Publicité

Un modèle rénové

31 août 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Le dépoussiérage de nos lois du Travail annoncé hier ne constitue pas une révolution. Il n?en crée pas moins des perspectives nouvelles pour le marché du travail et la protection des travailleurs. Certes, les syndicats et les patrons ont, chacun, émis des réserves sur le modèle proposé par l?Etat mais les appréciations sont convergentes sur les aspects fondamentaux des nouvelles lois.

Le principal changement proposé a trait au projet baptisé ?Workfare?. Au lieu de protéger les travailleurs, l'Etat cherche à protéger le travail. Il veut organiser la transition des employés qui sont licenciés vers de nouvelles formes d?activité. Une allocation sera octroyée au travailleur qui a perdu son emploi pour l?aider à se recycler. Cette mesure, ajoutée aux nouvelles dispositions visant à assouplir les procédures de licenciement, devrait réduire les rigidités qui affectaient le marché du travail.

Plus il est difficile de licencier, moins les employeurs sont enclins à embaucher quand les commandes abondent. Il fallait donc revoir les lois pour faciliter les licenciements en cas de difficulté économique des entreprises. Pour ce faire, les nouveaux textes de loi prévoient de supprimer le Termination of Contracts Service Board. En conséquence, les procédures de mise à pied sont allégées. Mais le salarié qui perd son job sera soutenu financièrement par l?Etat durant la phase transitoire. Il recevra une aide financière pendant un an pour qu?il organise sa reconversion. Le concept de flexibilité fait son chemin. Des entreprises à bout de souffle ferment ou dégraissent. D?autres, mieux adaptées au contexte moderne, s?ouvrent. La main-d??uvre peut désormais suivre.

Les rigidités du marché du travail freinent l?embauche. S?ils n?ont pas la garantie de pouvoir, à leur gré, embaucher ou licencier selon la situation de leurs entreprises, les employeurs hésitent à recruter quand les affaires vont bien. Dans tous les pays qui ont adopté des lois du Travail flexibles, l?expérience démontre que cela se traduit par une création nette d?emplois.

La révision du ?Labour Act? et de l?IRA intervient peu de temps après la réforme de la négociation collective. Le gouvernement a osé mettre une croix sur les sacro-saintes tripartites et introduire le facteur de la productivité dans l?équation pour la détermination de la compensation annuelle. Il est vrai que le démarrage du National Pay Council a été laborieux mais on peut mettre cela sur le compte des problèmes de dentition d?une institution naissante. L?essentiel, c?est que le principe de la compensation basée sur le seul taux de l?inflation et applicable à tous les secteurs d?activité est aujourd?hui abandonné pour de bon.

En juin dernier, le ?IMF Country Report? sur Maurice notait que ?The staff encouraged the authorities to advance reforms that would increase labour market flexibility?? Ils se rendront compte très vite qu?ils se sont adressés à de bons élèves.

Publicité