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Elle vend son corps à 13 ans

30 septembre 2007, 00:00

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Déscolarisée, Joanne (prénom fictif), âgée de 13 ans, souhaitait trouver du travail pour pouvoir aider son père. C?est donc en toute confiance que celui-ci l?aurait présentée à une certaine Danielle Mootoosamy, qui avait promis de lui offrir un emploi.

Moins d?un an après, Joanne débarque en larmes au poste de police de Bambous avec un récit pour le moins choquant : elle aurait été forcée à se prostituer. Enfermée dans un bungalow non loin de la plage de Flic-en-Flac, elle y recevait les « clients » que lui envoyaient des proxénètes. Les policiers de la brigade des mineurs montent aussitôt une opération policière. Bilan : six personnes soupçonnées de faire partie du réseau sont arrêtées.

« Plusieurs réseaux de prostitution impliquant des mineurs ont été démantelés ces derniers mois. C?est la preuve que nous ne comptons pas tolérer ces agissements. S?il y a des adolescents qui souhaitent venir de l?avant et dénoncer leurs proxénètes, ils ne doivent pas avoir peur, nous agirons dans les plus brefs délais », fait-on comprendre au sein de la brigade des mineurs qui n?en est pas à son premier coup de filet. Deux autres réseaux similaires, opérant dans le Nord de l?île, ont été démantelés ces deux derniers mois.

L?adolescente, qui parvient à échapper à la surveillance de ses proxénètes samedi dernier, se rend au poste de police de Bambous pour y consigner une déposition. Elle y explique devoir se prostituer contre son gré et que trois autres adolescentes seraient dans la même situation qu?elle.

Toujours selon sa version recueillie par les policiers en présence d?officiers de la Child Development Unit, elle aurait été obligée à monnayer ses faveurs sexuelles contre des sommes variant entre Rs 50 et Rs 200. Tout comme elle, les autres adolescentes auraient été malmenées si elles refusaient d?avoir des rapports sexuels avec les « clients » que leur envoyaient leurs proxénètes.

La brigade des mineurs est aussitôt alertée. Sur la base des informations fournies par l?adolescente, elle parvient à identifier les membres du réseau présumé qui opéraient dans la région de Flic-en-Flac et d?Albion. Les enquêteurs montent, dans la soirée de vendredi, une opération afin de mettre fin aux agissements de ce groupe. Les arrestations se succèdent rapidement et six suspects sont placés sous les verrous. L?interrogatoire de ces derniers apprend aux policiers que ce réseau de prostitution de mineurs existe depuis un peu moins d?un an.

« Ti ena touris ki finn vinn de troi fwa »

Les enquêteurs soupçonnent Danielle Mootoosamy, âgée de 33 ans, d?être le cerveau de ce réseau. Cette habitante de Camp-Créole, Albion, est sous le coup d?une accusation de « causing a child to be sexually abused ». Une accusation dont devra également répondre une habitante de Flic-en-Flac, Marjorie Hypolite, qui a elle aussi été arrêtée lors de cette opération policière. Les autres suspects sont : Poorem Jany, 35 ans, un skipper habitant Flic-en-Flac, Louis Jeanne, 22 ans, et Jean Fredson Collin, 25 ans.

Les policiers de la brigade des mineurs s?attellent maintenant à retrouver ceux qui auraient eu des rapports sexuels avec ces adolescentes en échange d?argent. « La jeune fille a donné la description de quelques-uns de ses clients. Nous enquêtons maintenant sur eux », souligne-t-on du côté des Casernes centrales.

Ces individus, explique un officier de la brigade des mineurs seraient, pour la plupart, des habitants de la région. Ils devront répondre d?accusations portant sur des relations sexuelles avec mineurs. Selon les dires de l?adolescente, certains seraient même des habitués. « Ti ena touris ki finn vinn de troi fwa », a déclaré l?adolescente aux policiers.

« Si nu ti konner ki li ti pou fer sa ban zafer la, zamais nu pa ti pu laiss li ale ar sa madam la. Li ti paret enn byen bon dimun », laisse entendre un proche de la famille de la jeune fille à Cité-La-Ferme, Bambous.

Joanne, après avoir été examinée par un médecin de la police, a pu regagner son domicile. Du côté du ministère de la Femme, l?on fait ressortir qu?elle bénéficiera d?une assistance psychologique afin de se remettre de ces « terribles » épreuves.

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