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Des bonzes d?espoir

29 septembre 2007, 00:00

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Des bonzes d?espoir

Par Nazim ESOOF

Pour une île où les associations dites socio-religieuses et les institutions religieuses dépendent en partie des subventions de l?Etat, le message qui nous vient des bonzes de la Birmanie nous prouve que l?instrumentalisation de la religion par les politiques n?est pas universelle. Les religions servent à autre chose qu?à des discours de convenance et aux appels de façade à l?harmonie interraciale. Evidemment, on nous dira que les situations birmane et mauricienne n?ont rien de comparables. Evidemment, on pourrait toujours soutenir que le bouddhisme n?est pas une religion. Ce sont des faits incontestables mais lorsqu?on porte la robe, on est porté à un type d?action et de discours. Cela est une autre évidence et cela n?est pas perceptible à Maurice.

Ce qui l?est par contre, c?est un prêtre qui plaide pour un quota ethnique au sein de la fonction publique. Ce sont ces énoncés de sagesse qui composent avec le «realreligieux» mauricien. Ce sont ces femmes et hommes qui s?enferment entre les quatre murs des lieux saints pour consacrer le hiatus entre le monde spirituel et le monde matériel.

En contraste, il y a ces images qui sont porteuses d?espoir. Celles des bonzes et de ces artistes birmans dans les rues de Rangoon. Elles disent un refus de l?autoritarisme. Elles dénoncent la misère du peuple. Elles insufflent la foi dans un peuple que tout porte au désespoir.

A Maurice, il y a d?autres signes et symboles. Ceux de ces dirigeants religieux qui pervertissent les plateformes religieuses pour délivrer des messages politiques. Ceux de ces dignitaires qui ont une plus grande propension à se courber cérémonieusement devant les politiques plutôt que ceux à qui ils sont censés devoir vie et mort. Perte des repères ? Brouillage des codes ? Et on s?étonne que les jeunes générations reproduisent les mêmes travers que les aînés?

Comme ces petiots de l?université de Maurice qui calquent leur campagne pour l?élection de la Students? Union sur le modèle des partis politiques ! Ou comme ces femmes qui se livrent à l?avortement clandestin et qui sont susceptibles de se retrouver derrière ces «barreaux qui n?arrêtent pas la vie» mais qui sont destinés à des personnes qui, de toute leur vie, pourraient n?avoir commis d?offense qu?à l?égard de leur propre personne et devant l?impuissance que suscitent leurs situations personnelles.

On aura tout vu dans ce pays ? Non, il reste encore beaucoup à voir. Parce que l?anormal est la norme. Le racisme est légitimé. Le sectarisme est institutionnalisé. La bêtise est intronisée. Le bon sens est galvaudé. Bref, les mots ont perdu leur sens. Les actions de leur pertinence. Et souvent le discours officiel religieux de sa substance.

Heureusement qu?il y a les bonzes de Rangoon. Ces véritables pacifistes qui ont déclaré la guerre au nom de l?humanité. Pour notre part, continuons à nous battre pour que «nou bann» soient toujours ceux qui détiennent le pouvoir. La seule question qui demeure est de savoir si un pays peut vraiment affronter les enjeux contemporains et relever les défis de l?avenir avec une âme d?une telle petitesse !

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