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Gaëtan de Chazal, toutes voiles dehors
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Gaëtan de Chazal, toutes voiles dehors
De la maquette à la vérité. Toutes voiles dehors, Gaëtan de Chazal met le cap sur l?Histoire. En version très personnelle. Celle d?une relecture documentée des découvertes et des conquêtes de la région océan Indien.
Son port d?attache : une véritable passion des bateaux. Au-delà des modèles réduits, Gaëtan de Chazal a choisi de ne pas rester dans l?impasse. D?emprunter la passe vers le large, celle d?une Histoire maritime des Mascareignes.
Ce beau livre publié aux Editions du Corsaire a été lancé durant la semaine écoulée. ?Ce livre, qui n?est pas un manuel d?histoire à but scientifique, est plutôt une manière de raconter l?histoire différemment et d?en partager les méandres?, écrit en préface Jean Pierre Lenoir. ?Le fil rouge de ce livre est bien évidemment constitué par les bateaux qui ont touché Maurice à différentes périodes de son histoire. Mais c?est aussi l?histoire de ces hommes et de ces femmes qui, mus par un idéal, contraints par l?histoire ou poussés par des raisons économiques, ont pris la mer .?
L?auteur, lui, explore l?horizon de nos occupations successives. Ce qui ne l?empêche pas de remonter le fleuve de la compréhension, pour nous embarquer à bord de la birème phénicienne, du sambouk arabe, du prao malais, de la jonque chinoise ou des caravelles de Christophe Colomb.
Tout en suivant méticuleusement la chronologie des périodes, son objectif affirmé est d?illustrer l?importance de notre île. Montrer dans quelle mesure elle a rempli ses fonctions de clé et d?étoile de l?océan Indien.
Gaëtan de Chazal cherche avant tout à comprendre. A mettre en perspective. A ne pas s?arrêter aux versions convenues à force d?avoir été circulées. Son esprit critique en avant, c?est en s?appuyant sur sa documentation, qu?il cite d?ailleurs abondamment, que l?auteur écrit notamment : ?Contrairement à ce que l?on aurait pu penser, les documents cartographiques montrent que les îles des Mascareignes n?ont pas été découvertes en même temps et par un même navigateur.?
Lui, a fait le chemin à rebours. Expert-comptable de profession, reconverti dans la fabrication de maquettes de bateau, c?est son activité professionnelle qui l?a poussé dans les grandes eaux des conquêtes géographiques.
??engouement pour l?histoire?
En 1976, Gaëtan de Chazal rachète Comajora, fabrique de maquettes de bateau. Modèle favori : le souvenir de Paul et Virginie, la reproduction du Saint-Géran. ?Et puis, quand les touristes revenaient, ils nous demandaient forcément autre chose. Quand on leur proposait un brick négrier, ils disaient pas question.?
Les lois du marché poussent Gaëtan de Chazal à écumer les musées de la Marine. Son activité professionnelle se transforme en engouement pour l?histoire. ?Vous savez, c?est en disant que Maurice avait été portuguaise, hollandaise, français, etc...que j?ai eu accès souvent gratuitement aux plans des bateaux, pour réaliser les maquettes.?
L?auteur ne s?arrête pas au bois, aux voiles et aux boulets de canons. Il s?intéresse aussi aux hommes qui les ont commandés. Histoire maritime des Mascareignes s?attache au récit des ?explorations et prises de possessions effectuées à partir de Maurice?. De 1601, ?avec l?arrivée du Duykfen et la découverte de l?Australie 164 ans avant Cook?, au ?retour de l?escadre Tronjoly de sa croisière sur le Banc des Aiguilles? en 1780. Il navigue dans le sillage des grands marins et explorateurs qui visitèrent l?Isle de France (dont certains sont des ancêtres de familles toujours existantes note-t-il), de Lemaire ?qui découvrit le cap Horn et qui est enterré à Port-Louis? à Dumont d?Urville qui en 1840 ?vint chercher sur l?Astrolabe les épaves des bateaux de La Pérouse transportées par la Bayonnaise?.
Un partage du savoir assorti en annexe d?un lexique des modèles bateau, de l?astrolabe au vaisseau, en passant par la corvette ou le sextant. Un mot enfin sur la qualité du produit, servie par de illustrations réussies.
L?auteur en quelques dates
■ 1923 : Naissance de Gaëtan de Chazal.
1946 : Démobilisé après trois ans dans le ?Royal Corps of Signals? en Afrique.
1948 : Départ pour des études d?expert comptable en Angleterre
1954 : Retour à Maurice où il fonde avec des partenaires la société de Chazal du Mée
1967 : Election à la circonscription No. 17 Curepipe-Midlands
Occupation française
■ ?On comprend qu?après ces hécatombes le ministre de la Marine française ait réagi en 1742 après avoir reçu un mémoire de l?Isle de France. Mais le scorbut n?était pas la seule maladie à décimer les équipages. L?autre cause de mortalité était la dysenterie. L?eau qui était embarquée au départ du bateau croupissait pendant trois à quatre mois et était stérilisée par des boulets chauffés à blanc qu?on jetait dans les barriques d?eau corrompue. Les fièvres malignes, telle la malaria, étaient aussi causes de mortalité. C?est pourquoi sans nos deux ports, les deux seuls valables dans l?océan Indien pendant ces siècles, sans notre eau et notre ravitaillement, les découvertes de la Tasmanie, Nouvelle Zélande, Australie n?auraient pu se faire à cette époque (...)
Les Américains ont joué un rôle capital dans l?histoire économique des Mascareignes. Entre 1786 et 1810, ils envoyèrent pas moins de 541 expéditions à l?Isle de France car d?après Milburn ?les prises effectuées et conduites à l?Isle de France étaient si nombreuses et si riches que les marchés se trouvèrent saturés des produits des possessions britanniques dans l?Inde ; et les vaisseaux américains s?y rendaient fréquemment pour s?en procurer à des prix plus avantageux que ceux qu?ils auraient payés à Calcutta? (A. Toussaint, Histoire de l?océan Indien p. 165).
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