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?Améliorer la productivité ne doit pas se faire au détriment des emplois?

29 août 2007, 00:00

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Le Japan Productivity Council (JPC) a été approché par le National Productivity and Competitiveness Council (NPCC) pour un vaste programme sur la productivité. Quel est le but précis de votre visite à Maurice ?

Ma mission consiste à sélectionner des entreprises modèles qui serviront d?exemple à l?ensemble de l?industrie en matière d?amélioration de la productivité. Cette initiative s?insère dans le cadre d?un apport technique du gouvernement japonais à l?Afrique subsaharienne. L?objectif est d?aider au développement des ressources humaines et des affaires dans cette partie du monde afin de rendre les entreprises plus compétitives.

Nous sommes en train d?identifier des entreprises modèles pour des interventions. Nous travaillons conjointement avec les centres de productivité nationaux comme le NPCC. Nous intervenons dans les entreprises et faisons des recommandations. Les cadres du NPCC font le suivi du travail et s?assureront que les sociétés réalisent les objectifs que nous nous sommes fixés en termes d?amélioration de la productivité.

Nous nous intéressons aux compagnies qui montrent un intérêt à leurs employés. Si une entreprise a du succès, il faut qu?elle partage les fruits de la réussite avec ceux qui y ont contribué.

Quels sont les principaux paramètres auxquels vous vous intéressez dans votre évaluation de la productivité ?

Il faut d?abord considérer l?aspect mental. Nous regardons l?enthousiasme du top management, c?est-à-dire s?il est prêt à s?engager dans ce mouvement. Deuxièmement, nous faisons un constat de l?état de l?entreprise à partir duquel nous dressons un plan d?intervention en termes d?apport en expertise.

Les syndicats estiment que productivité signifie suppression d?emplois et faire travailler davantage les gens?

Nous insistons sur un point. Il ne faut pas licencier les gens pour réaliser des gains de productivité. Au cas échéant, cela va à l?encontre de notre notion de développement des ressources humaines.

<I>?Nous nous intéressons aux compagnies qui montrent un intérêt à leurs employés. Si une entreprise a du succès, il faut qu?elle partage les fruits de la réussite avec ceux qui y ont contribué.?</I>

Il faut rehausser le rendement des salariés. En période de restructuration, il faut les réorienter professionnellement et les confier des tâches plus valorisantes, surtout s?ils sont engagés dans des opérations répétitives. Il faut aussi leur trouver d?autres postes dans l?entreprise au sein desquels ils pourront être plus créatifs.

Améliorer la productivité ne doit pas se faire au détriment des emplois. L?argument de suppression d?emplois ne tient plus la route. Il faut aussi voir les choses dans une perspective macroéconomique. Maurice deviendra une nation beaucoup plus compétente si ses 1,2 million d?habitants améliorent leur productivité.

Quels sont les principaux traits du système d?amélioration de la productivité au Japon ?

Au Japon, nous avons une culture du travail qui a connu beaucoup de succès. Tous les salariés doivent démarrer leur carrière au sein d?une entreprise au bas de l?échelle. Cela s?applique même à ceux qui possèdent les meilleurs diplômes universitaires.

Mon fils, par exemple, avait, il y a quelques années, pris de l?emploi dans une banque. Après une période de formation en interne, il était envoyé dans une petite succursale à Tokyo qui était entouré de petits business. Son tout premier travail était d?ouvrir les volets le matin et d?accueillir les clients. Par la suite, il a été muté au comptoir. Quelques mois plus tard, il a commencé à prêter de l?argent aux petites entreprises qui se trouvaient dans la localité. Maintenant, il s?occupe des comptes des grosses sociétés.

Cela est très significatif du point de vue de la productivité. Le manager de la branche sait comment faire face aux longues queues des vendredis après-midi par exemple. Il n?hésitera pas à ouvrir des guichets additionnels et de mettre lui-même la main à la pâte.

Je pense qu?on peut appliquer cette expérience à Maurice sans être tout aussi rigide que le système japonais. Après une période de formation en interne, un employé doit faire le tour de plusieurs départements pendant quel-ques semaines.

Ce système permet aux salariés de mieux apprécier l?ensemble des opérations de l?organisation. Le cadre de la comptabilité, par exemple, a une meilleure idée du travail du département de marketing et des ventes avant que les chiffres ne lui parviennent.

<I> Propos recueillis par</I> Akilesh ROOPUN

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