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Le syndrome du favori

9 octobre 2007, 00:00

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De gros nuages sombres amoncelés du côté de Cardiff menaçaient la France ce week-end. Un black out total était même annoncé samedi soir, sous la forme d?un raz-de-marée noir supposé recouvrir l?Hexagone en quelques minutes.

La menace n?était pas vaine, les Français ont effectivement eu chaud, très chaud même. Heureusement pour eux, la météo s?est trompée et c?est finalement un ciel bleu et dégagé qui a dominé le mauvais temps.

Ce ne sont pas les rugbymen néo-zélandais qui diront le contraire. Ils ont mordu la poussière ce week-end en quart de finale de la Coupe du monde alors qu?ils avaient toutes les armes pour triompher d?un adversaire tricolore beaucoup plus faible sur le papier, mais terriblement déterminé en réalité. Aidé par les blessures de plusieurs stars, comme portée par la destinée d?un Mondial disputé à domicile?

Et voilà les tout puissants All Blacks out de la Coupe du monde. Incroyable. Eux, les invincibles, les surhommes, les super favoris. Maîtres incontestés de la planète rugby depuis quatre ans, ils ont pourtant développé le plus beau jeu dans ce tournoi.

Ils ont fait apprécier leurs attaques par vagues en première mi-temps face à des Français recroquevillés en défense, alors qu?on se demandait où était Chabal, la nouvelle icône tricolore, dont l?impact psychologique est sans doute plus forte que sa présence réelle.

Les Blacks ont mené 13-3 à la pause.

L?entrée du joueur de Sale au retour des vestiaires, sans être décisive, coïncidait avec la mise à feu de la fusée bleue qui s?imposait 20-18 au terme d?une fin de match irrespirable. Encore une fois, donc : ?imposible n?est pas français?. Un exploit de la même veine que ?l?impossible n?est pas marseillais?, réalisé trois jours plus tôt, lorsque Marseille est allé gagner à Liverpool, en football (score 0-1).

A chaque fois, le favori a perdu son scalp pour diverses raisons. Plusieurs hypothèses : parce qu?il était dans un jour sans, trop suffisant, parce qu?il a trop croulé sous le poids de la pression ou simplement parce qu?il était devenu trop prévisible.

Cependant, dans le cas de France-Nouvelle Zélande, le syndrome est latent. La pathologie dont souffrent les Blacks est du genre traumatisante. Ils avaient battus les Bleus lors de leurs sept dernières confrontations, mais ils avaient chuté face à ces diables de Français de façon aussi dramatique en 1999.

Ce même syndrome du favori qui, en football, a vu la France battre plusieurs fois de suite le Brésil dans les Coupes du monde, alors qu?il était clairement l?outsider (1986, 1998, 2006).

Nouveau coup de tonnerre donc pour les hommes en noir avec cet échec en quart de finale. Confirmation également que les coéquipiers de Dan Carter possèdent les meilleurs rugbymen de la planète, même s?ils n?arrivent pas à imposer leur suprématie dans un Mondial (une seule victoire finale à ce jour).

La France, quant à elle, se spécialise dans les victoires spectaculaires. Elle n?a pas, pour autant, accompli le plus dur puisqu?elle n?a jamais gagné la Coupe du monde, malgré deux finales : en 1987, lors de la première édition ? avec la génération Serge Blanco ? et en 1999 avec un certain Abdelatiff Benazzi.

Bernard Laporte ira-t-il plus loin avec son équipe ? Ce dernier, promis après le Mondial à un rôle de secrétaire d?Etat au sein du gouvernement français, admire beaucoup le président Nicolas Sarkozy et veut être un ?winner?, comme lui.

Nul ne sait s?il suivra la même trajectoire que l?homme fort de l?Elysée. Son équipe aura l?étiquette de favori samedi face à l?Angleterre ? championne du monde en titre?, elle aussi auteur d?un exploit après avoir sorti la puissante Australie au terme d?un duel d?une extrême intensité (12-10). Les Bleus devraient toutefois se méfier comme de la peste de ce fichu syndrome du favori, eux qui avaient morflé d?entrée de jeu contre l?Argentine?

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