Publicité

Gel d?une décision du ?board? contre Prakash Beeharry

26 octobre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le malaise à la tête d?Enterprise Mauritius (EM) s?amplifie. Une décision du conseil d?administration adoptée mardi a été gelée hier. Le conseil voulait demander à Prakash Beeharry, le chief executive officer (CEO), de prendre congé, en attendant les conclusions d?une enquête indépendante sur des allégations portées contre lui.

A la réunion du board du 23 octobre, Amédée Darga, président d?EM, demande au CEO de se retirer car il a une communication à faire. Le président dit alors son mécontentement quant aux agissements du CEO, notamment à propos de l?utilisation de sa voiture et de ses déplacements à l?étranger. Déplacements, semble-t-il, parfois effectués sans l?autorisation du board, parfois contre son avis, et même, dans certains cas, quand il n?en est informé que la veille. L?express a essayé, en vain, en début de soirée d?hier, d?avoir un commentaire de Prakash Beeharry.

Après la déclaration d?Amédée Darga, le board a décidé d?instituer une enquête indépendante. Aussi, pour s?assurer que cette enquête se déroule de manière indépendante, le conseil a demandé au CEO de prendre congé jusqu?au 15 novembre, avec effet immédiat.

Raj Gunnoo est désigné pour agir comme Officer in charge d?EM jusqu?au 15 novembre. Dans le même temps, Amédée Darga décide de prendre congé temporairement comme président, pendant la durée de l?enquête. En son absence, Jean Suzanne, conseiller au bureau du Premier ministre et membre du board, doit agir comme président.

Mais après cette décision, des pressions externes auraient été exercées pour que le CEO ne soit pas mis en congé. Le board maintient sa décision qui, hier, a été suspendue. Pour preuve, Prakash Beeharry donne ce matin une conférence de presse au siège d?EM, au St. James Court, à Port-Louis, en sa capacité de CEO. D?ailleurs Rajesh Jeetah, ministre du Commerce et de l?industrie, interrogé hier soir par l?express, a lui aussi fait comprendre que Prakash Beeharry occupe toujours le poste de CEO d?EM.

Le bras de fer entre le président d?EM et son CEO dure depuis le début de l?année. Ce dernier avait même, pendant un temps, interdit aux employés de communiquer avec le président sans son autorisation. Prakash Beeharry a succédé au Néo-Zélandais Lance Wickman, parti en novembre dernier.

Les sujets de désaccord n?ont pas manqué entre le CEO et le président : des décisions concernant l?organisation d?activités de promotion, jusqu?à la définition même du rôle de chacun. Plusieurs demandes du CEO, dont celles pour un chauffeur ou une allocation de loyer, ont été refusées.

Le conseil d?administration, qui avait aussi institué un comité pour évaluer sa performance, a creusé le fossé entre le président et son CEO.

Dans le cadre du shareholders agreement signé en octobre 2004, EM comprend trois catégories d?actionnaires : le gouvernement (Classe A), les institutions du secteur privé (Classe B) et les entrepreneurs (Classe C). L?accord prévoit aussi la nomination d?un maximum de neuf directeurs. Le gouvernement, actionnaire majoritaire, est représenté par quatre directeurs, dont Jean Suzanne (conseiller au bureau du Premier ministre), et Radhakrishna Chellapermal (haut cadre du ministère des Finances).

<B>Budget annuel de Rs 80 millions</B>

Le secteur privé a trois représentants, Raj Makoond (Joint Economic Council), Danielle Wong (Mauritius Export Association) et Mahmood Cheeroo (Chambre de commerce et d?industrie).

Les actions pour la catégorie C sont, après cinq ans, transférables et peuvent être vendues à d?autres entrepreneurs. Pour l?instant le conseil d?administration n?a pas encore sollicité des actionnaires de cette classe.

Incorporée comme compagnie privée en novembre 2004, avec pour objectif de soutenir le développement des entreprises, EM dispose d?un budget de fonctionnement annuel de Rs 80 millions mis à sa disposition par le gouvernement.

Publicité