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Les messieurs et le sexe
Drôles d?oiseaux que les hommes ! Enfin, si l?on en croit les clichés. Ils seraient accros à la pornographie, cumuleraient épouse, maîtresse, « ex ». Ils seraient sans cesse dans un processus de conquête, aimeraient dominer dans les rapports sexuels, seraient obsédés par la taille de leur sexe. Pour eux, exprimer l?amour c?est le faire et puis, ce sont surtout eux qu?on trouve dans les délits sexuels?
Pas la peine de monter sur vos grands chevaux. La guerre des sexes n?aura pas lieu ici. Nous n?allons pas tomber dans le piège de l?archétype viril, même si les stéréotypes ont la vie dure et que pour certains, la virilité du mâle dominant est inscrite dans leur patrimoine génétique. Les hommes ont changé, on vous l?accorde. Avec l?émancipation des femmes, la lutte contre les sociétés patriarcales, les hommes se transforment, se « féminisent » même. D?ailleurs, les réactions femmes et hommes ont de plus en plus tendance à se ressembler. N?empêche, il n?est pas facile de définir les « nouveaux hommes ». Ils nous ont l?air familiers et inconnus à la fois. Se connaissent-ils eux-mêmes ? Nous critiquons leur comportement « mâle », mais nous n?aimons pas les hommes trop mous. Où en est la sexualité masculine ? Nous avons essayé de trouver quelques débuts de réponse en interrogeant les principaux concernés (leurs prénoms sont fictifs). Qu?à cela ne tienne, quand il s?agit de votre chéri, il vaudrait peut-être mieux faire dans le sur mesure car il n?existe pas de mode d?emploi définitif.
QUELS SONT LEURS FANTASMES ?
■ Quel monde que celui des fantasmes des hommes. Le plus récurrent, est celui du plan à trois, avec, bien évidemment, deux filles. « Moi je rêve de me retrouver sur une île déserte, avec un écran géant où passent des matchs de foot et? deux belles filles en bikini à mes côtés. Après les matchs, vous devinez ce qui se passera », confie Josian, 22 ans, sourire aux lèvres. Pour d?autres, c?est un léger penchant pour l?exhibitionnisme auquel ils se laissent aller, dans l?imaginaire comme l?avoue Yvan, 27 ans. « Mon fantasme, c?est peut-être faire l?amour dans un lieu public, être vu sans vraiment l?être. »
Mais le fantasme est fait pour demeurer dans le domaine du virtuel. Il s?agit d?imaginer ce qu?on n?oserait pas faire, se laisser aller à des pulsions que l?on sait condamnables, inacceptables par la société, comme nous l?explique le psychologue Sadasiven Coopoosamy. « Ils préfèrent que cela reste dans le domaine du fantasme au risque de paraître pervers, d?essuyer un « non » catégorique, de subir le mépris des autres. » Selon lui, les fantasmes trouvent leur source dans l?enfance « Ils proviennent des expériences, des souvenirs érotiques de l?enfant tels que le moment du bain, qui permet d?explorer le corps ou de sucer son pouce. »
Néanmoins, prudence ! Les hommes ne sont pas tous à mettre dans le même panier. Pour Vijay, 27 ans « le truc du plan à trois, c?est comme un phénomène de mode. Quelqu?un l?a dit une fois dans un film et depuis, tout le monde le reprend. Et le fantasme que l?on veut assouvir, on va le faire avec une fille avec laquelle il n?y aura pas de lendemain, mais jamais avec une petite amie attitrée. » Le fantasme ne connaît pas d?âge, comme le démontre Roger, quinquagénaire « C?est humain. Il arrive que ça me passe par la tête comme un flash. C?est peut-être parce que l?homme en veut toujours plus. »
Eh oui, voilà à quoi, entre autres, sert notre imagination. Le monde imaginaire qui permet d?échapper à cet univers par trop matériel, empreint d?interdits et d?on-dit.
QU?EST-CE QUI LES ATTIRE DANS LES FILMS X ?
■ « Les films pornographiques sont la seule éducation sexuelle disponible pour les garçons à Maurice. Et puis, quand vous leur demandez ce que ce sont les foreplays, ils vous diront que c?est une marque de vêtements », clame Sanjay, 28 ans. Un point de vue partagé par Selven : « C?est surtout à l?adolescence que les hommes se tournent vers ce type de films. Nous ne savons pas encore ce que sont les relations, et c?est là une manière d?apprendre. »
Lors des premiers émois sexuels, les changements physiologiques se font ressentir, et les films X deviennent parfois le choix par excellence. Le danger, c?est de croire que ce qu?ils regardent est la norme, qu?ils devraient eux aussi faire de telles expériences.
