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La perception autour de la démocratisation préoccupe Sithanen

6 septembre 2007, 00:00

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Democratiser l?économie sans aucun soupçon de vengeance. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, se dit préoccupé de la manière dont la thématique de la démocratisation de l?économie est perçue dans certains milieux à Maurice, mais aussi par nos partenaires de développement externe. Il faudra convaincre les opérateurs historiques que ce processus n?est pas à leur détriment.

?Il y a une perception selon laquelle la philosophie du gouvernement est basée sur une question de races et d?ethnies. Cela n?est pas vrai. Il n?est pas question d?empower certains groupes et d?en disempower d?autres. Mais il est vrai que cette perception existe et qu?il faut y trouver une solution?, affirme le ministre qui a exposé sa vision de l?élargissement des opportunités lors d?un atelier de travail hier à Quatre-Bornes. La Development Bank of Mauritius (DBM) Staff Association avait organisé un séminaire pour se pencher sur le rôle de la DBM dans le processus de démocratisation de l?économie et de l?Empowerment Programme.

Le ministre a souligné l?importance de clarifier la thématique pour que les bailleurs de fonds notamment, n?aient pas une idée erronée de la philosophie du gouvernement. Pour Rama Sithanen, la clé à ce problème de perception se trouve dans le dialogue avec les groupes historiques. Il cite, à cet effet, les négociations en cours entre l?Etat et les sucriers pour l?obtention de 1 500 à 2 000 arpents de terre pour des projets d?intégration sociale.

<B>Concentration des richesses</B>

Nita Deerpalsing, vice-présidente de la Commission de la démocratisation de l?économie, a, elle, exprimé un point de vue quelque peu différent. ?Ces groupes vont protester parce qu?ils sont puissants et ont une voix puissante?, soutient Nita Deerpalsing.

Mais il a aussi été question de la substance et des fondements même du concept de démocratisation et d?empowerment socio-économique. La concentration des richesses entre les mains de certains intérêts fait perdurer et accentuer les inégalités dans la société. La croissance économique en souffre à terme, explique Rama Sithanen. ?Il est connu que les politiques, pour étendre l?accès à l?éducation, ont un impact moindre dans les pays où les richesses et les opportunités d?entreprise ne sont pas reparties de manière équitable.?

Le gouvernement a fait de la démocratisation de l?économie une priorité. Plusieurs mesures en termes de facilitation du business, de financement, de fiscalité, d?accompagnement et de développement industriel ont été introduites pour faciliter l?élargissement des opportunités d?affaires.

Néanmoins, les contraintes persistent. L?accès aux capitaux reste un problème majeur malgré les efforts d?assouplissement. Les limites sur le plan de compétences et de capacités en sont un autre.

FINANCEMENT

<B>La DBM en quête d?une nouvelle vocation</B>

■ La Development Bank of Mauritius (DBM), une institution qui doit se réinventer dans le contexte de la démocratisation de l?économie. La DBM a été à l?avant-garde du développement des petites et moyennes entreprises (PME) à Maurice. Elle montre des faiblesses face aux nouvelles exigences.

Amédée Darga, président d?Enterprise Mauritius (EM) estime que les plans de financement ne correspondent pas toujours aux attentes des entrepreneurs dans les secteurs des services et dans les activités manufacturières ou agricoles niches. ?Plusieurs de ces activités ne nécessitent pas beaucoup d?équipements mais exigent un apport important en termes d?expertise. Ces business ne sont pas couverts par les facilités de financement existantes de la DBM.?

Pour Jean Claude de l?Estrac, président de l??Empowerment Programme?, la question de la formation et du développement des capacités est d?une importance capitale. Il estime que la DBM doit accompagner les entrepreneurs dans leurs projets et les aider à prendre des risques calculés. Les nouvelles sources de business pour les PME ont aussi été abordées. Raj Ringadoo, président de la State Investment Corporation, a évoqué les opportunités de la sous-traitance. Il a invité la DBM à repenser ses plans de financement autour de ces possibilités.

Vijay Ramgoolam, directeur de la Small Enterprises and Handicraft Development Authority, a lui parlé des conditions assouplies pour accéder aux financements de la DBM. Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council (JEC), estime de son côté que les finances demeurent toujours une préoccupation majeure. Il a suggéré la création d?une agence de notation qui permettra de mieux évaluer le profile des emprunteurs.

Benyram Chooramun, le ?managing director? de la DBM, s?est plaint de l?ingérence des politiques dans le fonctionnement de la banque. Cela, dit-il, empêche l?institution d?opérer à son meilleur niveau.

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