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La MSPA : ?Des conditions ont retardé la mise en ?uvre de la réforme?

4 octobre 2007, 00:00

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Le secteur sucrier n?a pas tardé à réagir aux propos du ministre des Finances, Rama Sithanen, au sujet de la réforme du secteur sucre. Car selon Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), des conditions ont été ajoutées par le gouvernement qui retardent la mise en ?uvre de la réforme. Il s?agit de l?accès aux terres et l?ouverture de l?actionnariat.

?Le ministre Sithanen a résumé parfaitement les enjeux, en ce qui concerne la réforme sucrière et les problèmes pouvant survenir dans le décaissement de la somme promise par l?Union européenne (UE) comme mesures d?accompagnement.?

Car si les principales mesures contenues dans la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS), notamment en ce qui concerne la centralisation, le Voluntary Retirement Scheme (VRS) et la formation des bénéficiaires du VRS ne sont pas appliquées dans les meilleurs délais, le pays court le grand risque de perdre l?aide de l?UE.

?Cela aura une conséquence directe non seulement sur la réussite de la réforme, mais aussi sur l?économie du pays en général car cette somme devrait servir aussi aux secteurs émergents de l?économie mauricienne?, ajoute Jean Li Yuen Fong.

Il souligne que la MSPA a toujours voulu la concrétisation de la réforme du secteur sucrier. Elle a d?ailleurs participé activement à l?élaboration de la MAAS, ainsi qu?à sa mise en ?uvre.

?Dans le cadre de la MAAS, des investissements massifs sont prévus dans le domaine de la centralisation, de la production énergétique, de la mise sur pied des raffineries et des distilleries et il est difficile de les faire tant qu?il n'y a pas le cadre légal et réglementaire pour continuer. Mais il y a aussi eu d?autres conditions qui ont été introduites et qui retardent la mise en ?uvre de la réforme, dont l?accès aux terres et l?ouverture de l?actionnariat.?

Offres d?achat pour les sucres raffinés

Jean Li Yuen Fong fait ressortir que la MSPA a toujours prôné le dialogue et a participé à plusieurs rencontres et autres comités techniques avec le gouvernement, afin de faire avancer la réforme. ?Nous sommes ouverts au dialogue et restons à la disposition du gouvernement pour toute autre rencontre qui mènerait à une solution globale et rapide de la réforme.?

L?inquiétude est grandissante dans ce secteur devant les retards enregistrés au niveau de la centralisation des usines sucrières et la construction des raffineries. Elles sont jugées essentielles pour permettre au pays de faire face à la compétition mondiale et la fin du Protocole sucre dans deux ans.

Car Maurice n?aura pas seulement à faire face à la baisse de prix de 36 % du sucre, mais aux producteurs sucriers plus compétitifs venant des pays les moins avancés (PMA) et des Etats non-PMA d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

?Nous avons déjà des offres d?achat pour nos sucres, raffinés et spéciaux, mais il nous faut savoir quels sont les produits qui seront disponibles et à partir quand. Il faut rassurer les éventuels acheteurs sur la compétitivité du prix et la qualité de nos produits aussi bien que le calendrier des livraisons?, explique Jean Noël Humbert, chief executive officer (CEO) du Syndicat des sucres. ?Pour cela, il faut compléter le plus rapidement possible les volets proposés dans la réforme du secteur sucre au sujet des raffineries, de la production énergétique et de la centralisation, entre autres.?

Pour l?année financière 2006-2007 l?aide de l?UE se chiffre à environ Rs 500 millions. Elle est composée de Rs 300 millions pour la tranche fixe et Rs 200 millions pour la tranche variable.

L?aide sous la tranche fixe a déjà été déboursée car le gouvernement a respecté les conditions attachées. Mais ce n?est pas le cas pour la tranche variable, car une seule condition a été appliquée, l?épierrage. Alors que les conditions liées à la centralisation, l?application de la deuxième phase du VRS et la formation des travailleurs concernés par ce plan n?ont toujours pas été respectées.

?Claudia Wiedey, le chef de la délégation de la Commission européenne (CE) à Port-Louis comprend les engagements du gouvernement au sujet de ces réformes. Je suis confiant que les discussions avec le secteur sucrier sur la centralisation et d?autres questions vont aboutir dans l?intérêt de toutes les parties concernées?, indique Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie.

Rama Sithanen ajoute : ?La CE est consciente que le temps ne joue pas en notre faveur. Elle est d?accord avec notre position. Toutefois, nous devons arriver à un accord. Sinon Maurice va perdre les Rs 200 millions prévues sous la tranche variable si toutes les conditions ne sont pas respectées.?

Pour 2007-2008, les fonds des mesures d?accompagnement s?élèvent à Rs 1,6 milliard. Le gouvernement n?a pas encore signé cette tranche d?aide. Mais, au total, pour les six prochaines années, l?aide européenne s?élèverait à Rs 11 milliards (250 millions d?euros), à titre indicatif.

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