Mais comme pour toute chose, il y a une limite à respecter. Georges, la cinquantaine, donne son point de vue.
« Regarder un film de temps à autre n?a rien de répréhensible, beaucoup d?hommes le font. Ils enregistrent ces images dans leur mémoire et en font comme un exercice mental qu?ils essaieront de reproduire par la suite. Je pense que la situation est grave lorsque la personne ne pense qu?à ça et que c?est la première chose qui lui vient à l?esprit lorsqu?elle rentre chez elle », confie-t-il. Autre limite à ne pas franchir, remplacer la femme par un film X. « Avec les années, le désir dans un couple s?estompe. Mais les besoins et les pulsions sont toujours présents. Regarder un film devient le moyen pour le couple de se défouler et d?en tirer du plaisir. Mais je ne pense pas que ce soit la solution », poursuit Georges. Le psychologue Sadasiven Coopoosamy le rejoint en disant que cela ne doit pas remplacer une sexualité normale. « La moralité est un concept personnel et du moment que la personne ne fait rien de mal pourquoi entrer dans sa vie privée ? », précise toutefois le psychologue. Les films pornographiques auraient même, selon lui, aidé certains hommes à retrouver une sexualité normale.
LA TAILLE DU SEXEDANS TOUT ÇA ?
■ Une véritable surprise. « Non, la taille ne compte pas, c?est l?usage qu?on en fait qui est le plus important », affirme Sanjay. Finie donc l?époque de l?homme primitif qui jugeait sa masculinité, sa virilité et sa valeur de par la taille de son sexe ? Ce que semble confirmer Selven, 29 ans. « Ce n?est pas la quantité mais la qualité qui compte. » Savoir en faire bon usage serait le plus important.
Pour le psychologue, c?est surtout à l?adolescence que la taille du sexe peut avoir un rôle. « Pour les adolescents, un gros pénis est signe de virilité et commande le respect, alors que lorsqu?il est petit, cela amène honte, humiliation et angoisse. » La taille serait donc plus une question d?estime de soi, comme le démontre André : « La taille du pénis ? Je ne pense pas qu?elle soit nécessairement un critère pour la satisfaction sexuelle. En avoir une grosse, c?est comme avoir un joli trophée, on en est fier, mais sait-on s?en servir ? Ce serait plus une question d?estime personnelle. »
Trop petit ? Pas assez grand ? Pas assez gros ? La taille du sexe, la puissance sexuelle, le plaisir sexuel au féminin sont-ils liés ? Pas du tout, affirment les spécialistes, « d?autant plus que les femmes sont plus clitoridiennes », affirme le docteur Issac Dureeawo, urologue. La taille du membre viril a peu d?importance. Le plaisir pour une femme provient de la stimulation de multiples zones érogènes (notamment le clitoris).
De plus, le vagin a la capacité de s?adapter à la taille du pénis en se resserrant autour de lui. En fait, il faut attendre l?âge de 17-18 ans pour savoir la taille définitive de son sexe. Pourquoi est-ce que les hommes font de cette mensuration une obsession ? « C?est un mythe qui vient des films pornographiques », dit-on, et les hommes aiment se comparer aux acteurs de ces films. Le pénis est symbole de virilité, de fécondité et, souvent, de pouvoir.
QU?EST-CE QUI LES ATTIRE DANS LA SODOMIE ?
■ Une partenaire qui a deux sexes. Certains hommes aiment penser en ces termes et sont friands de sodomie. Un aspect plutôt délicat à aborder, mais des hommes n?ont pas refusé de répondre à nos questions. Ils l?avouent, ils aiment ça. C?est une sensation différente et agréable. Ça donne lieu à de nouveaux plaisirs », avoue Vincent, 30 ans. Selon Sadasiven Coopoosamy, « il faut de la variété dans le couple pour que subsiste le désir. L?ennui tue la motivation. Et cette pratique est une variété dans leurs rapports. Il faut que les deux partenaires soient consentants, qu?il y ait de la confiance pour que les rapports soient détendus ».
Toutefois, il faut savoir que la sodomie peut provoquer des micro-coupures ou des saignements.
