoique les conditions de ce business soient très décriées ces temps-ci par le gouvernement ? est une source de rentabilité prometteuse pour ses promoteurs et actionnaires.

On est bien loin du Protocole sucre ou du régime sucrier européen dont les ?acquis? sont attaqués de toute part. Certains pays de l?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont décidé de fermer tout simplement leurs industries sucrières avec la baisse projetée de 36 % du prix du sucre. Maurice a, elle, choisi d?aborder la difficulté autrement, en misant sur la transformation de l?industrie sucrière en une activité ?cannière?. C?est la canne et non le sucre qui devient le pilier du secteur.

Il est donc tout à fait logique que les petits planteurs revendiquent une rémunération qui corresponde au potentiel des nouvelles filières.

Il ne s?agit pas de redistribuer le gâteau. Il y en a un, tout nouveau, qui prend forme. Il incombe de voir la canne avec de nouveaux yeux. Son apport à l?économie est appelé à s?accroître et non pas à diminuer. La canne est source de nouvelles richesses pour le pays.

C?est, du reste, le gouvernement lui-même qui vient de l?avant avec de nouvelles initiatives pour encourager la participation des petits planteurs et des salariés à ces nouveaux pôles industriels. Ce n?est surtout pas le moment de parler de ?sunset industry?.

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