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La vie chère
Les bourses se resserrent. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, dit reconnaître que le pouvoir d?achat de la population s?effrite sous le poids de la cascade d?augmentations. Cette reconnaissance au plus haut niveau devrait encourager l?Etat faire du combat contre la vie chère, une des ses priorités de l?heure.
La croissance économique se rétablit, certes, mais les prix s?accroissent plus vite que les revenus des consommateurs. L?inflation galopante risque fort de neutraliser les dividendes d?une activité qui gagne en effervescence. Pire, la cherté de la vie peut même ralentir l?expansion de l?économie.
La consommation des ménages, un des moteurs de la croissance, fait déjà les frais des prix élevés avec un taux de progression inférieure à 2006 (4,4 % contre 5,9 %). Cette progression au ralenti n?est pas sans conséquences sur le secteur de la distribution.
Il y a, certes, plusieurs facteurs-clé qui sont en dehors du contrôle du gouvernement. Les cours pétroliers ont dépassé le seuil des $ 80. La déviation des céréales vers la production des biocarburants n?offre aucun répit à la hausse des prix des produits alimentaires. Il faut ajouter à cette conjoncture déjà très défavorable à des net food importing countries comme Maurice, le fret qui ne cesse d?augmenter.
Maurice est pratiquement sans armes face à l?inflation mondiale. Une roupie forte peut néanmoins atténuer les effets de la flambée des prix mondiaux. La politique monétaire donne déjà des résultats à ce niveau. La monnaie locale s?apprécie contre le dollar, devise qu?utilise le pays pour payer le gros de ses importations.
Le resserrement des taux (une hausse de 75 points de base du Repo Rate en juillet) a apporté du tonus à la roupie. Mais la politique monétaire doit encore gagner la bataille contre l?inflation sous-jacente (core inflation) qui est une mesure de l?inflation tirée par la demande. La core inflation 2 (une mesure de l?inflation qui exclut les prix des produits alimentaires, de l?énergie, des cigarettes et les prix administrés) pour le mois de septembre est de 6,8 %. Ce chiffre élevé, quoi qu?en baisse par rapport aux mois précédents, signifie qu?il y a trop de liquidités en circulation. L?excès de monnaie se dirige vers la consommation et alimente la pression inflationniste. En d?autres mots, il y a trop d?argent en circulation pour la gamme de produits disponibles. Dans cette situation, les commerçants ont tendance à augmenter les prix.
La Banque de Maurice doit maintenir ses efforts pour absorber le surplus de monnaie dans le système. Il faut agir vite et en anticipation des évènements potentiellement déstabilisateurs. La mise en pratique des prochaines recommandations salariales du Pay Research Bureau (prévue pour la prochaine année financière) risque fort de provoquer une injection monétaire brutale.
Le gouvernement devra, lui, veiller à ce que la gamme de biens et services continue à s?élargir. La nouvelle loi sur la concurrence vise à encourager l?émergence de plus d?opérateurs et conséquemment de plus de produits sur le marché.
Mais la clé dans le combat contre la vie chère demeure l?augmentation du pouvoir d?achat des consommateurs. C?est du reste l?option préférée de Rama Sithanen. C?est aussi le plus difficile à réaliser.
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