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Ce qu?ils Pensent

7 octobre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Plages immaculées?ou presque</B>

« Deux millions dites-vous ? C?est trop. » Car une des premières choses que recherchent Gilles (photo)et Marie-Laure Trouvé, venus de l?Oise, en France, c?est le calme des plages immaculées. Sur celle de Mon-Choisy, tout semble parfait, « sauf cette grue tout au fond qui sert à construire quelque chose ». Les Trouvé comprennentque plus de touristes équivalent à plus d?emplois pour les Mauriciens, et, de facto, une économie plus performante. « Mais il ne faut pas que les plages finissent par ressembler à celles de Tunisie, avec des complexes de 2 000 chambres qui les longent. Maurice est un beau pays, il n?y a rien à dire à ce niveau. Nous reviendrons sûrement, mais tout dépend à quoi ressemblera le pays dans cinq ans. »

« Parqués » à l?hôtel Cyril Marauri et Amandine Orbe, des touristes français en lune de miel, déclarent avoir choisi Maurice à cause de sa réputation de « destination romantique » pour les cou-ples. Fraîchement débarqués, ils concèdent, avec un peu de gêne, avoir « l?impression d?être parqués à l?hôtel », dont les services sont si « sophistiqués et gérés » qu?il leur paraît difficile de sortir de ce circuit fermé. Peut-être à cause de l?insécurité grandissante ? Ils préfèrent penser autrement. « On sent que le tourisme est un business et un secteur d?affaires lucratif », déclarent-ils.

S?ils souhaitaient découvrir « la couleur locale » du pays et espéraient « des architectures variées », ils regrettent de « ne pas être en contact plus proche avec la population ».

<B>Destination survendue</B>

Michaela Trywnova, de la République tchèque, dit avoir choisi la « bonne saison » d?octobre, quand les plages sont peu fréquentées, pour visiter Maurice. Toutefois, elle avoue être un peu « déçue » car elle a entretenu « beaucoup d?attentes » par rapport à sa première visite à Maurice, notamment pour les « plages encore plus belles et la possibilité de pouvoir pratiquer des activités nautiques ». « Peut-être que l?image de la destination a été survendue », dit-elle.

Et attirer plus d?étrangers semble une trop grande ambition pour elle, car Maurice risque la saturation.

Si elle estime que « l?image de Maurice reste pittoresque », des équipements nautiques à la disposition des touristes, selon elle, auraient fait la différence.

<B>Éduquer les gens</B>

Ulrike Reiter est venue à Maurice pour introduire la marche nordique (nordic walking), une activité sportive très populaire dans les pays scandinaves, et qui consiste à utiliser des bâtons spécifiques pour accélérer la cadence de ses pas. « Il faut avoir le c?ur solide pour visiter la plage juste après le week-end ou un jour férié. Il y a des ordures partout.

C?est dommage que les gens fassent si peu cas des plages. En Europe, nous avons appris à ne pas jeter nos ordures n?importe où. Je pense qu?il va falloir miser sur l?éducation des enfants. De plus, il n?y a pas suffisamment de toilettes et de douches.

Il manque des snacks sur la plage où on peut éventuellement prendre un café. »

<B>Le danger : l?indifférence</B>

Marjorie Dreydemy, venue d?Alsace et d?origine mauricienne, a eu la chance d?épouser un mari qui lui permet de revenir régulièrement. Bernard en est, en effet, à sa troisième visite ici. « On ne présente plus les plages de Maurice. Le plus gros danger, c?est l?indifférence de certains. Il ne s?agit pas d?assurer l?enlèvement des ordures. Il faut apprendre à la population que la meilleure façon de protéger les plages, c?est d?éviter de les salir. » Marjorie souligne que la sensibilisation ne doit pas être l?affaire des hommes politiques et des ONG. « Ce sera tout à l?honneur des religieux s?ils parvenaient à imaginer une formule pour adapter les pratiques religieuses aux nouvelles exigences concernant la protection des plages, sans que ces pratiques ne perdent leur sens fondamental. »

<B>Manque visible de moyens</B>

Depuis qu?ils sont arrivés à Maurice, Pamela et Claudio Pasquin, d?Italie, passent la majeure partie de leur temps à la plage. « Nous avons choisi de passer cette fin d?après-midi à Flic-en-Flac parce que la plage n?est pas bondée comme c?est le cas dans le Nord. On est libre de ses mouvements. C?est une très belle plage, l?eau y est très propre, et on peut s?y baigner sans crainte. On se sent en sécurité. Elle mérite qu?on s?occupe davantage de son entretien. » Et là, le couple est d?avis que les pouvoirs publics n?ont pas les moyens d?envisager l?emploi d?un personnel permanent qui s?occuperait du nettoyage des plages comme c?est le cas dans les hôtels. « Cela éviterait l?accumulation d?ordures que des personnes pourront laisser sur place. »

<B> « Ne touchez à rien » </B>

Ana-Maria Volaric Stewart et Chris Stewart, de Grande-Bretagne, estiment ne pas comprendre le « trop de développement » dans le tourisme local. « Avec 120 établissements, le parc hôtelier est déjà bien rempli », avancent-ils. Et ils disent à regrets « découvrir une grande différence entre la vie à l?intérieur des hôtels et l?existence de la population en dehors ». S?ils reconnaissent que le tourisme est un « pilier économique », cela ne doit pas se faire, selon eux, au détriment des « aspects sauvages ».

« Laissez tout comme c?est, ne construisez plus et protégez votre environnement », soutiennent-ils. Et d?ajouter qu?ayant fait de la plongée sous-marine dans les eaux mauriciennes, ils ont trouvé que « la barrière de récif de corail est légèrement abîmée ».

<B>Cultiver l?esprit écolo</B>

Ne pas dégrader l?environnement des plages. Jean-Luc Brad, qui est Français, pense qu?il faut sensibiliser les touristes et les vacanciers à la nécessité de ne pas laisser les sacs en plastique, filets de pêche, bouteilles et autres déchets sur les plages.

Le statut de ce Français dépasse toutefois celui de touriste, car un de ses frères est marié à une Mauricienne. Écologiste dans l?âme, et sensible aux questions de préservation de l?environnement, il trouve que les responsables du tourisme devraient inculquer aux visiteurs et à la population qui fréquente les plages un esprit écolo plus en accord avec la nature et sa protection. « Quand je suis arrivé à Flic-en-Flac, j?ai dû ramasser les mégots par terre afin de pouvoir poser ma serviette », explique-t-il. « Sermonnez ceux qui dégradent les plages », lance-t-il aux autorités.

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