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La STC mettra en vente des médicaments à bas prix

4 octobre 2007, 00:00

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Mettre des médicaments moins chers à la disposition des patients mauriciens. C?est là le slogan de la State Trading Coporation (STC), qui envisage de se lancer dans l?importation de médicaments. Mais les opérateurs du privé veillent au grain : ils insistent d?ores et déjà pour que cet organisme soit soumis aux mêmes règles que tous les opérateurs du secteur.

La STC a déjà entamé des discussions avec une compagnie indienne en vue de faire venir des médicaments, indique-t-on dans les milieux proches du ministère du Commerce. Il est question de remèdes pour les diabétiques, les hypertendus ainsi que les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires. Ces médicaments seront vendus à moindre coût dans quelques points de vente à travers l?île. Le premier sera ouvert à Port-Louis.

Il nous revient que la STC importera des génériques ? des médicaments sans brevet mais dont la composition chimique est strictement identique à celle du médicament d?origine. La différence se situera au niveau du prix : les génériques sont moins chers car seul le coût de fabrication est pris en compte, alors que le prix d?un remède non-générique inclut le coût de sa mise au point et de sa commercialisation. Sa découverte est protégée par un brevet qui en garantit la propriété exclusive au laboratoire qui le commercialise.

?Le but est d?offrir un produit à un meilleur prix. Mais si déjà le projet est torpillé c?est le consommateur qui sera pénalisé. En effet, l?objectif est de lui venir en aide, vu qu?il se retrouve souvent forcé d?acheter des médicaments onéreux, dont le prix ne cesse de fluctuer?, soutient-on dans les milieux proches du gouvernement.

Cette démarche de la STC n?est pas contestée par la Chambre de commerce et d?industrie. Son secrétaire, Mahmood Cheeroo, affirme que l?organisme a ?toujours prôné la concurrence. Si l?importation des médicaments se fait sur un level playing field, c?est-à-dire que la STC soit soumise aux mêmes conditions que les autres opérateurs, il n?y a aucun problème.?

Le président de l?Association des pharmaciens, Sanjay Prayag, va dans le même sens mais avec quelques réserves. ?Il faut que la guerre se fasse à armes égales. Il faudrait que la STC fasse enregistrer ses médicaments comme nous le faisons et s?il y a une liste d?attente, qu?elle attende comme nous. Elle devra, de même, être soumise au Pharmacy Board et disposer d?un local séparé pour vendre ses médicaments, avec un pharmacien à son service.?

Abordant la question d?éventuelles répercussions sur les prix des pharmacies, le président de l?Association des pharmaciens, Sanjay Prayag, se montre plus mitigé : ?Si l?objectif est de nous faire baisser les prix, ce ne sera pas possible. Nous importons en euros, pour un bon nombre de médicaments, et comme la roupie ne cesse de dévaluer et que le coût du fret a augmenté ces derniers temps, il est difficile d?envisager une baisse de prix.?

Assurance de qualité

Quant à l?argument des autorités, selon lequel les médicaments sont trop chers, notre intervenant se rebiffe : ?Chers comparés à quoi ? La marge de profit combinée à La Réunion est de 50 % alors qu?à Maurice, elle est de 33 %. Même à Madagascar, la marge de profit est plus que chez nous à 40 %. De plus, les autorités ne peuvent nous accuser de quoi que ce soit, étant en présence de toutes les données ? elles ont un droit de regard.?

Pour le député du Mouvement socialiste militant et pharmacien, Mahen Jhugroo, cette décision du gouvernement ne va pas dans la bonne direction : ?Comme c?était le cas pour le lait, ce sera un échec. Que le gouvernement légifère par rapport aux génériques et les médicaments seront bien plus accessibles ! J?ai des médicaments à Rs 200 qui peuvent être vendus à dix fois moins cher.?

La requête de Sanjay Prayag, va dans le même sens : ?Actuellement, nous ne pouvons nous substituer à la prescription médicale pour proposer du générique au patient. Nous avons fait plusieurs demandes dans ce sens pour nous donner cette prérogative comme cela se fait ailleurs mais celles-ci sont restées vaines.?

Cette ouverture vers les génériques ne peut se faire, précise Sanjay Purryag, sans qu?il y ait une assurance de qualité. La polémique sur les médicaments de qualité inférieure distribués à un moment dans les hôpitaux est encore en mémoire?

Réagissant à cette décision, un gros importateur de médicaments se range du côté de la Chambre de commerce et de Sanjay Prayag, sur la question du ?level playing field?. Cependant, il soutient que ?si la STC croit qu?elle pourra vendre des médicaments sans créer un awareness sur le produit, sa force de vente sera compromise. Il n?y pas que l?axe importation et distribution pour les médicaments.?

Cette tentative de la STC pour entrer sur le marché des médicaments n?est pas nouvelle. Elle l?avait envisagée depuis des années. Mais jusqu?ici, elle a fait face à plusieurs obstacles et le projet est resté lettre morte.

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