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Une habitante : ?parfois, dans la nuit l?eau arrive à la hauteur de mon lit?
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Une habitante : ?parfois, dans la nuit l?eau arrive à la hauteur de mon lit?
Les récentes pluies ont inquiété, encore une fois, les habitants. Dans cette région où les maisons ont été construites sur le flanc de la montagne, les probabilités de glissement de terrain sont fortes. L?histoire risque de se répéter 10 années plus tard, avec des conséquences plus lourdes. C?est ce que l?Environmental Protection and Conservation Organisation (EPCO) prévoit. ?Je me rappelle comment le terrain avait cédé, sur plus d?un arpent?, raconte Raj Lalljee, un habitant. Une faille d?environ un mètre de profondeur s?est ouverte mais cela pourrait être plus grave la prochaine fois.
L?EPCO n?aurait pas tiré la sonnette d?alarme si un réel danger ne menaçait pas. Un cyclone ou des pluies torrentielles pourraient accélérer les choses ? les risques surtout. ?Notre inquiétude est de savoir comment faire en cas de panique, On aura des difficultés pour évacuer», les enfants et les vieilles personnes?, laisse entendre un habitant. Les habitants redoutent le pire parce que Quatre-S?urs et Marie-Jeanne surtout, sont dépourvus des infrastructures et les services nécessaires, comme un poste de police, les pompiers ou les garde-côtes.
Si un glissement de terrain survient, il se peut que ces habitants soient prisonniers de la boue, qui bloquerait les issues. Pas moyen de faire autrement car en face du village, de l?autre côté de la route, il y a la mer. Un plan d?évacuation est de première importance selon EPCO. Les habitants attendent que les choses bougent du côté des autorités. Personne n?est tranquille dans ce petit village.
?La nuit, on creuse des drains?
?J?ai surtout peur de périr noyée un jour dans ma maison?, dit Devi Mohorun, qui habite dans la région depuis plus de 30 ans. Cette femme, travailleuse agricole, vit dans l?angoisse à chaque fois que dame nature fait des caprices. Elle doit se lever dans la nuit, outils à la main, enveloppée d?un paletot et elle doit piocher pour creuser un drain de fortune. Ceux qui ont la chance d?être dans une maison en béton et à l?abri de la coulée de boue, sont quand même dans une relative sécurité. ?Si je ne me réveille pas à temps, l?eau est déjà à la hauteur de mon lit?, explique-t-elle. Elle se démène, parfois aux petites heures du matin, pour évacuer l?eau et la boue. ?Nous avons, à maintes reprises, essayé d?attirer l?attention des autorités, en vain?, dit Devi Mohorun. Pourtant le problème est grave, affirme l?EPCO. Même le pylône électrique en face de la maison des Mohorun est en équilibre instable. L?érosion frappe cet endroit de plein fouet. Si les autorités ne s?activent pas, l?électrocution menacera un jour cette dame. Comme si elle n?avait pas assez de tracas...
Koomaren Vadeevaloo
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