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« Chikungunya » : ces douleurs qui perdurent
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« Chikungunya » : ces douleurs qui perdurent
Lourdes, 54 ans n?en finit pas de se battre contre le chikungunya. Elle fait partie des 10 071 personnes qui ont contracté le virus début 2006. Elle a bien connu un répit six mois après sa maladie, mais avec l?hiver, ses articulations sont mises à rude épreuve.
Les douleurs sont si intenses qu?elle en perd parfois le sommeil. « Je suis diabétique et je souffre de surcroît de déficience cardiaque, ce qui fait que je dois prendre une dizaine de médicaments par jour. J?ai très peur et je n?ai pas envie de prendre des anti-inflammatoires à cause de mon état de santé », confie-t-elle. De ce fait, lorsque la douleur devient trop forte, elle se masse les jointures à l?aide d?un onguent analgésique.
Le cas de Lourdes n?est pas isolé. Qui n?a pas entendu quelqu?un dans son entourage se plaindre des séquelles du chikungunya ? Certains affirment souffrir de douleurs articulaires au réveil, alors que d?autres confient que la maladie influe sur leur humeur.
Des malades qui souffrent dans l?ombre
Ainsi, plusieurs mois après avoir contracté le virus, nombre de malades continuent à souffrir. Les atteintes les plus importantes surviennent au niveau des articulations. Seulement, les autorités sanitaires ne sont pas en mesure d?évaluer l?impact des séquelles sur la population. À la Réunion cependant, où 38 % des gens avaient été touchés pendant l?épidémie de 2005-2006, une étude a été entreprise à ce sujet.
Le président de la Private Medical Practitioners Association, le Dr Isshack Jowahir estime que les Mauriciens ayant déjà contracté le chikungunya connaissent un sort identique à leurs voisins de l?île s?ur. « Nous n?avons pas de statistiques, mais il est vrai qu?une partie des malades souffre encore dans l?ombre », souligne-t-il.
Mais il précise que le lien avec le virus est difficile à établir, surtout quand les malades sont âgés ou souffrent de rhumatismes chroniques.
« La plupart des personnes atteintes ressentent une diminution des séquelles dans le temps. Les gens qui continuent à souffrir plusieurs mois après la phase aiguë sont ceux qui ont déjà eu des maladies musculaires, des problèmes aux articulations ou encore ceux qui ont une résistance amoindrie en raison d?autres pathologies », explique-t-il.
Lorsque la maladie a éclaté en décembre 2005, nombre de personnes avaient eu recours à des injections de cortisone, ce qui avait été vivement critiqué par le corps médical et les autorités sanitaires. « Nous étions contre ce traitement pour des raisons bien évidentes. La cortisone apporte un soulagement certes immédiat, mais qui n?est que temporaire. Pendant quelques heures le malade se sent mieux, mais les séquelles en sont beaucoup plus graves ! », s?exclame le médecin.
La cortisone, considérée comme une panacée, faisait figure de médicament à double tranchant dans le cas du chikungunya. « La cortisone augmente le risque de la multiplication du virus chez le malade. Ce qui pourrait aussi expliquer les douleurs chroniques chez eux. »
En l?absence d?une décision de l?État d?entreprendre une étude à grande échelle sur les séquelles du chikungunya, personne ne sera à même de comprendre son impact sur la population. Pourtant, beaucoup de ceux l?ayant déjà contracté et peut-être plus que le nombre de malades déclarés officiellement, continuent tant bien que mal à vivre avec cette maladie incapacitante.
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