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A quand la pose de la première brique ?

30 août 2007, 00:00

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Le village hall de Cité-La-Chaux, Mahébourg, est demeuré à l?état de rêve. C?est un projet de reconstruction qui tient en haleine les habitants depuis avril 2005, c?est-à-dire pendant la période préélectorale, époque où ce bâtiment a été complètement rasé par l?ancien gouvernement. C?était le lieu de rencontre, le seul d?ailleurs, qu?avaient les habitants, parti-culièrement actifs là-bas. Ils étaient tout heureux à l?idée d?avoir un nouveau centre, tout beau, plus spacieux peut-être. Mais ils attendent toujours que la première brique soit posée. ?On nous avait promis qu?un autre village hall serait construit?, dit un habitant déçu.

Désillusion et déception, voilà les sentiments qui animent aujourd?hui les gens de ce patelin. Le centre était doté de quelques équipements utiles pour différentes activités. Le terrain de volley-ball, maintenant impraticable, à côté du petit boulodrome, a disparu. Chacun y trouvait son compte. Maintenant, les gosses jouent dans un jardin d?enfants en ruine, qui a jusqu?ici été épargné par les voleurs de ferraille. Ce lieu, marqué par l?absence de structures de loisirs et de sports, cède la place à des activités douteuses.

Ce petit carré d?habitants réunis devant l?ancien site du village hall déserté, mais pied dans l?eau toutefois, parlent de ce sentiment d?exclusion. ?On aurait pu, on aurait dû passer des heures à admirer le magnifique paysage, du village hall, s?il venait bientôt.?

Aujourd?hui, ce terrain vague est, malgré tout, utilisé lors des évènements que ne manquent pas de célébrer les habitants, dévoués et actifs. Prélarts et podium sont dressés mais n?empêche : ?c?est triste de voir qu?en période de pluies, les enfants se réunissent, dans un endroit boueux, pouvant juste s?abriter sous le prélart-passoire ?, constate un habitué de la région.

<B>?On ne réclame pas un château? </B>

Les habitants font ce qu?ils peuvent, pour les enfants, avec les moyens de bord. Faute de mieux, les habitants de Cité-La-Chaux ne restent pas inactifs. ?Nous avions le strict minimum, dans notre vieux village hall. Aujourd?hui on n?a plus rien?, ajoute Joël Armoogum, un jeune homme, sans emploi. ?On ne réclame pas un château, mais un endroit convenable pour nos enfants?, explique Azize Radegonde, un artisan. Il dénonce également l?étendue du fléau de la drogue. ?J?ai ramassé une cinquantaine de seringues au bord de la mer, fréquentée par beaucoup d?enfants?, poursuit-il.

?J?ai l?impression que notre village est complètement oublié par le gouvernement actuel ?, ajoute Pamela Jean-Charles. ?Il y avait des développements prévus ici mais maintenant tout a l?air de stagner, sans doute pour des raisons politiques ?.

Pères et mères de famille aigris par les promesses en l?air mais déterminés à réaliser des projets sociaux pour améliorer leur vie. Mais ils y arrivent difficilement sans aide. Ils se disent perdus et se sentent trahis - et sont tous d?accord que la faute est due à un manque de pragmatisme politique. ?On ne veut pas être des assistés mais être écoutés ?, dit une habitante. Prêts à relever des défis pour le développement de leur cité, les habitants mettent leur destinée entre les mains de ceux qui le voudront bien. Ils n?ont jamais démissionné. Frustrés et déçus peut-être que leur endroit soit dépourvu d?un centre polyvalent, les réunions de préparation des petits évènements sportifs et nautiques, les fêtes pour enfants entre autres, se font en plein air. Ils disent qu?ils ne se débrouilleront pas longtemps ainsi car la relève se fera attendre. Les jeunes empruntent d?autres voies et ont d?autres préoccupations - tout ce qu?on peut imaginer de pire? Le centre n?est certainement pas pris comme bouc émissaire de leur malaise social mais il y a quand même des dangers qui guettent...

<B>Koomaren VADEEVALOO</B>

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