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La police stigmatise un rasta, la justice lui donne tort

22 août 2007, 00:00

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Des vacances en 2002 qui tournent au cauchemar. Sandrine Carrere, une Française, a poursuivi l?Etat mauricien après avoir été victime d?abus de pouvoirs de la police. Le tout parce que son petit ami est un rastafari. La cour estime que la police ne peut pas stigmatiser un rastafari sur la base de son apparence et sur des suppositions erronées. Elle a condamné l?Etat à lui verser Rs 50 000 de dommages et intérêts.

Sandrine Carrere débarque à Maurice en octobre 2002. La jeune femme, dont le petit ami est Mauricien, a l?intention de passer des vacances de trois mois au pays. Un séjour qui tournera vite au cauchemar.

Sortant de la salle d?arrivée, Sandrine se dirige vers le parking ou l?attend son petit ami Franco David. Mais un policier, le surintendant Lowtun, affecté à l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu), croit reconnaître Franco David, parce qu?il avait déjà été arrêté pour possession de cannabis dans le passé. Il demande au couple de le suivre. Procédant à une fouille, il découvre que la touriste détient des comprimés de D1 Antalvic, médicament illégal sous le Dangerous Drugs Act. N?ayant pas d?ordonnance, la femme doit se soumettre à une fouille corporelle.

Mais un mois plus tard, elle arrive à produire une ordonnance de son médecin en France. Ce document est confirmé par un officiel de la Santé. Mais la police continue à harceler la Française et son copain. Sandrine Carrere ne se plaint pas de ?brutalité policière?, mais affirme que les policiers ont été malpolis et ont utilisé un langage ordurier avec elle et son ami. Ne comprenant pas le sens du harcèlement contre elle et son copain, elle finit par conclure que l?attitude de la police envers elle et son ami est un cas de discrimination raciale. La cour lui a donné raison.

La magistrate Renuka Dabee accepte que selon l?article 13 (f) du Police Act, quand la police ? a des raisons de soupçonner qu?une personne a commis un délit ou serait prête à commettre un délit qui mettra en danger l?ordre public, elle peut arrêter cette personne et, ce faisant, peut utiliser la force nécessaire pour le faire?. Or,?dans ce cas précis, les soupçons de la police sont basés sur le fait que le petit ami de la jeune femme est un rastafari, qui a déjà été condamné dans le passé. Le PS Lowtun concède que c?était l?apparence physique du petit ami qui a éveillé ses soupçons. Cela a tout l?air d?être discriminatoire car c?est stigmatiser un rastafari que penser qu?il fume nécessairement du cannabis?.

Cette ?stigmatisation? a donné lieu à d?autres incidents. Bien que la jeune femme ait produit une ordonnance médicale pour justifier la détention des médicaments sur elle, la police l?a poursuivie pour possession illégale de D1 Antalvic. ?Les autorités ont agi à tort.? C?est, estime la magistrate, une ?faute lourde?.

La ?faute lourde? est ?caractérisée par un comportement d?une extrême gravité? et doit être accompagnée ? pour qu?elle puisse être prouvée en cour ? de preuve de ?mauvaise foi? ou ?d?abus de droit?.

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