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Maggy Thatcher promet de nous rendre les Chagos
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Maggy Thatcher promet de nous rendre les Chagos
Quand les poules auront des dents, promis, juré, foi d?épicière britannique, le Royaume-Uni de sa gracieuse Elizabeth II rendra, aux Chagossiens, leur archipel que les Anglais leur ont volé en 1965 et que les Etats-uniens recèlent depuis pour, entre autres, y aménager une prison hors-la-loi, peut-être encore plus sinistre et plus inhumaine que Guantanamo.
C?est du moins la promesse que fait, en octobre 1982, à Anerood Jugnauth, Maggy Thatcher, alors Premier ministre de la Grande-Bretagne. Evidemment, cette dernière ne parle pas alors d?espoirs ni d?ambitions dentaires de la gent gallinacée. Elle promet seulement de rendre les Chagos aux Chagossiens quand leurs îles natales et ancestrales ?ne seront plus nécessaires à la défense du monde libre?, ce qui revient du pareil au même. De toute façon, une promesse n?engage que ceux qui lui donnent une valeur qu?elle ne saurait avoir puisqu?elle n?est que promesse. Du vent, tant qu?elle ne se réalise pas concrètement, à la satisfaction de tous.
Le début de l?exploitation éhontée des peuples pauvres par une poignée de nations hyper-industrialisées ne fait que commencer, en 2007, avec la mise à exécution unilatérale du principe de la mondialisation. C?est pour l?instant supportable car les pays pauvres vivent encore dans le défunt espoir que le système d?aide préférentielle continuera à les aider à survivre. Au fur et à mesure qu?ils se rendront compte qu?ils devront désormais se disputer les miettes de la fringale de consommation inextinguible des pays nouvellement industrialisés comme la Chine, l?Inde, le Brésil, les pays exportateurs de pétrole, de matières premières rarissimes, de drogue, de médicaments brevetés, d?armes, de plutonium et autres ingrédients nécessaires à la fabrication de bombes dévastatrices à grande puissance de tir, ils essaieront de se révolter, notamment à l?aide d?attentats terroristes se voulant vengeurs. Cela pris en compte, on peut aisément programmer la fin de la ?nécessité de défendre le monde libre? aux calendes grecques. L?Irak et l?Iran n?ont-ils pas remplacé la défunte Union soviétique aux yeux de la CIA, FBI, Bush Co. Ltd. Ben Laden et les Talibans n?ont-ils pas remplacé Staline et Brejnev dans la mythologie, tenant lieu de cerveau à l?Américain fondamentaliste, ayant voté pour Georges Double U à la dernière présidentielle ?
Sans compter que c?est toujours Londres qui décidera quand l?heure sera venue de décréter la fin de cette ?nécessité de défendre le monde libre?, ouvrant la voie à d?éventuelles négociations, pouvant envisager la restitution des Chagos aux Chagossiens. Il suffira, par exemple, que la Turquie veuille envahir, à son tour, l?Iraq, pour aller punir quelques Kurdes, jugés trop agressifs par Ankara et même par Istanbul, ville rendue furieuse après une intolérable défaite footballistique, pour que le prix du baril de pétrole augmente d?un jour à l?autre de dix dollars ou plus. Pourquoi s?arrêter en chemin si profitable ? Le monde libre se sentira soudainement pris par un frénétique besoin de défense et de sauvegarde, exigeant, bien sûr, la prolongation indéfinie du maintien, à Diego Garcia, d?une base de néo-Inquisiteurs, n?ayant rien à envier à leurs tristes prédécesseurs, en matière de piétinement des droits humains.
Octobre 1982, Anerood Jugnauth effectue son premier voyage officiel en tant que Premier ministre de Maurice. On ne peut pas dire qu?il profite sereinement de ce déplacement. Il ne peut oublier qu?à l?Hôtel du gouvernement, les pro-Boodhoo et les pro-Bérenger se regardent comme chiens et chats dans un magasin de porcelaine, que tout peut arriver, même le pire, qu?un malheur n?arrivera pas forcément seul. C?est bien simple, il commence à éprouver de la sympathie pour son prédécesseur, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Il est d?ailleurs encadré par Vijay Joypaul et par Bhinod Bacha (attachés, en 2007, au PMO et au ministère des Terres et du Logement), quand il se rend au 10 de la rue Downing, à Londres, où l?attend Maggy, devenue célèbre pour avoir précédemment bouté, hors des Malouines, les Argentins.
Anerood Jugnauth profite de l?heure d?entretien, que Maggy lui accorde, pour lui résumer les principales recommandations du programme gouvernemental MMM-PSM. Il lui demande de rouvrir l?antenne du British Council, à Rose-Hill, dont elle a ordonné la fermeture, estimant que la défense du monde libre comme celle de la promotion de la langue et de la civilisation anglaises ne justifiait plus une telle dépense, sinon un tel gaspillage. Elle demeure inflexible quand Jugnauth lui expose les difficultés éprouvées par les étudiants mauriciens, inscrits dans des universités anglaises. Bref, Maggy Thatcher promet d?activer le transport des fonds, permettant de distribuer quelques miettes aux Chagossiens déracinés à tous points de vue. Que ne peut-on pas faire, en effet, à présent que Londres a exigé et obtenu que l?épine (procès) de Vencatassen lui soit enlevée du pied (soit rayé).
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