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Deux femmes admises à l?hôpital en moins de 24 heures

30 septembre 2007, 00:00

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Deux avortements, pratiqués en moins de 24 heures, ont failli coûter la vie à deux mères de famille cette semaine. Ces deux dernières, enceintes de plusieurs semaines, ont ingurgité une certaine quantité de pilules abortives qu?elles se seraient procurées dans une pharmacie. Souffrant de complications graves, elles ont toutes deux été admises d?urgence à l?hôpital.

Mardi dernier, une trentenaire, résidant à Camp-Diable, est transportée d?urgence à l?hôpital Nehru très tôt le matin, se plaignant de violentes douleurs au ventre. Interrogée par les médecins, cette mère de famille finit par avouer avoir ingurgité, deux semaines auparavant, six comprimés abortifs qu?elle s?était procurés dans une pharmacie à Curepipe. Elle en était à sa quatorzième semaine de grossesse. Mère de sept enfants, elle ne souhaitait aucunement avoir une bouche supplémentaire à nourrir. Les revenus de son époux, a-t-elle expliqué à la police, employé à temps partiel, ne lui auraient pas permis de subvenir aux besoins d?un autre enfant.

« Des produits dangereux »

Un peu plus tard dans la journée, une habitante de Goodlands, âgée de 30 ans, est admise d?urgence à l?hôpital du Nord. Lors de l?examen, les médecins de service découvrent qu?elle s?est fait avorter. Ils avertissent aussitôt la police qui arrive sur les lieux peu après. Une perquisition, effectuée au domicile du couple quelques heures plus tard, a permis aux enquêteurs de retrouver un f?tus de trois mois dans l?une des pièces. Celui-ci est conduit à l?hôpital aux fins d?autopsie. C?est le docteur Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer, qui procédera à cet examen. Une accusation d?avortement illégal pèse actuellement sur la mère du f?tus.

Du côté du ministère de la Femme, on laisse entendre qu?une vingtaine d?avortements clandestins, pratiqués depuis le début de l?année, ont été à l?origine de complications graves. Mais personne ne connaît le nombre exact d?avortements pratiqués illégalement par des médecins, souvent des généralistes. « Ces opérations ont souvent lieu dans des garages où l?hygiène laisse beaucoup à désirer. C?est très difficile de repérer ceux qui les pratiquent, ou alors seulement quand les choses tournent mal », explique un officier de ce ministère.

Une enquête a été initiée par la Criminal Investigation Division (CID) afin de découvrir où les deux jeunes femmes se sont procurées ces pilules abortives.

« De plus en plus de pharmacies commercialisent ces produits interdits et ils peuvent, dans certains cas, se révéler dangereux », prévient un officier de police très au fait de ces pratiques.

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