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La Banque de Maurice maintient les taux à 9,25 %

23 août 2007, 00:00

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L?accalmie dans le circuit monétaire. La Banque centrale laisse les taux inchangés. Le Monetary Policy Committee (MPC), réuni mardi dernier, a recommandé le maintien du Repo Rate ? le taux directeur sur le marché ? à son niveau, soit à 9,25 %. Le conseil d?administration de la banque a ratifié hier cette recommandation. La Banque de Maurice atténue quelque peu ses craintes par rapport à l?inflation.

La décision du MPC va dans le sens des attentes du marché. 80 % des analystes interrogés dans le dernier baromètre PluriConseil-l?express (publié dans notre édition d?hier) avaient pronostiqué que la Banque centrale n?allait pas toucher au Repo Rate. Ils prédisent même le statu quo lors de la prochaine réunion du MPC en octobre (le comité se réunit chaque deux mois).

?La Banque centrale a pris la bonne décision. La dernière augmentation du Repo Rate a eu les effets escomptés. Elle a grandement aidé à stabiliser la roupie et a attiré beaucoup d?investissements étrangers dans les papiers du gouvernement. Elle a aussi apporté une nouvelle impulsion à l?épargne dans le pays?, constate Feroz Dahoo, general manager de Thomas Cook (Mauritius).

La Banque centrale avait, lors de sa précédente rencontre le 30 juin dernier, relevé le taux directeur de 8,5 % à 9,25 % (75 points de base). Les banques commerciales avaient en conséquence ajusté à la hausse le coût du crédit et la rémunération sur l?épargne.

?La Banque centrale peut toujours augmenter le taux directeur par 25 points de base d?ici la fin de l?année, si elle constate que l?inflation ne baisse pas comme elle l?aurait souhaité. Beaucoup va dépendre du comportement de la roupie face au dollar notamment?, explique Eric Ng, directeur du cabinet PluriConseil.

Instabilités sur les marchés boursiers

La Banque de Maurice avait en juin dernier justifié la hausse de 75 points dans le taux directeur par les craintes d?une inflation galopante. Le taux d?inflation était de 10,7 % et les autorités monétaires n?entrevoyaient aucun répit dans les pressions inflationnistes dans les 18 à 24 mois.

La Banque de Maurice avait aussi en tête un resserrement des taux sur le plan international, en particulier aux Etats-Unis. Le différentiel entre les taux d?intérêt prévalant aux Etats-Unis et ceux de Maurice est un facteur déterminant dans la valeur de la roupie par rapport au billet vert (la parité roupie-dollar sert de point d?ancrage dans le marché de change).

Entre-temps, les données ont changé. La réserve fédérale est contrainte de relaxer sa politique monétaire face aux risques de récession qui guettent l?économie américaine dans le sillage de la crise des crédits immobiliers à risque (sub-prime mortgage).

Déjà, elle a abaissé vendredi dernier d?un demi-point de pourcentage le taux auquel elle prête aux banques commerciales. Le marché s?attend à d?autres actions dans ce sens dans les semaines et mois à venir.

Avec les instabilités sur les marchés boursiers, c?est l?économie mondiale dans son ensemble qui est menacée. Dans une entrevue accordée au Financial Times hier, John Lipsky, directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), a indiqué que ?les récentes secousses sur les marchés financiers mondiaux vont sans doute refroidir la croissance économique mondiale et la situation ne va pas se résoudre rapidement en raison des incertitudes engendrées?.

Selon le dirigeant du FMI, les marchés émergents qui ont jusque-là mieux résisté aux instabilités pourraient être plus durement touchés si la crise perdure. C?est surtout les effets de contagion d?un ralentissement de la croissance américaine au commerce international qui est source d?inquiétudes.

La crise des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis a ravivé les craintes d?un tarissement du crédit (credit crunch) au niveau mondial. Plusieurs banques centrales ont injecté massivement des liquidités sur le marché interbancaire en vue d?enrayer ces risques.

La crise du sub-prime mortgage s?est vite répandue à d?autres Bourses internationales car les banques américaines qui avaient prêté aux clients à risque ont revendu ces dettes à d?autres institutions financières à travers le monde. Pour couvrir les pertes sur les crédits immobiliers américains, elles ont dû liquider (brutalement) des placements autrement sécurisants, d?où la chute des places boursières aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

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