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Paul Bérenger, leader de l?opposition malgré lui
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Paul Bérenger, leader de l?opposition malgré lui
Paul Bérenger se serait-il trompé dans ses calculs ? C?est en tout cas ce que laissent entendre certaines voix de l?opposition parlementaire. Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM), qui a, jusqu?à présent fait montre d?un sens aigu de la mathématique politique, se retrouve presque malgré lui dans le fauteuil du leader de l?opposition qui lui a échappé, il y a un peu plus d?un an.
On le sait, des discussions avaient été entamées pour offrir ce poste à un autre membre du MMM, correspondant, selon Paul Bérenger, davantage aux attentes des électeurs. Le leader mauve se serait alors contenté de tirer les ficelles dans l?ombre, sachant que son parti ne pourrait, en l?état actuel des choses, aspirer à remporter les prochaines élections générales avec lui comme éventuel Premier ministre. « Ce ne sont que des spéculations », défend-on du côté du MMM.
Revigorés par ce revirement de situation
Quoi qu?il en soit, les parlementaires mauves se sentent, pour leur part, pousser des ailes. « Nous saisirons toutes les opportunités pour acculer ce gouvernement », clament-ils. Un changement d?attitude radical, alors que ce parti s?était distingué, depuis plusieurs mois par une certaine mollesse et des absences répétées de son leader. Des absences vertement critiquées par le Mouvement socialiste militant (MSM) qui y voyait un pur et simple boycott.
Revigorés par ce virement de situation, les parlementaires du MMM mettent la dernière main à leur plan de bataille. Réforme économique, enjeux sociaux, scandales « successifs » et mauvaise gouvernance sont autant de thèmes sur lesquels ils comptent marquer des points. Même Paul Bérenger semble avoir repris du poil de la bête.
Il faut dire que le leader du MMM a toujours préféré être sur le devant de la scène. Certains se risquent même à dire qu?il marquera son retour au poste de leader de l?opposition par des PNQ « agressives ». Paul Bérenger, connu pour ne négliger aucun détail lors de ses interventions au Parlement, aurait ressorti ses « dossiers à scandales ». Les vannes fusent dans les rangs de l?Alliance sociale.
« Le leader maximo est de retour », lâche un parlementaire rouge.
Un « prix de consolation »
Du côté des autres partis de l?opposition parlementaire, l?on s?interroge sur le style qu?adoptera le leader du MMM au sein de l?hémicycle. « Nando Bodha avait pour habitude de discuter des questions qu?il poserait avec son parti, mais Bérenger, lui, a toujours gardé le suspense jusqu?à la dernière minute. Il ne discute pas de sa PNQ avec les autres membres de l?opposition, à quelques exceptions près », explique Showkutally Soodhun, ancien Chief Whip. Une attitude longtemps décriée par les partenaires du MMM et subie par les parlementaires mauves qui doivent se tenir prêts à prendre le train en marche.
La nomination du nouveau leader de l?opposition passée, le bras de fer se joue maintenant autour de la nomination du Chief Whip. Du côté des mauves, l?on susurre que le dossier sera évoqué lors de la réunion du bureau politique qui se tiendra demain.
Si dans certains milieux, il avait été avancé que ce fauteuil serait offert à un député MSM, la direction de ce parti a, quant à elle, tenu à mettre fin à toute rumeur : « Il n?en est pas question ! »
La dignité du parti, laissent entendre des parlementaires du MSM, en prendrait un coup. Et pour cause, certains voient dans ce poste un « prix de consolation ».
Au MSM, l?on digère encore très mal la décision du Parti mauricien social démocrate (PMSD) de donner son soutien au MMM, lui arrachant par la même occasion le siège de leader de l?opposition. D?autant plus que le leader des bleus, Maurice Allet, avait, lors d?une rencontre avec Pravind Jugnauth, donné l?assurance que son parti siégerait en indépendant. Un impair que n?est pas prêt de pardonner le leader du MSM.
Et pour ne pas arranger les choses, Maurice Allet s?obstine à dire à qui veut l?entendre qu?il est légitime de sa part d?apporter son soutien au MMM, après avoir été soutenu par ce même parti lors des élections générales de 2005. « Nous ferons une opposition constructive », lâche, de son côté, Maurice Allet.
Si sur le papier, le MMM souhaite l?existence d?une relation de travail avec le MSM, dans la réalité, cela a très peu de chance d?aboutir. Parti pour faire le pont entre ces deux partis, le PMSD n?a réussi qu?à semer davantage de confusion et raviver de vieilles ranc?urs. Pour ce qui est de la réunification de l?opposition, il faudra encore attendre.
Faute d?une relation cordiale avec le MSM, le MMM tentera de coordonner l?action de l?opposition avec ses deux autres partenaires, l?Union nationale d?Ashock Jugnauth et le PMSD de Maurice Allet. Une tâche qui ne sera pas de tout repos. D?autant que malgré les conflits au sein des partis de l?opposition, tous s?accordent à dire qu?une union serait nécessaire pour forcer le gouvernement à revenir sur certaines de ses décisions, dont la National Residential Property Tax ou encore l?impôt sur les intérêts bancaires. « Je souhaite qu?il y ait une plus grande coordination des forces de l?opposition, car nous avons un rôle de chien de garde à jouer au Parlement », déclare Joe Lesjongard. Plus facile à dire qu?à faire?
« Jalousie » du MSM
Certains, au MMM, feignent de ne pas comprendre la « jalousie » dont fait preuve le MSM. D?autant qu?ils ne manquent pas de rappeler les propos tenus par Nando Bodha lorsqu?il s?est vu propulser à la tête de l?opposition parlementaire. « Il avait dit, à l?époque, que sa nomination était une conséquence logique de l?arithmétique constitutionnelle. Or, c?est cette même logique qui s?applique aujourd?hui », font-ils ressortir, un sourire au coin des lèvres.
À n?en point douter, le MMM et le MSM ne sont pas prêts de convoler ensemble. Et un partisan de se rapprochement de conclure : « Merci Maurice ! »
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