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Vrac : ?United Docks? réclame Rs 21m au GM
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Vrac : ?United Docks? réclame Rs 21m au GM
Fin septembre 1982, s?ouvre le procès que ?United Docks? intente au gouvernement, lui réclamant Rs 21 millions, suite à la mise en place du chargement du sucre en vrac. Son avocat, Me Raymond Hein, fils, rappelle que cette compagnie portuaire voit le jour en 1973, après la fusion de l? ?Albion Dock? et du ?New Mauritius Dock?. Ces deux compagnies se spécialisent dans la manutention portuaire et plus particulièrement l?embarquement du sucre depuis le dernier quart du XIXe siècle. Les modes de chargement du sucre ne manquent pas d?évoluer entre-temps. En 1950, par exemple, on passe à un système de chargement en semi-vrac.
A deux reprises, Maurice Paturau effectue, à la requête des docks, une étude sur les sites portuaires convenant le mieux, au Port Louis, à une éventuelle installation de chargement de sucre en vrac. Il est initialement prévu que cette installation demeurera la propriété de l?industrie sucrière qui en assurera également la gestion et le bon fonctionnement.
Une taxe spéciale est perçue sur les sucres produits pendant les années de boom (1974-76). L?objectif en est de financer en partie l?exécution du projet de chargement de sucre en vrac. Cette taxe rapporte d?abord Rs 66 millions et puis Rs 43 millions. Des emprunts sur le marché international devaient financer le reliquat du coût d?installation.
Le gouvernement manifeste par la suite son intérêt à participer, même majoritairement, à la mise en place d?un système de chargement du sucre en vrac. Au départ, il est prévu que le gouvernement contrôlera la nomination de onze des 17 directeurs de la ?Bulk Sugar Terminal Corporation?. Il modifie ensuite la loi constitutive pour contrôler 13 des 19 directeurs.
La ?United Docks? n?est pas invitée à participer aux négociations entre le gouvernement et l?industrie sucrière. Elle accepte, toutefois, de payer un ?severance allowance? aux employés surnuméraires. Elle avertit en conséquence le ministère du Travail des licenciements à venir mais ce dernier choisit de ne pas référer pour l?instant cette requête au ?Termination of Contract of Service Board?.
Au nom des trois compagnies d?arrimeurs, Me Marc David rappelle que celles-ci voient le jour au XIXe siècle. En décembre 1965, le Syndicat des Sucres prend charge de la vente des sucres ainsi que de leur embarquement à bord des navires. Les trois compagnies ne participent pas aux négociations préalables à la mise en place du vrac. Elles participent seulement aux discussions relatives aux licenciements ainsi qu?à la compensation à verser aux employés devant être licenciés en raison de la mise en place du vrac.
Maurice Paturau fait savoir qu?il visite les installations du vrac d?Hawaï pour la première fois en 1950. Il suit de près les recherches concernant ce mode de chargement et de débarquement du sucre. Il estime, en 1956, que l?adoption d?un tel système par Maurice coûterait alors entre Rs 7 et Rs 8 millions. L?économie annuelle escomptée est de l?ordre de Rs 700 000. Les sites convenant le mieux à une éventuelle mise en place du vrac sont le Caudan, le Fort George et le Quai D.
En 1960, à l?annonce de la fermeture programmée du chemin de fer, Maurice Paturau remet à jour ses études sur le vrac, toujours à la requête des docks. On lui demande plus particulièrement d?étudier les implications du transport routier du sucre en vrac des sucreries au port. On pense même à l?application immédiate d?un système en semi-vrac, comprenant le transport routier en vrac du sucre, l?ensachage du sucre assuré par la ?New Mauritus Dock?, le transport du sucre en sacs et par chaland jusqu?aux navires et l?ouverture manuelle des sacs par les travailleurs portuaires dans les cales du navire devant transporter ce sucre en vrac à bon port. C?est paradoxalement, la meilleure solution en attendant la mise en place d?un système de vrac complet. Paturau est catégorique : le vrac est inévitable.
Jacques Koenig produit la correspondance entre la Chambre d?agriculture, dont il est le secrétaire, et les usines sucrières, concernant les études sur le vrac. Michel Hardy explique que tous les producteurs sucriers confient la vente de leurs produits au Syndicat des Sucres qui possède les structures et les ressources humaines requises pour vendre le sucre made in Mauritus dans les conditions optimales. En 1982, la majeure partie de ce sucre est exportée en vrac. Le sucre embarqué en sacs, dont les sucres spéciaux, est confié à la compagnie CEDIS, avec l?aide de la Compagnie des Transports commerciaux, de la Cargo Express et de la Somatrans. Le Syndicat des Sucres a remis deux sommes de Rs 18,4 et de Rs 12,8 millions aux docks pour payer les compensations dues aux travailleurs portuaires licenciés en raison de la mise en place du vrac.
Ce procès se poursuit.
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