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APE : les causes des négociations laborieuses
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APE : les causes des négociations laborieuses
C?est la course contre la montre pour conclure un nouvel accord commercial avec l?Europe. Le composant commercial de l?accord de Cotonou (accord qui encadre les rapports économiques entre les pays d?Afrique, Caraïbes et Pacifique ? ACP - et l?Europe) arrive à terme à la fin de cette année. Les négociations sont laborieuses, mais Maurice compte néanmoins faire une offre d?accès au marché d?ici deux semaines. Le pays veut jouer la carte de l?offensive. Ses pairs, dans leur grande majorité, campent sur la défensive.
Le bloc ACP s?est constitué en différentes régions dans le cadre des négociations avec l?Union européenne (UE). Maurice fait, elle, partie de la zone Eastern and Southern Africa (ESA). Toujours est-il que le pays ne partage pas beaucoup d?intérêts économiques avec plusieurs de ses pairs du groupe. D?où la difficulté à trouver une position commune face à l?UE.
Les ACP ont jusqu?ici exporté vers le vieux continent sous un régime préférentiel non réciproque (les produits européens ne bénéficiaient pas du même traitement dans les pays ACP).
L?entrée en vigueur des nouveaux accords signifie que l?Europe pourra, elle aussi, exporter en franchise de douane vers ses partenaires ACP. Le nouveau régime devra être conforme aux règles de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Toutefois, cette libéralisation de l?accès au marché se fera de manière asymétrique, ce qui accordera aux ACP une longue période d?adaptation.
Réductions tarifaires
12 des 16 Etats membres de l?ESA font partie des pays les moins avancés (PMA). De ce fait, leurs produits vont bénéficier d?un régime d?exportation quota-free et duty-free en Europe sous le système ?Tout sauf armes?. Dans ces conditions, ils n?ont pas grand intérêt à signer un APE avec l?UE.
Maurice doit tenir compte de ces réalités avant de formuler une proposition, même si elle a les moyens de faire face à l?ouverture des marchés aux produits européens.
?Nous pouvons faire une offre d?accès au marché qui dépasse largement ce que l?UE demande. Nous sommes en mesure de proposer une offre de libéralisation qui exclut seulement 6 % de nos importations. Par contre, il y a des pays qui veulent exclure jusqu?à 60 % de leurs importations? soutient le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, dans un commentaire à l?express.
Maurice s?est engagée dans un processus de réduction tarifaire depuis plusieurs années déjà. Les droits de douane ont beaucoup baissé et d?autres réductions ne devraient pas trop perturber les industries locales ou encore les caisses de l?Etat. ?Nous avons déjà beaucoup libéralisé à l?intérieur du Comesa et de la SADC (Southern African Development Community) sans compter nos engagements auprès de l?OMC et par rapport à nos accords bilatéraux?, dit le ministre.
Selon celui-ci, Maurice peut prendre des positions offensives au-delà du volet commerce des biens lors des négociations. Le pays est tout à fait disposé, souligne-t-il, à discuter commerce des services et investissement étranger avec Bruxelles. ?La part des services dans notre produit intérieur brut est très élevée. Concernant l?investissement extérieur, nous avons beaucoup ouvert le pays aux investisseurs étrangers à travers le Business Facilitation Act?.
Ces questions ont été soulevées lors de la rencontre entre le ministre des Finances et la Chef de la Délégation de la Commission européenne, Claudia Wiedey, lundi dernier. Le message du gouvernement à l?UE est le suivant : il est injuste de pénaliser le pays à cause des autres.
Pour ne pas compromettre les chances d?un accord d?ici le 31 décembre prochain, Maurice garde l?option d?un plan B. Ce scénario de rechange préconise la constitution d?un sous-groupe au sein de l?ESA et qui comprend Madagascar, les Seychelles, les Comores et La Réunion.
Cette configuration donnera à la partie mauricienne une plus grande marge de man?uvre pour négocier et parvenir à un accord avant la fin de l?année. Les Etats membres du sous-groupe se concertent la semaine prochaine aux Seychelles. Une autre réunion est prévue à Madagascar vers la fin du mois.
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