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SSR : 20 sièges pour le PTr avec la Proportionnelle
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SSR : 20 sièges pour le PTr avec la Proportionnelle
Interviewé par Alain Gordon-Gentil, en septembre 1982, l?ancien Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam, déclare qu?avec un système électoral, basé sur la représentation proportionnelle, son Parti travailliste se serait retrouvé avec une vingtaine de sièges à l?Assemblée législative (N.B. : en fait dix-huit) et aurait pu fournir une opposition plus adéquate et moins squelettique aux toujours possibles abus de pouvoir d?un gouvernement de 60 à 0 ou encore de soixante zéros, comme l?insinuent de méchantes langues.
Voilà un exemple frappant de politiciens au pouvoir, incapables de faire ce qu?il faut faire pendant qu?il est encore temps, tirant systématiquement sur ceux osant critiquer leur manière de gouverner pour, ensuite, expulsés du pouvoir dans lequel ils s?enlisent stérilement, donner raison à leurs critiques et adopter leurs points de vue.
La guerre à la représentation proportionnelle est le cheval de bataille du PTr avec l?Indépendance. Les archives iconographiques (si elles existent) de ce parti doivent conserver quelques photos de sympathisants rouges, brandissant des pancartes du style P.R. nous pas lé ! Tant que le PTr est au pouvoir, c?est-à-dire de 1958 à 1982, il est, bien sûr, interdit de suggérer même une dose un-fini-t?es-si-mal de représentation proportionnelle sous prétexte de vouloir allumer une guerre intercommunale de cent ans ou encore ressusciter cette hydre raciste.
Trois mois après la raclée électorale du 11 juin 1982, voilà sir Seewoosagur Ramgoolam qui vient pleurnicher : Avec la représentation proportionnelle, mon PTr aurait eu 20 députés et je serais assis dans le fauteuil de chef de l?opposition, ce qui est quand même plus confortable que le plus moelleux de tous les canapés à mon domicile. Si la représentation proportionnelle est aussi désirable, que ne l?as-tu pas fait voter pendant que tu détenais le pouvoir ? N?accablons pas plus qu?il ne le faut le PTR car le MSM, le MMM ou encore le PMSD n?ont pas fait mieux même quand l?électorat leur donne une majorité 60-0 ou presque pour le faire ou encore quand ils s?arrangent, par l?entremise d?une coalition illégitime ou presque, pour transformer une majorité 39-21 en une des deux tiers, comme entre 1970 et 1973.
En fait, nos dirigeants politiques depuis l?Indépendance et même avant ne voient jamais plus loin que le bout de leur nez aplati, autrement dit la fin de leur mandat parce qu?ils sont incapables de se concevoir autrement qu?au pouvoir. Ils sont donc inaptes à légiférer pour renforcer autant que possible l?opposition, dont ils pourront toujours faire partie à la fin de leur présent mandat. Pas plus futés donc que l?intendant malhonnête mais avisé de l?Evangile.
Laissons donc sir Seewoosagur Ramgoolam à ses jérémiades post-raclée et voyons ce qu?il a d?intéressant à nous raconter après trois mois passés hors de l?Hôtel du gouvernement. Tout d?abord, il déclare ne pas vouloir que son fils, Navin, retourne à Maurice pour faire de la politique active. Il le préfère médecin en Grande-Bretagne. Au moins son avenir est assuré.
Aux jeunes loups, ayant effectué un coup d?Etat pour s?emparer des commandes du PTr après avoir écarté la vieille garde qui le paralysait, il conseille de consulter utilement les vieux de la vieille qui ont beaucoup de choses à leur apprendre. Voilà de quoi rasséréner une vice-présidence.
Il confesse que l?erreur cruciale du PTr, sinon la sienne, a été d?expulser Harish Boodhoo comme un malpropre. Il s?agit pourtant d?un méfait de cette même vieille garde. ?Nous aurions dû l?écouter. Avec lui, nous aurions remporté les élections du 11 juin 1982?. Les observations faites au sujet de la représentation proportionnelle s?appliquent pareillement ici. Nouveau cas du ?après la mort, la tisane?.
Il reproche à Jugnauth et à Bérenger d?appréhender excessivement l?avenir économique de Maurice et de faire peur aux fonctionnaires. On ne construit rien de bon sur la peur. (N.B. : Sur ce point, SSR a raison. Il suffira que Jugnauth remplace Bérenger par Lutchmeenaraidoo aux Finances pour que la situation économique s?améliore au point que l?on se mette à parler de miracle mauricien).
De là regretter de ne pas avoir fait coalition avec le MMM de 1976, c?est un pas que SSR refuse mordicus de franchir, sous prétexte que le MMM de 1976 était beaucoup plus anti-capitaliste que le MMM de 1982. Merci Anerood Jugnauth ! Merci Harish Boodhoo !
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