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L?anorexie, une maladie féminine pas si rare

28 septembre 2007, 00:00

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L?anorexie, une maladie féminine pas si rare

L?anorexie n?est pas une maladie réservée aux pays développés. A Maurice, le refus de s?alimenter devient au fil des années un phénomène assez récurrent auprès des jeunes de 15 à 20 ans, de sexe féminin. ?Dans la clinique où je travaille?, confie une diététicienne, nous en voyons un ou deux cas en moyenne par trimestre. Elles viennent de différentes couches sociales.?

Les adolescentes deviennent anorexiques pour plusieurs raisons. Le Dr Isshack Jowahir précise qu?outre une erreur de régime, la maladie, dans la majorité des cas, est étroitement liée à un problème psychologique. ?La jeune fille a pu développer durant son enfance un complexe par rapport à la nourriture ou à son poids. Une personne de son entourage a pu lui faire une remarque qu?elle n?a pas pu oublier et qui va affecter son comportement?, souligne-t-il. De plus, l?anorexie peut apparaître après une pathologie chronique. Ainsi des maladies digestives comme une intolérance à la protéine de lait de vache, une diarrhée chronique ou encore des infections chroniques sont aussi des facteurs qui entraînent une anorexie.

Cette maladie peut avoir des conséquences assez graves. La première : une extrême maigreur qui doit alerter l?entourage. Car une perte de poids entre 10 et 15 % peut indiquer un comportement anorexique au lieu d?une perte de poids liée à un régime alimentaire. L?arrêt momentané ou l?irrégularité des règles ou aménorrhée comme on dit dans le jargon médical, est un autre signe d?anorexie.

La faible prise d?aliments entraîne des problèmes multiples. ?Les organes et les muscles sont atrophiés, les organes sexuels arrêtent de se développer ou de fonctionner, les os se fragilisent?, poursuit le médecin.

Mais au-delà de toutes ces affections, il est important de souligner la baisse de résistance par rapport aux virus et aux bactéries. Les malades font alors souvent face à des infections comme des bronchites, des ORL ou encore des maladies infectieuses. ?Il faut aussi savoir que lorsque la malade recommence à s?alimenter, elle aura des problèmes digestifs. L?estomac et les intestins ont des ratés et cela peut décourager la jeune fille.? L?anorexie occasionne aussi la constipation.

A la longue, les conséquences du refus alimentaire sont graves. Le corps se protège face aux carences en ralentissant son métabolisme ainsi que certaines fonctions vitales. La production d?hormones thyroïdiennes décroît et la tension artérielle tend à s?abaisser. Chez les jeunes en pleine croissance, les carences nutritionnelles ralentissent et parfois arrêtent la croissance.

Mais face à la maladie, il est intéressant de noter que la personne concernée ne se considère pas comme étant malade. Elle déni sa maladie et apparaît indifférente à sa maigreur. Elle se fait d?ailleurs une fixation sur une partie de son corps qu?elle trouve inesthétique. Lorsque vient le moment de passer à table, le refus de se nourrir est visible. La jeune fille porte une attention marquée dans le choix de sa nourriture ainsi que sur la portion des plats.

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