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La concertation

30 août 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Le tête-à-tête qui a eu lieu hier entre le Premier ministre et le président du JEC marque la fin d?une guerre froide. Il annonce la relance des discussions entre le gouvernement et le secteur privé. Déjà, le dégel a abouti à un résultat concret. Une rencontre élargie entre les deux parties est annoncée pour bientôt. L?ordre du jour de cette rencontre sera certainement surchargé étant donné l?absence de rencontres pendant une longue période.

Jacques de Navacelle a précisé qu?aucune question n?a été discutée en détail hier mais qu?il est convenu que les dossiers prioritaires qui seront évoqués lors de prochaines réunions entre le JEC et le gouvernement concernent les infrastructures, le port, l?aéroport, la législation sur la concurrence et le sucre.

A cette liste on pourrait ajouter une dizaine d?autres sujets tout aussi urgents mais qui sont restés en suspens depuis que la situation s?est dégradée entre les deux partenaires. La réforme du droit du Travail, le manque de main-d??uvre spécialisée dans plusieurs secteurs d?activité, les faiblesses de la formation et de l?enseignement supérieur, les contraintes diverses qui pèsent sur le secteur hôtelier, les tentatives de réintroduire des prix administrés, etc. sont autant de dossiers qui méritent l?attention des décideurs publics et privés.

L'intérêt du pays a finalement poussé l?Etat et les opérateurs économiques à renouer avec le dialogue mais il ne faut pas trop se faire d?illusions. Il reste au Premier ministre beaucoup de travail à faire pour convaincre l?ensemble de ses troupes à être en phase avec sa vision du développement. Navin Ramgoolam est persuadé que la stratégie libérale de son ministre des Finances rapportera des fruits mais il y a une aile de son parti qui reste accrochée à l?orthodoxie travailliste. Celle-ci pourrait avoir la naïveté de croire qu?une économie peut prospérer aux dépens de l?élite considérée comme capitaliste et rentière.

Si la croissance qu?espère Rama Sithanen se concrétise, le développement favorisera les travailleurs mais aussi les détenteurs de capitaux. On produit avec du capital dans le système économique que nous avons choisi. Forcément, les détenteurs de capitaux trouveront leur compte si l?économie est remise sur les rails. Cela gêne les radicaux de savoir que les plus fortunés vont également profiter de la reprise économique. Il semblerait que pour eux, il vaut mieux ne pas avoir de développement que de consolider le pouvoir économique des possédants.

Tous admettent que la bataille pour l?emploi est cruciale. Or, pour attirer l?investissement et créer des jobs, il faut créer des conditions attrayantes pour les détenteurs de capitaux. Il faut éliminer les rigidités de notre code du travail, imaginer un régime fiscal incitatif, faciliter les affaires, bref satisfaire aux attentes des investisseurs. Se renfermer dans un système d?idées qui prône la lutte des classes est contre-productif. La concertation avec les capitalistes est un passage obligé.

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