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Affiner le traitement du cancer du foie

30 octobre 2007, 00:00

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Affiner le traitement du cancer du foie

Ce qui n?est pas rien car l?Imperial College de Londres est classé quatrième parmi les 100 universités biomédicales et technologiques les plus cotées au monde. Un classement établi en 2006 par le Times Higher Education Supplement. Pour obtenir une telle distinction, Edward Lam Shang Leen a passé une bonne partie de sa vie à étudier et à faire de la recherche.

Ce Port-Louisien est le benjamin de Guy et d?Irène Lam Shang Leen et est le neveu du juge Paul Lam Shang Leen. Après des études primaires à l?école de la Salle R.C.A, il est admis au collège Royal de Port-Louis où il opte pour les matières scientifiques. Son but est de suivre les traces de son frère Clifford, qui exerce comme médecin spécialiste dans les maladies infectieuses à Edimbourg, en Ecosse.

Etre studieux et appliqué ne l?empêche pas de passer beaucoup de temps sur le terrain de basket-ball, discipline dans laquelle il excelle. Il agit d?ailleurs comme capitaine de l?équipe des cadets et même des seniors dans le cadre scolaire. Mais il se hisse aussi parmi les basketteurs de haut niveau car il est sélectionné pour défendre les couleurs de l?équipe nationale.

A la fin de sa scolarité secondaire en 1978, il s?envole pour l?Irlande où pendant six ans, il étudie la médecine générale au University College de Dublin. Il fait son internat au Glasgow Royal Infirmary en Ecosse et son internat principal au sein des départements d?orthopédique et des urgences respectivement au Manchester Royal Infirmary et au Maidstone Hospital en Grande Bretagne. On est alors à la fin des années 80. Fasciné par la technologie qui se développe rapidement à l?époque et qui facilite tant le diagnostic que les traitements, notre compatriote décide de se spécialiser en radiologie-interventionniste. C?est ce qu?il fait au Glasgow Royal Infirmary. Son mentor est le professeur Colin McArdle, chirurgien spécialisé dans le cancer colorectal et ce dernier aura une grande influence sur la suite de sa carrière.

Le professeur Lam Shang Leen explique sa spécialisation dans le traitement du cancer du foie. ?Autrefois, pour enlever ou traiter un cancer du foie, on avait tendance à ouvrir l?abdomen pour atteindre l?organe en question. Cette intervention qui réclamait beaucoup d?effort et de temps, était très traumatisante pour le patient dont le système immunitaire était déjà affaibli. La tendance aujourd?hui, pour minimaliser le traumatisme envers le patient, est de pratiquer une petite incision, faire une laparoscopie qui permet de voir ce qu?on fait et plus récemment, d?y faire pénétrer des aiguilles de deux millimètres d?épaisseur pour faire l?ablation à radiofréquence. Cette technique détruit la tumeur en la brûlant?.

Cette technique d?ablation d?une tumeur est généralement pratiquée dans le cancer de foie mais le professeur Lam Shang Leen la teste en ce moment sur les cancers du sein, du rein et des poumons. Le professeur Lam Shang Leen précise que la médecine a aussi fait des progrès en matière de chimiothérapie. ?La chimiothérapie de première ligne qui date de 20 ans, comprend des médicaments spécifiques connus comme les 5FU et le folinic acid. Le protocole de deuxième ligne est appelée folfox ou folfiri et comprend non seulement les médicaments de première ligne mais aussi de l?oxaloplastin ou l?irinotecan. La troisième ligne comprend les médicaments de deuxième ligne plus des médicaments biologiques, les antiangiogenesis, qui attaquent et détruisent les vaisseaux sanguins alimentant la tumeur. On utilise ces différents protocoles de chimiothérapie en fonction des types de cancer à traiter?.

Il poursuit en disant qu?en alliant la deuxième et troisième ligne de chimiothérapie à l?ablation à radiofréquence, l?on rallonge la survie du malade. L?ablation par radiofréquence est généralement utilisée dans les cas de tumeurs dont la taille est inférieure à 5 centimètres ou celles dont les chirurgiens spécialistes du foie n?arrivent pas à enlever.

Lorsque la taille de la tumeur est supérieure à 5 centimètres et en cas de présence de métastases, l?autre technique utilisée par le professeur Lam Shang Leen est la transarterial chimio embolisation. ?A travers l?artère fémorale, nous introduisons une canule qui est dirigée directement dans l?artère alimentant la tumeur. On pratique ensuite une incision et des micro-capsules contenant des médicaments de chimiothérapie sont logés dans la tumeur pour la détruire. On peut allier l?ablation à radiofréquence à la transarterial chimio embolisation et ce faisant, on prolonge la vie. Par exemple, dans le cadre d?un cancer propre au foie que l?on appelle l?hépatome, la moyenne de survie était de quatre à six mois. Avec ces nouvelles techniques, la moyenne de survie est de 36 à 48 mois?.

Mais ce qui a assis la réputation de notre compatriote à l?échelle internationale, ce sont ses recherches de mesure du flux sanguin dans le foie pour la détection de micro-métastases. ?Lorsqu?il y a une tumeur métastasée dans le foie, il y a une modification qui a lieu dans le flux sanguin. A travers l?ultrason Doppler, j?ai réussi à mesurer le changement dans le flux sanguin qui indique la présence de micro-métastases. Jusqu?ici, lorsqu?on retirait la tumeur principale du colon, l?on pratiquait un CT Scan pour voir s?il y avait des métastases dans le foie. Dans 75 % des cas, le CT Scan était négatif. Or, en mesurant le changement de flux sanguin de ces mêmes patients à travers l?ultrason Doppler, j?ai pu découvrir que 50 % d?entre eux avaient encore des micro-métastases dans le foie. Cette technique permet de découvrir la présence de métastases et de les traiter avec une chimiothérapie adjuvante. Ce faisant, on arrive à sélectionner les patients qui ont vraiment besoin de chimiothérapie et ceux qui n?en ont pas besoin ?.

Les résultats partiels de ses travaux ont été publiés dans le Anal Surgical Journal et le British Journal of Surgery dès 1993 mais ceux définitifs l?ont été en l?an 2000 dans The Lancet qui est le journal de référence des sommités médicales. Le professeur Lam Shang Leen agit aussi comme conseiller auprès de l?Institut National du Cancer en France, de même qu?auprès de plusieurs laboratoires pharmaceutiques de renom tels Bristol and Myers, pour développer des agents de contraste pour les appareils à ultrasons et imagerie à résonance magnétique. Tout comme il conseille les compagnies qui fabriquent les équipements d?ultrasons.

La nomination d?Edward Lam Shang Leen en tant que professeur et son recrutement à l?Imperial College de Londres est tout récent. Ce professionnel qui a su jusqu?ici mobiliser plus de deux millions de livres sterling (Un peu plus de Rs 127 millions) pour ses travaux de recherche, a beaucoup d?espoir de pouvoir les affiner au contact d?autres sommités médicales qui sont à I?Imperial College de Londres.

Le professeur Lam Shang Leen qui n?a que 49 ans, est marié à une Ecossaise, Lindsey. Depuis deux semaines, il est l?heureux père de la petite Caragh. Il vient tous les ans à Maurice et aurait souhaité apporter ses équipements et traiter gratuitement quelques patients ?Ce qu?il me faudrait, c?est une salle d?opération et un spécialiste capable d?identifier à l?avance des patients que je pourrai traiter. Mais je n?ai pas encore les contacts qu?il faut pour cela?. Une proposition qui ne risque pas de tomber dans l?oreille de sourds?

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