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La surenchère

29 août 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Akilesh ROOPUN

Certains secteurs à l?instar des services financiers et des ?business process outsourcing? (BPO), vivent en ce moment une grande effervescence en termes de mouvement du personnel. Les va-et-vient dans les entreprises sont parfois même brutaux.

Il ne faut pas confondre mobilité et instabilité. Si la mobilité des salariés est un signe évident que l?activité repart, par contre l?instabilité dans le marché de l?emploi est annonciatrice des faiblesses structurelles à venir. Dans le secteur financier, les banques, les ?offshore management companies?, les maisons d?assurances et les sociétés d?investissement se battent pour s?offrir les cadres sur la place. Le problème a pris une telle ampleur que même le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersingh Bheenick, en a fait état. Il a du reste invité la Mauritius Bankers? Association à trouver une solution à cet état de choses.

Le phénomène de débauchage alimente une inflation salariale qui est encore plus déstabilisante. Lorsque les compétences se font rares, les entreprises sont obligées de recruter à la va-vite. Un opérateur offshore se plaignait récemment que les compagnies de son secteur doivent parfois offrir des salaires mirobolants pour pouvoir embaucher des employés parfois médiocres.

Des hausses de salaire qui ne sont pas fondées sur le rendement nuisent à la compétitivité d?un secteur dans le moyen et long termes. Spirale salariale aujourd?hui? déséquilibre dans la balance extérieure demain. La situation qui prévaut dans le secteur encore émergent du BPO est caractéristique des dangers qui se profilent. Tant mieux si les jeunes touchent un salaire intéressant pour leur premier job. Mais il y va de la compétitivité de l?industrie à terme.

Si le coût unitaire de la main-d??uvre croît plus vite que le rendement des salariés, l?industrie perdrait très vite son attrait auprès des marchés et de potentiels investisseurs. Le textile-habillement a d?ailleurs connu la récession pour cette raison, entre autres.

Le BPO, à plus forte raison, n?a pas de marchés protégés et se doit de bâtir ses forces concurrentielles sur le rapport qualité-coût de ses prestations. Cela présuppose des effectifs suffisamment qualifiés et compétents pour offrir un service de qualité qui répond aux attentes des clients. Il n?y a pas eu de structures de formation en amont. Les entreprises de BPO doivent souvent puiser dans un pool de jeunes peu formés et prendre à leurs frais le coût de mise à niveau. Mais au-delà des programmes de formation, il faut un nouvel état d?esprit par rapport à la productivité à l?échelle nationale. ?Make Mauritius work. Together?, tel est le slogan du National Productivity and Competiveness Council pour donner une nouvelle impulsion à la culture de l?effort et du travail.

Il faut retourner à l?essentiel. Des hausses de salaire motivées par la rareté de la main-d??uvre sont de courte durée. Le réveil à la réalité risque d?être brutal.

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