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Bonne gouvernance : ?Freedom House? rétrograde Maurice

1 septembre 2007, 00:00

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L?insécurité et les pratiques corruptibles privent les Mauriciens de certains de leurs droits fondamentaux. Maurice est rétrogradé (l?évaluation passe de 1 à 2) dans le classement de Freedom House, une agence non gouvernementale de notation politique basée aux Etats-Unis. Celle-ci évoque l?incapacité du gouvernement à faire face à une criminalité jugée grandissante et à l?étendue de la corruption dans le pays.

Ce fait est raporté dans l?édition parue hier du magazine The Economist qui reprend les constatations de l?agence de notation : «the region (Sub-Saharan Africa) suffered more setbacks than gains during 2006 (...) while there were partial reversals of early gains in Burundi, Madagascar, Côte d?Ivoire, Mauritius, Somalia, South Africa and Guinea-Bissau.»

Freedom House effectue chaque année une évaluation de la démocratie et des droits civiques à travers le monde. Bien que Maurice soit noté positivement sur plusieurs critères clés, Freedom House relève certaines failles. Le pays est, en effet, cité dans un groupe de pays africains qui enregistrent un recul de la transparence gouvernementale.

La corruption touche les institutions vitales du pays. «Des informations crédibles concernant la corruption dans la police ont émergé récemment», souligne le comité dans son rapport. Il rappelle du coup la 42e place de Maurice (sur 163 pays) dans le Corruption Perceptions Index de Transparency International pour 2006.

Hausses de prix

Freedom House estime d?autre part que les hausses de prix et une recrudescence de la criminalité ont mis un terme à la «lune de miel» entre la population et le gouvernement de l?Alliance sociale. L?agence de notation indique que la perte des marchés préférentiels pour le sucre et le textile-habillement a eu un impact néfaste sur l?économie et reste la cause principale d?une inflation galopante et du chômage.

La vie politique pèche par manque de maturité dans certains domaines, rapporte l?agence américaine. Elle constate que la télévision et la radio publiques se font essentiellement le porte-voix du gouvernement.

Place de la femme pas reluisante

Les médias indépendants devront s?attendre, selon l?agence, à évoluer dans un champ plus restreint avec l?introduction prochaine des lois plus strictes sur la sédition, la diffamation et la désobéissance civile.

Si la liberté religieuse est respectée, celle touchant à l?accès à l?éducation ne l?est pas tout à fait aux yeux de Freedom House. «Les récentes réformes destinées à rendre l?éducation plus compétitive se sont avérées controversables.»

Les Mauriciens sont généralement libres de se regrouper en association. Toutefois, note Freedom House, la police a refusé d?accorder l?autorisation pour la tenue de certaines manifestations. Le traitement des prisonniers est aussi pointé du doigt. L?organisation rappelle que la Commission nationale sur les droits de l?homme a publié un rapport critique sur les conditions prévalant dans les prisons.

Le comité américain observe que la diversité culturelle et ethnique s?épanouit librement et que la Constitution interdit toute forme de discrimination raciale. Néanmoins, dit le rapport, la communauté créole est largement touchée par la pauvreté. Toujours au chapitre des rapports entre les groupes ethniques, Freedom House évoque des «tensions entre la majorité hindoue et la minorité musulmane».

La place de la femme dans la société n?est pas reluisante, selon la note. L?agence considère que la violence domestique contre les femmes est un problème majeur. Elle affirme constater que seulement 5 % des positions de leadership dans les 100 plus grosses entreprises du pays sont occupées par les femmes.

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