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Bérenger devance Jugnauth aux élections du comité central

27 août 2007, 00:00

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Les élections législatives du 11 juin 1982 terminées, avec l?éclatante victoire politique que l?on sait, les militants du MMM passent aux choses sérieuses, à savoir le renouvellement de leurs premiers comité central et politburo post -11 juin 1982. A propos : de quand date le dernier renouvellement de ces deux instances politiques ?

Le dimanche 8 août 1982, les délégués de quelque 268 branches locales du MMM, soit une moyenne de 13,4 par circonscription ? superstitieux soyez sur vos gardes ? se réunissent quelque part à Beau-Bassin pour élire les quinze militants, devant faire partie des seuls quinze dirigeants du parti élus sur une base nationale. De plus, seulement cinq de ces 15 élus nationaux peuvent être des députés. C?est dire si ces maroquins mauves sont plus chaudement disputés que les 60 strapontins parlementaires de la course d?un seul cheval du 11 juin 1982.

Où se réunissent les délégués de ces 268 branches ? Un silence stalinien pèse sur cette énigme. La presse, d?il y a un quart de siècle, ne pipe mot du lieu d?un tel scrutin. Le pays est pourtant sous contrôle MMM-PSM et la SSS de Ramgoolam a cédé la place à la NIU SSS de Jugnauth. Comme quoi, on ne sort pas aussi facilement que cela du temps des catacombes.

Le nouveau Premier ministre est alors au summum de sa popularité mauve. Il n?occupe pourtant qu?une honorable troisième place, avec seulement 131 voix contre 160 à l?incontournable Paul Bérenger et 137 à son dauphin, Kader Bhayat. Ramdath Jadooo est le quatrième député candidat, avec 110 voix, Lloyd Baligadoo complète la liste des cinq élus députés mais à la 15e place et avec seulement 63 voix. Il a cependant la satisfaction de devancer le ministre Prem Koonjoo et les députés Mathieu Laclé et Dayanand Roothoo.

Voyons à présent la situation du côté des militants non députés et pas forcément dépités. France Soopramanien, un des principaux dirigeants de la GWF, occupe une belle 4e place avec 120 voix, devançant le député-ministre Ramduth Jaddoo. Puis viennent, dans l?ordre, Bidianand Jhurry (109 voix), Raj Virahsawmy, le frère de Dev et cousin de Deva (93 voix), Ponappa Naiken, futur haut cadre de Mauritius Telecom (92 voix), Gianduth Hazary (91 voix), Ramesh Seereekissoon (87 voix), futur ambassadeur, Nabé Fortuno (84 voix), Raffick Elahee (75 voix), V. Arian (71 voix) et... Mario Flore, l?actuel directeur de La Voix Créole (67 voix).

Six membres sortants du politburo restent, piqués au c?ur, sur le carreau. Ils sont Rajah Badhain, R. Gokool, D. Mundil, Aleem Bhundoo, un dirigeant de la UBIW, Gaëtan Pillay de la PLHDWU et A. Parmessur.

La presse travailliste, et demeurée bien gouvernementale sous bien des égards, signale, comme il se doit, cette victoire de Bérenger sur Jugnauth. La presse mauve et militante choisit prudemment mais sans gloire la voie de la neutralité, en titrant sur... la désignation de 15 membres du comité central par l?Assemblée des délégués. C?est une des rares fois, dans l?histoire de la presse, où un item, inscrit à l?agenda d?une assemblée, sert de titre à la une à un quotidien du matin. Plus stalinien que ça, tu meurs. Ses lecteurs n?ont pas non plus droit au décompte des voix. Cela permet à la rédaction mauve de glisser le nom d?Anerood Jugnauth avant celle de Bérenger, offrant en cela un peu de baume à La Caverne. Elle salue en revanche ?l?entrée en force de Raj Virahsawmy?. Il n?en faut pas plus pour que la presse, indépendante des partis politiques, toujours très perspicace, voit en ce dernier le futur secrétaire général du MMM et même un digne successeur du camarade Paul Bérenger.

La presse mauve prend cependant la peine de dissiper une question troublante : Bérenger a obtenu 160 voix sur 268 branches votantes. Il y aurait donc 108 branches assez mal branchées pour n?avoir pas plébiscité Bérenger ? La mise au point est de taille sans être pour autant satisfaisante. Des bulletins de vote des 268 branches représentées, il n?y en a que 202 de valides. Du coup, toute éventuelle hostilité à Bérenger est ramenée à seulement 42. Elle représente quand même un taux d?impopularité de 19.80%. Il peut toutefois se consoler en se rappelant que pour être élevé, il est quatre fois moins élevé que le taux d?impôt-pularité de son prédécesseur aux Finances, Sir Veerasamy Ringadoo. Mais qui nous dira ce qui invalide le vote de 66 branches, soit une branche sur quatre ? La politique a son secret, l?histoire a son mystère...

A demain, pour la suite des élections des membres du 1er comité central post-11 juin 1982 mais sur une base régionale.

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