Publicité

Sa passion : le travail !

25 septembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Elle a hésité avant de nous accorder un entretien. ?Vous êtes sûre que vous voulez faire mon portrait ? Il y a d?autres personnes qui le méritent plus que moi...?, dit-elle timidement. Beaucoup d?humilité chez Farzana. Car, selon nous, son parcours vaut le détour. A 25 ans, cette habitante de Caroline, à Bel-Air-Rivière-Sèche est détentrice d?un Master 2 (diplôme à finalité professionnelle sanctionnant une formation spécialisée) en psychologie du travail de l?Université Paris X-Nanterre en France. Une filière que peu de Mauriciens ont choisie. La psychologie du travail consiste, entre autres, à faire en sorte que les postes plaisent aux gens en créant un environnement de travail qui stimule le moral et la productivité. Farzana est actuellement en formation pour devenir chargée de cours au Charles Telfair Institute (ex-DCDM Business School).

Frêle corpulence, petite voix, mais débit assuré et aisé? Farzana Maudarbaccus est pleine de surprises. Farzana est certes humble, mais elle est aussi fière. D?avoir pu poursuivre ses études à l?étranger d?abord. Parce que, premièrement, elle voulait absolument voler de ses propres ailes, ne plus être pouponnée par ses parents. Et deuxièmement, parce qu?il a fallu se battre pour réaliser son ambition. Et elle l?a fait. Parce que dans son entourage, on aurait préféré qu?elle poursuive ses études à Maurice. Par peur de laisser partir une fille à l?étranger. Du reste, de toute sa famille, elle est une des rares filles à s?être rendue à l?extérieur pour des études. ?Je serais éternellement reconnaissante à mes parents. De m?avoir fait confiance en me laissant partir. Il fallait le faire !?

?C?est merveilleux l?amour et ça nous donne la force de ne pas baisser les bras et c?est quelque chose qui est présent à chaque étape de notre vie, en commençant par les parents..?

Une fois là-bas, il fallait s?adapter. ?Une autre culture, une langue avec laquelle j?avais quelques problèmes. Mais, on trouve vite sa place.? Sa remarquable aisance avec la langue de Molière ? avec l?accent en plus ? en est une preuve incontestable.

Restait à prouver que ses parents n?avaient pas tort. ?Je savais que le moindre faux pas allait me coûter cher. Il y avait une pression latente. Si je faisais quelque chose, ça devait être nickel. Il faut faire deux fois mieux. Sinon, ce serait des ?Ha ! On t?avait dit.? De faux pas, elle n?en fit pas. Résultat : ?Je suis revenue avec mon diplôme la tête haute.?

Petit retour en arrière. Après des études secondaires au collège Droopnath Ramphul, Farzana demande conseil à ses professeurs en ce qu?il s?agit de son choix d?études. Certains lui conseillent l?informatique, son professeur d?anglais lui suggère la psychologie du travail. Elle écoute ce dernier, ne voulant pas passer sa vie derrière un ordinateur. Ce côté humain de la psychologie lui plaît bien. Elle, la fille chaleureuse, qui aime aller vers les autres. Qui a besoin des autres pour se ressourcer, se retrouver. ?J?ai dû hériter ça de ma maman.? Cette énième allusion à sa maman laisse deviner la tendre complicité qui unit les deux femmes. ?Je l?appelle souvent Mère Teresa. Elle est trop gentille. Elle pense toujours à ce que l?autre va ressentir avant de penser à elle. Elle est pour beaucoup dans tout ce que j?ai fait. Cela dit, je suis méchante avec elle de temps en temps. Elle a vu rouge avec moi?, raconte Farzana entre deux éclats de rire.

Avant de se spécialiser en psychologie du travail, Farzana hésite un peu avec la psychologie clinique. Des hésitations qui s?envolent après un stage. ?Un vendredi soir, une fille de 22 ans ? le même âge que moi à l?époque ? a tenté de se suicider. J?ai pleuré quand je suis rentrée chez moi.? La raison de ce malaise : ?Je n?avais pas assez de maturité et de distance vis-à-vis des patients. Il fallait être plus solide.? Ceci dit, Farzana se sent toujours attirée par la psychologie clinique. Elle compte revenir à la charge plus tard pour décrocher un Master 2 en psychologie clinique.

A son retour à Maurice en décembre de l?année dernière, elle a travaillé comme psychométriste (elle effectuait des tests psychologiques) en compagnie de consultants au Charles Telfair Institute pour réaliser l?évaluation des cadres. Depuis trois semaines, on lui a proposé un poste de chargée de cours. Un défi qu?elle entend relever avec brio.

Farzana ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. Son ambition est de monter sa propre entreprise à long terme. Conformément au conseil de son papa. ?Mais, un an et demi de métier n?est pas grand-chose. Il me faudra avoir plus d?outils dans mon sac. Je n?ai pas encore fait mes preuves. Mais j?en ai bien l?intention?, assure-t-elle. Dur de ne pas la croire.

En attendant, parallèlement à son travail, elle s?occupe, avec l?aérobic deux fois par semaine, la piscine une fois par semaine, le cinéma, la lecture : Marian Keyes, Danielle Steele, le magazine Essentielle?

Elle a l?air d?être une fille bien occupée Farzana ! Mais c?est quoi le plus important dans cette bouillonnante petite vie ? La réponse arrive sans hésitation: ?L?amour? accompagné d?un sourire qui en dit long. ?C?est merveilleux l?amour et ça nous donne la force de ne pas baisser les bras et c?est quelque chose qui est présent à chaque étape de notre vie, en commençant par les parents.? On n?en saura pas plus. Cachottière va ! Il y a aussi l?honnêteté. ?C?est à la base de toute relation. Que ce soit avec sa famille ou au travail. Je ne dis pas que je suis toujours honnête. Mais je m?efforce de toujours l?être.? L?honnêteté avec soi-même aussi. ?Pour qu?on connaisse nos forces et nos faiblesses, et qu?on puisse travailler dessus.?

Un v?u de Farzana : pouvoir concilier sa vie de famille avec son travail. ?Si je dois faire un choix un jour, je ne sais pas lequel je ferai. J?ai une mère qui a toujours été à la maison. Mais, pour moi, ça va être très difficile. Quand un jour, j?aurais des enfants, je ne voudrais pas qu?ils manquent de quelque chose.?

Une dernière préoccupation de la jeune femme. ?Je suis contente d?être là où je suis. Mais, il y a un long futur qui se dessine, j?espère pouvoir remplir tout ça.? A ce rythme, c?est gagné d?avance.

Publicité