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La franchise du MES
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Lucien Finette a raison d?insister sur la gravité de l?erreur commise par l?institution qu?il dirige. Le fourvoiement de ses collaborateurs a été préjudiciable à 234 candidats du ?School Certificate?. Personne ne peut prendre à la légère des dégâts de cette ampleur. Cependant, grâce à la façon dont le MES a géré toute l?affaire, le capital crédibilité de l?institution s?en trouve rehaussé.
Le directeur du MES est apparu accablé du poids de cette bévue quand il s?est adressé à la presse hier. C?est tout à son honneur. Jamais il n?a cherché à se défausser sur des subalternes ou à relativiser la portée de la bourde. Il l?assume pleinement. Dans un contexte où les services publics ne comptent pas l?intégrité en tête de liste de leurs valeurs, il faut saluer cet acte courageux. Dans d?autres services publics, il y a des lettres compromettantes qui disparaissent ou des disquettes qui perdent la mémoire parce que leurs dirigeants choisissent de dissimuler la vérité.
L?affaire qui a abouti à la révision des résultats d?un si grand nombre de candidats a démarré avec la plainte d?un candidat. Celui-ci n?était pas satisfait des notes qui lui avaient été attribuées dans une épreuve de français. L?honnêteté et la persévérance du directeur du MES ont fait le reste. Lucien Finette aurait pu avoir corrigé l?erreur dans le cas unique du protestataire sans que personne ne s?aperçoive de l?étendue de la faute. Ce n?est pas ce qu?il a fait.
L?enquête interne qu?a initiée le MES a conclu à la mise en cause de deux départements spécifiques de l?organisme. Hier, le directeur de l?institution a admis l?erreur mais s?est déclaré incapable de poursuivre plus loin ses investigations. Il s?en est remis au ministre qui, lui, peut recommander au Conseil des ministres d?instituer un comité avec des pouvoirs élargis pour identifier avec plus de précision les maladresses qui ont abouti à l?erreur. Le ministre tergiverse. Pourtant, pour des histoires frivoles, dont celle concernant des palmiers plantés à la cybercité, le gouvernement n?a pas hésité, dans le passé, à mettre sur pied, à grands frais, des ?fact-finding committees?.
L?opinion publique appréciera la sincérité du directeur du MES, visiblement plus soucieux que le ministre de connaître la vérité. L?objectif premier d?un ?fact-finding committee? n?est pas d?identifier l?auteur de la bourde et de le punir pour son insouciance. L?essentiel est de découvrir les faiblesses existantes dans les procédures de correction et de saisie de données afin d?en tirer les enseignements. Une enquête approfondie permettra de suggérer des pistes pour que des erreurs humaines ? inévitables dans ce genre d?exercice ? puissent être découvertes à temps et la situation redressée avant qu?il ne soit trop tard.
Reconnaître son erreur, c?est bien. Trouver la faille dans son organisation et modifier ses procédures pour prévenir des manquements futurs, c?est mieux.
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