En outre, la muqueuse rectale est un terrain propice pour les virus, bactéries, la transmission de maladies sexuellement transmissibles. C?est la raison pour laquelle il est fortement déconseillé d?avoir un rapport anal sans préservatif avec une personne qu?on ne connaît pas bien.
Par ailleurs, la sodomie peut être une question d?affirmation de pouvoir. Quand on traite quelqu?un d?enc? é, c?est une manière stéréotypée et inconsciente de dire que celui qui se fait sodomiser est moins qu?un homme, un sous-être. Le pénétrant actif est vu comme supérieur, le pénétré passif étant considéré comme inférieur. Qui plus est, la part symbolique de l?anus est majeure dans l?inconscient.
« L?anus et les fesses qui l?entourent sont, pour les moins imaginatifs, une région attirante, et pour d?autres, un peu plus hardis, l?orifice dispensateur de plaisirs nouveaux, d?autant plus délectables qu?ils sont défendus? », affirme Godin J. Marty dans Histoire du derrière.
POURQUOI LEURS PLAISANTERIES TOURNENT-ELLES AUTOUR DU SEXE ?
■ Un groupe d?hommes qui rit à gorge déployée : il est fort à parier qu?ils sont en train de se lancer des plaisanteries salaces. Elles sont basiques, pas très recherchées, mais font rire et ces chers messieurs n?ont pas honte d?avouer qu?ils en sont friands. Tout simplement, comme le dit André, « parce que tout ce qui sort de la bienséance fait rire. C?est facile de parler de ces choses qu?on ne peut pas évoquer n?im-porte où ». Pour lui, ces bla-gues re-lèvent de la co-casserie, de ce qu?il y a de plus intime chez les gens, comme le sexe.
« Nous vivons dans un environnement sexuel, et c?est quelque chose dont il est facile de rire. Ils peuvent aborder ce sujet délicat avec détachement », selon Sadasiven Coopoosamy.
LES HOMMES, DES NOMADES SEXUELS ?
■ « Non, c?est possible de faire l?amour à la même femme toute sa vie. Tout dépend du couple », répond Selven, 27 ans. Et ce point de vue ils sont nombreux à l?entretenir. Georges va dans le même sens « C?est possible de ne connaître qu?une seule femme dans sa vie. Mais un reproche que je fais aux femmes, c?est qu?elles ont tendance à occulter le fait que l?homme veut qu?elles soient à l?écoute, aimantes. Il arrive un moment où l?homme ne se sent plus enveloppé par l?amour de sa femme et la tentation d?aller voir ailleurs se fait sentir. »
La monotonie, prendre l?autre pour acquis, ne pas respecter ses sentiments semblent être les facteurs les menant à aller voir ailleurs. Néanmoins, d?autres concèdent qu?ils y voient l?appel de la tentation, la passion qui prend le dessus. Pour André, « les hommes sont plus physiques, charnels, que les femmes, qui laissent plus de place à l?émotion, au ressenti. L?adultère n?est pas une question d?homme ou de femme. On trompe parce qu?on a besoin de changements, parce qu?on se laisse aller à la tentation physique. C?est instinctif, animal parfois, on ne se rend compte de la bêtise qu?une fois le mal fait. On trompe aussi pour séduire et être séduit. »
Seraient-ils donc plus aptes à faire la distinction entre l?acte sexuel en tant que tel et les sentiments ? André nous livre son point de vue : « Je fais le distinguo entre « coucher » et « faire l?amour ». L?acte sexuel n?est pas nécessairement amoureux, ni pour les hommes ni pour les femmes. »
Sanjay s?accorde à dire que les hommes arrivent à mettre une barrière entre les deux domaines « C?est le plaisir personnel qui prime, et dicte l?acte sexuel. » Malgré les tentations et la possibilité de tromper, l?acte sans sentiments laisse un vide, comme le dit Selven. « ça m?est déjà arrivé, mais on n?en tire pas de réelle satisfaction. En fait on n?a même pas envie de revoir la fille après. »
Les raisons de l?infidélité diffèrent, mais le point commun demeure : ils seraient capables de tromper. Pour Sadasiven Coopoosamy « les hommes possèdent des désirs sexuels plus puissants. Ils ressentent du désir pour l?autre, malgré la présence d?une conjointe. L?homme réalise qu?il est un être faible ».
QUE RESSENTENT-ILS LORS DES RAPPORTS ?
■ Les hommes ne seraient pas des durs à cuire qui ne réfléchissent qu?avec leurs attributs virils, comme les femmes ont tendance à croire. Ils ont eux aussi leur sensibilité et de la vulnérabilité, comme ils le démontrent.
