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Raddhoa aurait menacé d?inculper les avocats de Maigrot
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Raddhoa aurait menacé d?inculper les avocats de Maigrot
L?avocat et ancien magistrat Mamade Boccus a témoigné, hier, au cours de l?enquête préliminaire sur le meurtre de la styliste Vanessa Lagesse, trouvée morte dans son bungalow à Grand-Baie, en 2001. Il a expliqué que, alors qu?il était l?un des avocats du suspect, Bernard Maigrot, il était allé voir celui-ci au poste de police. Et là, le surintendant de police Raddhoa l?aurait menacé de l?inculper pour entrave à l?enquête si son client revenait sur sa version.
Le témoin Mamade Boccus explique s?être rendu, le 23 avril 2001, au poste de police de Line Barracks où il aurait consigné une déposition vu qu?il n?avait pas été informé de l?endroit où se trouvait son client. C?était, dit-il, aux environs de 22 heures. Il dit s?être ensuite rendu au poste de police de Curepipe où il devait rencontrer d?autres avocats, dont Mes Patrice Doger de Spéville, feu Kritanand Seetiah, Ashley Hurhanghee et Dev Erriah.
Le SP Prem Raddhoa leur aurait déclaré, selon le témoin, que Bernard Maigrot avait déjà fait des confessions et que s?il revenait sur sa version, il inculperait ses avocats pour entrave à une enquête policière. Me Boccus dira avoir protesté auprès de l?officier mais celui-ci lui aurait déclaré que ?pa ou ki pou vinn montre moi mo travay?.
Me Mamade Boccus dira ensuite avoir pu s?entretenir durant cinq minutes avec son client qui était ?pieds nus, traumatisé et avait un T-shirt trempé sur lui et répétait : ?ils vont me tuer??. Le suspect lui aurait déclaré qu?il avait été battu. L?avocat dira que Bernard Maigrot, qui avait des égratignures au visage et sur tout le ventre, fut ensuite conduit au poste de police de Rose-Hill puis vers la Criminal Investigation Division de Grand-Baie.
L?avocat soutient avoir suivi son client durant tout le trajet et qu?on lui a refusé l?accès jusqu?à lui. Il aurait ainsi porté plainte au poste de police de Grand-Baie à 2 h 30 du matin. Il n?y avait alors, dit-il, qu?un policier. Et celui-ci aurait répondu, lorsque le téléphone a sonné, ?oui tou le de la?. Le témoin dira qu?il était alors accompagné de feu Me Seetiah et que les surintendants Prem Raddhoa et Bala Kamatchi auraient demandé à les voir.
Les deux avocats se seraient ensuite rendus au bureau de la CID de Grand-Baie où ils auraient rencontré le SP Kamatchi, qui avait un grand registre. Le témoin dira que quand il a demandé à l?officier d?insérer l?heure qu?il était, il leur a répondu ?Ce n?est pas à vous de me dire ce que je dois écrire dans mon livre?. L?officier Raddhoa serait alors arrivé et aurait dit ?be met so ler?. Et ce n?est qu?alors qu?il aurait pu s?entretenir avec son client.
Bernard Maigrot aurait ensuite informé les deux officiers qu?il voulait se prévaloir de son droit au silence, ce qui aurait rendu le SP Raddhoa furieux : ?Ou ti magistrat ou, ou pe dir li pa bizin coze?, aurait-il lancé au témoin.
Abordant la reconstitution des faits, Me Boccus dira avoir été interdit d?approcher son client par tout un mur de policiers placés autour du fourgon dans lequel se trouvait Bernard Maigrot. C?est alors, dit-il, que Me de Spéville a lancé à l?adresse de Maigrot :?Tu as le droit au silence? Tu n?es pas obligé de dire quoi que ce soit à la police ou de montrer quoi que ce soit.? L?officier Raddhoa aurait alors donné des directives : ?fou bann avoka deor.?
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