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Un pas en avant
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
On ne peut que saluer la démarche du Parti mauricien Xavier Duval (PMXD) de suspendre la conseillère Ramloll, arrêtée pour une affaire de pots-de-vin allégué. La décision prise hier par ce parti prouve que l?érosion de la morale publique n'est pas aussi dramatique qu?on le dit. Certes, nous n?avons pas atteint le stade où le pays exige une démission spontanée de ceux qui sont impliqués dans des scandales mais le fait qu?un parti politique ait suspendu d?emblée un de ses membres soupçonnés de corruption témoigne d?une évolution positive.
En général, quand les politiciens sont convoqués par l?Icac ou la police, ils se déclarent ?sereins? et les partis auxquels ils appartiennent annoncent machinalement qu?ils ne prendront aucune mesure avant que l?affaire ne soit jugée. Ces attitudes sont peut-être justifiées au nom d?un vieux principe du droit pénal concernant la présomption d?innocence. Mais elles ne correspondent pas aux exigences de la rigueur morale. Il est trop commode de se parer de ce vernis légaliste pour mieux bafouer les règles morales et éthiques.
Si Suneeta Ramloll a été suspendue des instances du PMXD, cela n?implique nullement qu?elle est coupable de quelque délit que ce soit. Du reste, ni les enquêteurs, ni les dirigeants de son parti ne sont habilités à la juger. Seuls les magistrats peuvent se prononcer sur son éventuelle culpabilité. Cependant, pour garantir le bon déroulement de l?enquête, il était important que le PMXD se dissocie du suspect. Face à un suspect dont le leader est le vice- Premier ministre de la République, les enquêteurs ne se sentiraient pas complètement libres de mener l?enquête dans des conditions saines.
Bien entendu, toute personne soupçonnée d'avoir commis un délit a droit au respect de la présomption d'innocence mais il est important d?instaurer un climat qui permet aux enquêteurs de travailler sans pression. Aucun suspect ne doit continuer à occuper un poste qui lui donne les moyens de faire obstruction à une enquête.
De même, on peut se demander si les services de l?Icac auront toute la latitude voulue pour faire la lumière sur l?achat d?appartements de la NHDC par les cadres de cette compagnie. Cette affaire a été mise au jour par un dirigeant de l?opposition. Mais le ministre de tutelle, Asraf Dulull, a déclaré qu?il avait connaissance des faits allégués et avait décidé de les taire pour ne pas discréditer un service public tombant sous son contrôle. On peut se demander si cette attitude ne constitue pas un comportement délictueux.
Si ce n?est pas le cas, la législation devra être revue pour obliger les officiels à rapporter à l?Icac des informations qu?ils obtiennent dans l?exercice de leur fonction et qui constituent à leurs yeux des infractions au PoCA.
Pour remporter le combat contre la corruption, il faut mettre en ?uvre d?innombrables moyens, certains décisifs, d?autres de portée moins grande. Le PMXD l?a compris.
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