Lorsqu?ils parlent de leur première fois, ils y attachent toujours un certain sentiment. De la curiosité pour certains, et de l?appréhension pour d?autres. Pour Josian, « c?était de l?appréhension. Il y a la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas savoir comment s?y prendre ». Ils sont aussi habités par la curiosité de savoir ce qu?ils vont ressentir. Sadasiven Coopoosamy donne son point de vue sur le sujet. « Au fond, il peut y avoir une frayeur. Dans sa tête, il se fait tout un film et il veut être à la hauteur. Il va vers l?inconnu pour cette première fois et ne sait pas ce qui l?attend. »
Les hommes ont eux aussi besoin de tendresse, que leur partenaire leur montre de l?intérêt. Ils ont besoin de préliminaires ont une sensibilité. Des caresses et des paroles bien placées et c?est la route vers le septième ciel. Au top du hit parade des zones érogènes on retrouve les oreilles. Ils sont plusieurs à l?avouer, comme Georges. « Caresser les oreilles du bout des doigts, ou un murmure tout en les effleurant des lèvres, c?est quelque chose. » Mais ce n?est pas que le toucher qui compte, comme le démontre Sanjay : « Il faut savoir que pour l?homme, la principale zone ? je pense ? et la psychologie. Si quelque chose est jugé érotique, ça marche. »
Et qui dit caresses dit préliminaires jugés, à l?unanimité, comme étant essentiels. Ces petits moments intimes, ces jeux, sont des instants privilégiés de partage qui renforcent les sensations et les sentiments lors de l?acte lui-même. Yvan se montre catégorique sur le sujet : « Si un homme refuse les préliminaires, je le considère comme un animal primaire qui ne comprend rien à la psychologie de l?autre. »
Et en fin de compte, les hommes avouent qu?il leur arrive de simuler. Ce ne serait donc pas l?apanage des femmes. « Pour faire plaisir à l?autre, pour le sécuriser, nous faisons semblant d?en avoir retiré du plaisir, mais ça laisse un sentiment de vide, on se sent mal après », déclare Georges. L?homme montre des signes physiologiques qu?il est arrivé au bout mais cela ne veut pas dire qu?émotionnellement, il en ait tiré quelque satisfaction.
Comme quoi il ne faut pas se fier aux préjugés.
COMMENT VIVENT-ILS AVEC LEURS TROUBLES ?
■ Les hommes ont toujours appris qu?il fallait être à leur meilleur niveau sexuel 24 heures sur 24. C?est en tout cas l?avis de Sadasiven Coopoosamy. « Si jamais il y a une défaillance, l?homme se met à se déprécier, cela devient un drame pour lui », explique-t-il. Des sentiments d?incompétence, d?accablement d?avoir perdu son identité mâle, l?habitent. Cela peut affecter sa relation avec les femmes. Les répercussions peuvent être graves, surtout si l?homme est de nature timide. « Il risque même de ne plus retrouver son estime personnelle et de ne plus pouvoir renouer des relations intimes », avance le psychologue. Mais les troubles sexuels se soignent et ne devraient plus être un sujet tabou.
Le docteur Daureeawo nous rassure : « Les hommes viennent de plus en plus consulter à ce sujet. Ce n?est plus trop tabou puisque les magazines en parlent, puisqu?on sait que cela est courant et qu?il y a un traitement pour en venir à bout. » L?éjaculation précoce serait le principal dysfonctionnement sexuel chez l?homme. On a tendance à appeler éjaculateur précoce celui qui éjacule avant d?avoir fait dix mouvements intra-vaginaux ou qui éjacule entre 30 secondes à 2 minutes après la pénétration.
Le Dr Daureeawo préfère définir ce trouble comme un manque de contrôle sur l?érection. Au-delà du stress, de la fatigue et des autres problèmes psychologiques, ce dysfonctionnement peut cacher des maladies telles que le diabète, l?hypertension. L?impuissance, les douleurs lors des rapports sexuels, l?éjaculation retardée font aussi partie des troubles sexuels.
FAITES LE TEST
Que savez-vous de la sexualité masculine ? Sur la façon dont les hommes vivent leur premier rapport sexuel, sur les sens qui stimulent le plus leur désir, sur leur premier orgasme, sur leurs besoins de préliminaires ou pas, sur leur « je t?aime » ? Êtes-vous experte en la matière ? Pour en avoir le c?ur net, essayez ce test www.mood.fr/
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