Publicité

Nicolas Sarkozy : Le bilan après 100 jours

26 août 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le président français, qui a pris ses fonctions le 16 mai dernier, a imposé un nouveau style. Malgré une baisse de cinq points, un sondage Ipsos le gratifie de 61 % d?opinions favorables.

Nicolas Sarkozy, qui a franchi, le 23 août, le cap des 100 jours à l?Élysée, a imposé un nouveau style à la présidence et commencé à tenir les engagements pris pendant la campagne. Mais l?état de grâce pourrait ne pas durer.

Il avait promis la « rupture » avec les années Chirac. Depuis son installation le 16 mai à l?Élysée, le nouveau président a fait souffler un vent nouveau : mise en scène à la Kennedy de sa famille lors de la cérémonie d?investiture, joggings avec son Premier ministre, nomination d?un gouvernement d?ouverture comptant cinq personnalités de gauche, interview présidentielle du 14-Juillet remplacée par un concert de Michel Polnareff, luxueuses vacances à Malte et aux États-Unis financées par des amis fortunés?

Surtout, c?est désormais le président qui gouverne, reléguant son Premier ministre François Fillon au rôle de coordinateur du gouvernement et ses ministres à celui de figurants. L?« hyperprésident » s?occupe de tout et ne laisse à personne d?autre le soin d?annoncer les décisions, comme cette semaine sur les délinquants sexuels.

Succès sur la scène internationale

Les premières mesures sont prises à un train d?enfer. Le Parlement réuni cet été en session extraordinaire a voté les lois sur le paquet fiscal, le service minimum dans les transports, l?autonomie des universités et les peines plancher pour les multirécidivistes. Nicolas Sarkozy n?a néanmoins pas tenu toutes ses promesses : un fonctionnaire sur trois, et non un sur deux, ne sera pas remplacé dans le budget 2008, et la portée de la défiscalisation des intérêts d?emprunts immobiliers a été limitée par la censure du Conseil constitutionnel.

Les législatives ont donné au président une majorité pour mettre en ?uvre son projet, même si elle est moins large que prévu. Sonné par sa défaite et piégé par l?ouverture, le Parti socialiste est largement inaudible.Nicolas Sarkozy a aussi enregistré ses premiers succès sur la scène internationale. Le 23 juin à Bruxelles, les chefs d?État et de gouvernement européens se sont mis d?accord sur les grandes lignes du traité simplifié qu?il préconisait pour remplacer le projet de Constitution. Se-condé par son épouse Cécilia, le président français a arraché un mois plus tard au colonel Kadhafi la libération des infirmières bulgares, non sans poser de questions sur les contreparties offertes au régime libyen. Les relations avec les États-Unis sont désormais apaisées.

Si les Français semblaient l?apprécier au début, Nicolas Sarkozy perd désormais des points dans les sondages. Ainsi, 61 % des personnes interrogées ont une opinion favorable sur son action en août, contre 66, il y a un mois, selon un sondage Ipsos publié dans Le Point jeudi. Peut-être est-ce lié aux mauvaises nouvelles qui s?accumulent sur le front économique.

La crise boursière, la croissance plus faible que prévu, la hausse des prix du blé et du lait risquent de peser sur le moral des Français et de réduire les marges de man?uvre, déjà grevées par les lourds déficits de l?État et de la Sécurité sociale et les quelque 10 milliards d?euros de réductions d?impôts. « Après l?état de grâce, il y aura la facture de l?Etat », prédit déjà François Hollande.

Confronté aux dossiers explosifs

L?hôte de l?Élysée va aussi être con-fronté dans les prochains mois à des dossiers explosifs, comme la deuxième réfor-me des retraites prévue pour 2008 ou le contrat de travail unique et la réduction des déficits pour tenir l?engagement pris auprès de Bruxelles de rééquilibrer les comptes en 2012. « Il va devoir assumer des mesures économiques et sociales impopulaires devant des Français qui ont des problèmes de pouvoir d?achat », pronostique le politologue Do-minique Reynié, professeur à Sciences-Po.

En cas de crise, le président sera seul en première ligne. « Confronté à un revers important, il n?aura pas la possibilité d?utiliser un changement de Premier ministre pour impulser une nouvelle politique », poursuit Dominique Reynié.

Politiquement, les municipales de 2008 s?annoncent comme un premier test pour Nicolas Sarkozy. Le président conserve cependant des atouts importants : sa popularité, sa réactivité et son sens inné de la communication, et la faiblesse de l?opposition. De quoi surmonter les tempêtes.

© Le Nouvel Observateur

Publicité