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Le pont de la mort
Désormais, le pont de Kewal-Nagar est appelé le pont de la mort par les habitants. Encore sous le choc, après l?accident fatal survenu le 27 août, ils ont assisté, mercredi, à une opération herculéenne pour le remorquage du camion de 30 tonnes qui a fini sa course dans le lit de la rivière.
L?opération de remorquage a démarré le matin, mais c?est à 15 heures seulement que l?énorme benne du poids-lourd servant au transport de cannes à sucre, a pu être enlevée du ravin. En voyant la partie écrabouillée de la cabine, où se trouvait l?aide chauffeur Jean-Patrice Rivière, tué sur le coup, les langues se délient : ?Le pont doit être fermé aux poids-lourds? Il est trop étroit et doit être reconstruit??
Dans l?édition de l?express est du 12 juin, Rajkamal Nayeck, conseiller de village habitant non loin du pont, a été le premier à attirer l?attention sur le danger que représentait le vieux parapet, précisément sur la partie qui a cédé avant que le poids-lourd ne bascule dans le vide, 50 pieds plus bas. ?Le bilan aurait pu être plus lourd. Peu avant l?accident, une dizaine de femmes faisaient la lessive à l?endroit où est tombé le camion. Le conseil de village avait fait aménager un espace de lessive?, explique-t-il.
La fermeture de cette passerelle, qui date de 1916, couperait le village en deux. En effet, elle relie Kewal-Nagar à la propriété sucrière de Belle-Rive. ?Comme il n?y a aucune autre route carrossable du côté de l?établissement, sa fermeture poserait un gros problème?, dit le représentant du village.
Certains habitants regrettent l?abandon par le gouvernement des projets de tunnel dans la vallée de Ferney et de construciton d?un autre pont qui faisaient initialement partie de l?autoroute du Sud-Est. ?Si ce pont et ce tunnel existaient, on aurait pu fermer temporairement le vieux pont?, lance un badaud.
Désiré Rabaye, membre d?une des deux familles qui habitent encore le camp sucrier, s?inquiète pour ses deux enfants qui doivent absolument emprunter ce pont pour se rendre à l?école primaire du village. ?Le pont est trop étroit. Il n?y a aucun passage pour des piétons. Quand une voiture passe, on doit se coller au parapet. Maintenant que le parapet a cédé, il faut vite entreprendre des travaux pour le remplacer. De plus, le pont est mal éclairé?, déplore-t-il.
Imbroglio
Des véhicules du Central Electricity Board (CEB) empruntent aussi régulièrement ce pont pour se rendre à la sucrerie. En cas de fermeture du passage, il y pourrait y avoir régulièrement des pannes dans la fourniture électrique.
Véritable imbroglio pour le gouvernement maintenant pour trouver une solution. Si le pont est fermé pour des travaux de reconstruction, la propriété sucrière de Belle-Rive aura à cesser temporairement ses activités. Au cas où le passage resterait ouvert aux poids-lourds, il y a de grands risques que de tels accidents se reproduisent.
Rajkumal Nayeck reproche au gouvernement de n?avoir rien fait pour réparer le parapet malgré des démarches qu?il avait entreprises depuis plus d?une année. Mais la majorité des personnes interrogées réclament la construction d?un nouveau pont et l?interdiction du passage aux poids-lourds.
Ce village historique, qui a vu naître le Père de la nation, Sir Seewoosagur Ramgoolam, mérite, estime-t-il, un meilleur traitement. ?De nombreux touristes et visiteurs y viennent. Ils doivent emprunter le pont pour se rendre sur la propriété, à l?endroit où se trouvait la maison de SSR?, fait-il ressortir.
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