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La menace d?une surcharge plane sur Port-Louis

24 octobre 2007, 00:00

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Le manque de compétitivité à Port-Louis fait tache. Au banc des accusés : le faible taux de productivité et le manque d?équipements, entre autres. Avec pour résultat la congestion portuaire? et la menace des armateurs d?imposer une surcharge à partir du 15 novembre dans le cas où aucune amélioration n?est notée dans les prochains jours. Avec les risques que cela comporte pour les consommateurs, les importateurs et les exportateurs.

Pour Jorgen Holck, managing director de Maersk, le manque de productivité entame sérieusement la confiance des opérateurs dans le port. Il est d?avis que ?cela coûte cher de venir à Port-Louis. S?il y a une surcharge, cela va affecter le secteur industriel et c?est malhereux.?

Soulignant que le coût de déchargement est moins élevé qu?à la Réunion, René Sanson, managing director de la Mediter-ranean Shipping Co. Ltd (MSC), admet que cet avantage est annulé si un navire reste plus longtemps à Port-Louis pour décharger ses marchandises que dans d?autres ports de la région.

?A Port-Louis, ça prend actuellement quatre jours au moins, car il y a deux jours d?attente avant que ne commencent les opérations, alors qu?à la Réunion, ça prend un jour et demi, dit-il. Ce qu?on gagne au niveau du coût de déchargement à Port-Louis est perdu à cause du nombre de jours d?attente.?

<B> Avantages compétitifs </B>

Confrontée à ses retards, la MSC a été contrainte d?éliminer un de ses services de transbordement de conteneurs entre l?Afri-que et Port-Louis. Idem pour les activités d?une autre compagnie maritime opérant entre l?Asie du Sud-est et Port-Louis. Ses activités seront interrompues début novembre. Cela, pour la même raison. Aux Comores, où il n?y a pas de portiques, entre 12 et 15 conteneurs sont manutentionnés à l?heure. Ce chiffre est ramené à quatre pour le Multi Purpose Terminal (MPT) de Port-Louis, où accostent, généralement, des navires possédant des grues. Quant au port deTamatave, 30 à 32 conteneurs sont manutentionnés à l?heure.

Ce chiffre est ramené de 12 à 13 pour le Mauritius Container Terminal (MCT), à Mer-Rouge. ?Avec pour résultat qu?une surcharge de congestion se pointe à l?horizon?, déclare le capitaine René Sanson.

Raison pour laquelle, souligne-t-on dans les milieux de la Cargo Handling Corporation (CHC), il a été décidé, d?un commun accord entre les agences maritimes et les autorités portuaires, que tout sera mis en oeuvre pour que 21 conteneurs soient manutentionnés par heure au MCT et huit conteneurs au MPT.

?Si la productivité n?est pas élevée pour l?instant, c?est à cause du taux d?utilisation des quais, actuellement de 98 %. Port-Louis attire des transbordements parce qu?il est compétitif et à cause de la qualité du service?, dit un haut cadre de la CHC. La Réunion est quatre fois plus cher que Port-Louis. Les ports d?Afrique du Sud sont également plus chers. Pour ne pas perdre ces avantages de compétitivité, il faudra impérativement atteindre les objectifs fixés au niveau du nombre de conteneurs à manutentionner. Si Port-Louis était cher, il n?y aurait pas eu tellement d?activités de transbordement.?

<B> Solution envisagée</B>

A la Chambre de Commerce comme à la Mauritius Export Association (MEXA), on consent que la productivité n?est pas aussi forte à cause de l?accroissement du trafic. Préoccupée par la situation, la MEXA déclare que ?le taux de productivité a un effet sur la compétitivité et on risque de prendre un coup si la situation ne s?améliore pas.?

La surcharge prévue à l?importation est de 200 dollars pour un conteneur de 20 pieds et 400 dollars pour un conteneur de 40 pieds. Initialement, elle devait être imposée à partir du 1er novembre, mais elle a été reportée au 15 novembre.

Elle aura une incidence sur le prix de revient pour l?importateur. Avec un risque qu?il soit tenté de faire payer ce surplus aux consommateurs. ?Les droits de douane sont calculés sur le coût des marchandises, l?assurance et le fret. Plus le fret coûte cher, plus les droits de douane payés par l?importateur sont élevés. Nous allons réclamer cette surcharge des importateurs?, dit Robert Hungley, président de l?Association des transitaires.

Brajen Hazareesingh, président de l?Association des agences maritimes, déclare que ?si un bateau évite de faire escale à Port-Louis et décide de décharger sa cargaison dans d?autres ports, cela entraîne des dépenses supplémentaires à l?armateur du navire de transporter les marchandises à Port-Louis par un autre navire?, fait-il ressortir.

Ce que récuse la Port-Louis Harbour and Docks Workers Union (PLHDWU). ?Les agences maritimes veulent faire leur loi pour montrer que s?ils n?arrivent pas à avoir l?impossible, une surcharge sera imposée?, dit José François, président de la PLHDWU.

A son avis ces allégations sont ?négatives? pour le développement économique du pays et la crédibilité du port de Port-Louis

?A chaque problème qui surgit, on trouve une solution. Des mesures correctives sont prises. Avec les équipements que nous avons valeur du jour, nous faisons le déchargement et le chargement, y compris le transbordement, qui augmente.?

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